Protéger le ciel européen des menaces aériennes, allant du drone au missile balistique. C’est l’objectif de « SkyDefender », un système de défense aérienne multicouches, dévoilé mercredi par l’industriel Thales.
Face à l’usage massif de drones et de missiles en Ukraine comme au Moyen-Orient, la nécessité de protéger les espaces aériens devient indispensable. Le SkyDefender de Thales serait une espèce de dôme, comme le « Dôme de Fer » en Israël ou le projet de « Golden Dôme » aux Etats-Unis, permettant l’interopérabilité entre des éléments déjà existants.
« Tous les éléments sont existants et combat proven »
« C’est un système de défense tout-en-un, qui protège contre tout type de menace aérienne : à la fois des drones, des roquettes, mais aussi des menaces de moyenne portée comme les avions de chasse et jusqu’à la très longue portée, c’est-à-dire jusqu’à 5.000 km, ce qui permet de détecter les missiles balistiques et aussi les menaces venant de l’Espace », explique à 20 Minutes Eric Huber, vice-président en charge des radars de surface pour Thales.
Ce système de défense intégré « couple plusieurs capteurs, avec différentes technologies de radars à plus ou moins longue portée, et plusieurs effecteurs – des missiles, des lasers, des armes à énergie dirigée… – pour neutraliser les cibles, avec un cerveau qui coordonne tout cela, poursuit Eric Huber. Une des forces du SkyDefender est que tous les éléments dont il est composé sont existants, en production, et combat proven dans les conflits actuels. Ce qui est une vraie différence avec nos concurrents ».
Une offre modulaire en fonction des pays
La protection « courte portée » contre les drones repose sur les missiles légers multirôles (LMM), déjà utilisés en Ukraine, d’une portée de 6 km et pouvant atteindre Mach 1,5 (environ 1.850 km/heure), et les canons de défense anti-aérienne. Le système vise à protéger de petites emprises de quelques kilomètres carrés, comme des bases militaires, des infrastructures vitales et des sites sensibles.
A cela s’ajoute un système dit de moyenne portée, pour la protection au niveau du « théâtre d’opérations ». Il est assuré par le système antimissile sol-air SAMP/T NG (Système aérien moyenne portée/terrestre nouvelle génération) d’Eurosam, avec une portée d’engagement jusqu’à 150 km. Il inclut le puissant radar Ground Fire de Thales qui possède un rayon de détection de 400 km Ce nouveau radar est capable de détecter ses cibles (missile balistique voire hypersonique, avions, hélicoptères) à 360°, et de les suivre à la seconde près. Le SAMP/T-NG est en cours de livraison au sein des armées française (en remplacement de l’ancien SAMP/T, appelé aussi « Mamba ») et italienne, tandis que le Danemark a passé commande pour huit de ces systèmes.
« L’offre est modulaire, et il y a une discussion avec chaque pays en fonction de ce qu’il a déjà, et de ce dont il a besoin, insiste Eric Huber. Le SkyDefender s’intègre aussi avec d’autres dispositifs existant européens, que l’on peut ainsi renforcer ou étendre grâce à nos systèmes reconnus mondialement ».
« Primordial de détecter la menace au plus tôt »
Mais une des principales particularités de SkyDefender, est évidemment « sa capacité de détection très longue portée (5.000 km), ce qui lui permettrait techniquement de défendre l’intégralité de l’Europe » soutient Eric Huber. Concrètement, « pour détecter des cibles à très longue portée, on se sert de radars avec de plus basses fréquences, permettant d’aller plus loin que les radars classiques, et de détecter jusqu’aux menaces spatiales. En complément, on peut ajouter un satellite, qui peut détecter par infrarouge tous les départs de missiles. Le SkyDefender couple ces deux technologies ».
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Pour l’interception des menaces, notamment les missiles balistiques, « on peut utiliser des missiles Aster 30 » avance Eric Huber. « Mais plus la menace est rapide, plus elle est difficile à intercepter, c’est pourquoi il est primordial de la détecter au plus tôt, pour avoir le temps de réaction nécessaire ».
Enfin, « depuis quelques années, nous enrichissons nos algorithmes avec de l’intelligence artificielle, que ce soit dans nos radars ou nos dispositifs d’imagerie par satellite, ajoute le vice-président en charge des radars de surface Cela permet d’accélérer et affiner la compréhension. L’intelligence artificielle est notamment très efficace pour réduire les fausses alarmes. Nous l’utilisons aussi dans la partie « cerveau » du dispositif, pour l’affectation très rapide du meilleur effecteur selon la menace, ce qui permet de proposer au militaire la meilleure réponse, le plus rapidement possible ».
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