Coordination secrète autour de la menace iranienne
Les échanges sécuritaires entre Israël et les États-Unis se sont intensifiés ces dernières semaines, dans un contexte de crispation régionale marqué par la montée des tensions avec l’Iran. Deux figures centrales de l’appareil de renseignement israélien, le chef du renseignement militaire de Tsahal et le directeur du Mossad, se sont rendues presque simultanément à Washington afin de coordonner leur approche face à la République islamique.
Le major-général Shlomi Binder, à la tête du renseignement de Tsahal, a rencontré de hauts responsables militaires américains lors de réunions organisées sur deux journées consécutives. Ces discussions se sont déroulées au moment précis où le porte-avions américain USS Abraham Lincoln achevait son déploiement dans la région, symbole d’un renforcement notable du dispositif militaire américain au Moyen-Orient.
Dans le même temps, le directeur du Mossad, David Barnea, s’est rendu aux États-Unis pour une série d’entretiens de haut niveau. Arrivé à la mi-janvier, il a notamment rencontré Steve Witkoff, l’envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient, ainsi que d’autres responsables impliqués dans les dossiers de sécurité nationale. Cette visite s’inscrit dans une séquence diplomatique dense, intervenue peu après un échange téléphonique stratégique entre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président américain Donald Trump.
Selon des informations circulant dans des cercles diplomatiques, le dirigeant israélien aurait plaidé pour un report de toute action militaire directe contre l’Iran, estimant nécessaire un déploiement américain plus conséquent dans la région. L’objectif aurait été double : renforcer les capacités offensives potentielles et consolider les dispositifs de défense destinés à protéger Israël en cas d’escalade.
Les discussions menées à Washington auraient également porté sur un partage approfondi de renseignements. Des responsables israéliens auraient présenté des données détaillées concernant des cibles potentielles à travers le territoire iranien, tandis que certains acteurs régionaux, notamment l’Arabie saoudite, poursuivent leurs efforts pour promouvoir une solution diplomatique susceptible d’éviter un conflit ouvert.
Les approches israéliennes se distinguent toutefois selon les institutions. L’armée concentre son analyse sur les capacités de frappe aérienne américaines et sur l’impact économique des infrastructures stratégiques iraniennes, considérées comme des piliers du pouvoir du régime. Le Mossad, de son côté, se focalise davantage sur le programme nucléaire iranien, les réseaux de soutien régionaux et l’évolution de la société iranienne, en évaluant l’équilibre entre les autorités en place et les forces d’opposition internes.
Cette posture s’inscrit dans une stratégie de long terme. Après juin 2025, David Barnea avait d’ailleurs formulé un avertissement public rare à l’adresse de Téhéran, affirmant que les services israéliens resteraient actifs et vigilants. Ce message intervenait dans un contexte particulièrement sensible : au cours de ce même mois, Israël avait mené une série d’opérations ciblées ayant entraîné la mort de plusieurs dizaines de hauts responsables militaires et du renseignement iraniens, ainsi que de scientifiques impliqués dans le programme nucléaire.
Ces développements illustrent la profondeur de la coordination israélo-américaine et soulignent la complexité du dossier iranien, où la dissuasion militaire, le renseignement et la diplomatie s’entremêlent étroitement.
Jérémie de Jforum.fr
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