Israël devrait jouer un rôle crucial dans l’élaboration de la stratégie et des actions spécifiques que Trump prépare actuellement pour garantir que la menace se matérialise et ne reste pas seulement sur le papier.
Le président élu des États-Unis, Donald Trump, fait un geste lors de l’AmericaFest de Turning Point USA à Phoenix, en Arizona, aux États-Unis, le 22 décembre 2024 | Photo d’archives : Cheney Orr/Reuters
Comment Donald Trump compte-t-il faire payer le prix fort au Moyen-Orient
si les otages ne sont pas libérés d’ici à son entrée à la Maison Blanche dans 11 jours ?
Outre une pression militaire accrue, Israël devrait jouer un rôle crucial dans l’élaboration de la stratégie et des actions concrètes que Trump prépare actuellement pour garantir que la menace se matérialise et ne reste pas sur le papier.
Le principal obstacle à la défaite du Hamas et à la conclusion d’un accord sur les otages a été – et reste – le diktat de l’administration Biden à Israël lui ordonant de transférer une aide humanitaire à Gaza en quantités énormes. Cette aide à l’ennemi en temps de guerre – carburant, nourriture et autres – parvient toujours au Hamas, qui en profite en la revendant à des prix gonflés, en réalisant des millions de bénéfices, en finançant les salaires de son personnel, en recrutant des milliers de terroristes supplémentaires dans ses rangs et, surtout, en préservant son contrôle civil sur la population de Gaza qui en dépend.
Comment « l’aide humanitaire » devient un approvisionnement de l’ennemi en temps de guerre
Trump doit faire face à cette aide extrêmement dommageable, qui a effectivement prolongé la guerre et les souffrances des otages et de leurs familles. Il lui suffit alors de laisser Israël agir comme bon lui semble. Au moins au début de la guerre, la « compréhension » d’Israël était qu’un siège complet de Gaza était nécessaire parce que « nous combattons des bêtes humaines » et qu’il ne devrait pas y avoir « d’électricité, de nourriture, de carburant, et que tout devrait être fermé », avait alors déclaré l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant en octobre 2023.
Des soldats de Tsahal à Gaza. Photo : Unité des porte-paroles de Tsahal
L’administration Biden, par des menaces d’embargo sur les armes et la levée de la protection diplomatique pour Israël, a forcé ce dernier à acheminer de l’aide vers Gaza, et par conséquent à continuer de maintenir l’autorité civile du Hamas. Trump devra accorder à Israël une autonomie complète dans la gestion de cette question cruciale, pour vaincre le Hamas et restituer les otages.
Faire pression sur les trois faux- nez de la « négociation »
Le deuxième élément majeur de ce que Trump appelle « l’enfer à payer » est la pression calculée sur trois pays – la Turquie, le Qatar et l’Égypte, qui d’un côté dépendent des États-Unis et bénéficient d’une aide économique et militaire très généreuse de leur part, et de l’autre, ont des liens et une influence importants sur le Hamas. Trump doit établir un lien clair et net entre ces deux aspects : vous voulez de l’aide ? Prenez des mesures décisives contre le Hamas.
Des soldats de Tsahal à Gaza. Photo : Unité des porte-paroles de Tsahal
Le Qatar, État du Hamas, accueille 2 millions d’étrangers sur son territoire et son économie dépend d’eux. Les États-Unis peuvent interdire et réduire la résidence des étrangers au Qatar, ce qui pourrait nuire à l’économie de l’émirat, voire l’amener à s’effondrer. La base américaine CENTCOM au Qatar, qui fournit des garanties de sécurité cruciales à l’émirat, constitue un levier encore plus puissant. Même une simple menace des États-Unis de déplacer cette base pourrait déstabiliser considérablement la position sécuritaire du Qatar dans la région.
Des terroristes du Hamas montent sur un camion d’aide humanitaire à Rafah, dans la bande de Gaza, le 19 décembre 2023. Crédit photo : AP
L’Égypte, qui partage une frontière avec Gaza, reçoit une aide économique et militaire honorable de la part des États-Unis, et s’est récemment vu accorder une aide militaire de 5 milliards de dollars, comprenant des chars, des avions et des munitions.
La Turquie, qui abrite le quartier général et les commandants du Hamas sur son territoire, importe des biens des États-Unis sur lesquels l’Amérique peut augmenter les droits de douane ou totalement interdire les importations. Trump peut imposer de nombreuses autres sanctions pà la Turquie et, si les États-Unis le souhaitent, ils peuvent également l’éloigner de l’OTAN.
Reprendre des terres à Gaza pour chaque jour d’enlèvement perpétré
L’Iran, principal soutien du Hamas ces dernières années, pourrait également être confronté à de nouvelles sanctions économiques et pétrolières. Cependant, l’administration américaine a déjà une position ferme à l’égard de l’Iran et devrait maintenir la pression sans exiger d’encouragements supplémentaires.
Une autre proposition à l’étude concerne une éventuelle stratégie conjointe américano-israélienne : l’annonce par Israël d’une annexe permanente de certaines parties du territoire de Gaza selon un calendrier échelonné – une quantité de terre spécifiée étant incorporée à Israël pour chaque jour où les otages restent en captivité. Cette approche devrait figurer parmi les options envisagées.
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