L’arrêt de la Cour suprême rendu pendant le jour de repos pour permettre une manifestation de protestation a suscité une grande colère au sein de la coalition. Ils utiliseront cela comme « carburant » pour promouvoir des lois controversées lors de la session d’été.
Ma’ariv – Avraham Bloch
Les plans de la coalition visant à accélérer la législation judiciaire dès le début de la dernière session d’été de l’actuelle Knesset ont été réaffirmés hier. Les juges de la Cour suprême ont réussi à unir tous les éléments de la coalition contre leur conduite, après avoir agi au nom de la plus haute institution judiciaire d’Israël en ordonnant au parquet de travailler pendant le jour de repos, et en rendant même une décision judiciaire en plein milieu de ce jour — tout cela pour permettre une manifestation contre la guerre sur la place Habima.
Récemment encore, les juges de la Cour suprême avaient réussi à unir la coalition contre eux en émettant une ordonnance imposant des mesures pratiques pour la mise en œuvre du compromis du Mur. En réaction, une loi spécifique a été adoptée en lecture préliminaire, malgré l’opposition de Netanyahou. Dans ce cas, certains disaient qu’il s’agissait simplement d’une décision judiciaire appliquant une résolution d’un précédent gouvernement Netanyahou, mais dans le cas présent, même les voix les plus modérées de la coalition sont furieuses contre l’attitude des juges.
Au sein de la coalition, on affirme que même ceux qui sont traditionnalistes ou laïcs respectent les coutumes d’Israël. Par conséquent, il est inadmissible que trois juges piétinent ainsi publiquement le caractère sacré du jour de repos pour une manifestation. Pour la coalition, cet événement constitue un moteur pour promouvoir des changements dans le système judiciaire. L’une des lois phares, la scission des fonctions du conseiller juridique du gouvernement, devrait par exemple être adoptée en deuxième et troisième lecture lors de la prochaine session.
La coalition a besoin de ce « carburant », consciente que les mesures dramatiques prévues pour la session d’été pourraient provoquer une vague d’opposition intense, à l’image de celle connue lors de la réforme judiciaire, le tout à l’ombre des élections prévues dans six mois. Mais au-delà de cela, l’action publique des juges a de nouveau uni les secteurs conservateurs contre le système judiciaire — un élément crucial pour les manœuvres de la coalition afin de garantir une majorité à la Knesset pour l’adoption des lois.
Le pouvoir judiciaire a publié un communiqué pour « repousser les fausses informations », affirmant que la procédure s’était déroulée pendant le jour de repos pour des raisons de « sauvegarde de la vie » (Pikoua’h néfech). Cependant, il n’y avait aucune urgence vitale à ce que le Commandement du Front intérieur donne son avis précisément ce jour-là, ni à ce que la manifestation ait lieu hier soir. L’autorisation exceptionnelle de ne pas respecter le repos n’est pas accordée à la légère, et certainement pas pour la tenue d’une manifestation. Elle est destinée à sauver des vies dans l’immédiat.
Les juges auraient pu reporter la manifestation d’un jour ; rien ne se serait passé s’ils avaient respecté les traditions avec autant de déférence qu’ils en accordent à la liberté de manifester contre la guerre en Iran. Personne ne serait mort d’un report d’un jour, mais pour les juges, la date de la manifestation des opposants à la guerre était plus importante que le caractère sacré du jour de repos. Les juges ont compris trop tard qu’ils avaient commis une erreur grave et ont tenté de la couvrir avec des arguments infondés.
Le président de Degel HaTora, le député Moché Gafni, a réagi au communiqué du pouvoir judiciaire avec sarcasme : « Je suggère, dans ce cas, de nommer le Grand rabbin à la présidence de la Cour suprême. Lui, au moins, connaît la sensibilité et la complexité des décisions liées aux valeurs sacrées du peuple juif — des sujets sur lesquels même les plus grands sages sont très prudents. En revanche, certains se permettent de prendre des décisions aux conséquences lourdes sur la base de considérations déconnectées. C’est un mépris profond pour les sentiments du public. »
Les juges de la Cour suprême n’ont pas correctement évalué le sentiment provoqué par cette action. Au-delà du « carburant » fourni pour la législation lors de la prochaine session, les juges ont fait en sorte que les partis conservateurs décident définitivement de faire front commun avec la coalition pour toute législation apportant des changements au système judiciaire.
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