L’application de la doctrine Trump : Quelle stratégie pour Gaza et le Hamas ?
Depuis son retour sur la scène politique internationale, Donald Trump a affiché une posture intransigeante concernant la situation à Gaza, annonçant une doctrine de « payer l’enfer » pour les groupes terroristes, en particulier le Hamas. Cette approche, marquée par des déclarations fracassantes et des menaces explicites, soulève des questions sur sa mise en œuvre concrète et sur le rôle qu’Israël pourrait jouer dans cette dynamique.
Une pression accrue sur le Hamas
Dès son investiture, Trump a réaffirmé son objectif de rapatrier tous les otages détenus par le Hamas, menaçant d’une réaction « en enfer » en cas de non-coopération. La date limite fixée au samedi 15 février à midi marque une échéance cruciale, laissant entendre qu’une escalade militaire ou diplomatique pourrait suivre.
L’accord de janvier prévoyait la libération de 33 otages sur 40 jours. Cependant, à mi-parcours, seules 16 personnes ont été libérées, incluant des otages thaïlandais non prévus initialement. Ce retard a entraîné des tensions accrues, Trump menaçant d’annuler l’accord si le Hamas ne respectait pas ses engagements.
Le rôle ambigu d’Israël
Israël se retrouve au centre de cette stratégie, Trump insistant sur le fait que « la prochaine décision appartient à Israël ». Pourtant, malgré 16 mois de conflit avec le Hamas, Israël n’a pas défini de stratégie claire pour éliminer durablement le groupe terroriste de Gaza. Cette absence de vision pourrait freiner la mise en œuvre de la doctrine Trump.
Les États-Unis semblent adopter une position plus offensive qu’Israël, avec des déclarations fortes du secrétaire d’État Marco Rubio et de l’ambassadeur désigné Mike Huckabee appelant à l’éradication du Hamas.
Une réorganisation géopolitique en perspective
Trump envisage un remodelage de Gaza, proposé comme un projet de reconstruction à long terme financé par des pays régionaux. Il a évoqué le déplacement de deux millions de Gazaouis et la création de nouvelles communautés pour les accueillir. Cette approche soulève des interrogations sur la faisabilité et les conséquences humanitaires d’une telle politique.
Des discussions avec la Jordanie et l’Égypte sont en cours, Trump laissant planer la menace d’une réduction de l’aide américaine pour inciter ces pays à coopérer. Cependant, la résistance de ces États à un tel projet pourrait compliquer la réalisation de ses ambitions.
Entre réalités stratégiques et ambitions politiques
La doctrine Trump repose sur une combinaison de pression diplomatique, de menaces militaires et de propositions de reconstruction. Toutefois, l’efficacité de cette stratégie dépendra de la coopération d’Israël, de la volonté des pays régionaux et de la capacité des États-Unis à imposer leur vision dans un contexte aussi complexe.
Face à un Hamas toujours présent et à des alliances régionales fragiles, la doctrine du « coût de l’enfer » pourrait bien se heurter aux limites du terrain et des réalités géopolitiques.
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