Chers Amis,
Le livre de l’Exode s’ouvre pour nous livrer toutes les anecdotes concernant le début de l’esclavage de nos ancêtres en Egypte, toutes les épreuves/plaies d’Egypte qui ont affecté notre peuple durant ces siècles de soumission et de souffrances infligées en rachat des fautes commises depuis Adam jusqu’à Moshé Rabbénou….
Cordialement, Dr Caroline Elisheva Rebouh PhD.
Chemot -שְׁמוֹת: la naissance de Moïse (vidéo)
Le deuxième livre de la Torah s’intitule l’Exode en français et Exodus dans d’autres langues mais SHEMOTH en hébreu car ce tome commence par les mots : « voici les noms »…..
La sortie d’Egypte est, avec ce qui a trait au Tabernacle, le thème principal dans ce livre. Les tous premiers chapitres révèlent un nombre incalculable de récits allégoriques tous plus attachants les uns que les autres sur la mise en esclavage des descendants de Jacob, leurs souffrances, les menaces horribles qui pèsent sur tous les prochains bébés mâles qui devraient naître au sein de cette population réduite à servir le pharaon…..
A la cour du pharaon évoluaient de nombreux personnages pas tous très « clairs », et représentant de nombreux « offices » : des devins, des sorciers, des magiciens mais aussi des prophètes, des conseillers…..
Dans ce pays de Goshen que le précédent pharaon avait désigné comme territoire à occuper par ces descendants de Jacob, la population se multiplia et les arrière petits enfants d’Abraham, occupèrent et emplirent ce vaste territoire, puis, ils se mêlèrent à la population autochtone.
Le pharaon qui, apparemment n’avait pas appris l’histoire de son pays correctement, ignorait l’origine de ces tribus et éprouva une crainte devant ces gens qui avaient des coutumes bizarres.
L’un des conseillers « royaux » avertit le souverain égyptien du fait qu’en réalité il fallait se prémunir devant un la venue « imminente » d’un sauveur de ce peuple et il vit que l’élément « eau » serait majeur c’est ainsi que le pharaon émit un décret selon lequel le « sauveur » donc un garçon serait noyé dans le Nil et ainsi tuer le sauveur et annuler l’élément eau.
Craignant de mettre au monde de petits garçons destinés à une mort certaine décrétée par le pharaon et appliquée par les soldats de la garde royale, Amram et Yokhéved, parents d’Aharon et Myriam, décidèrent de divorcer mais, la très jeune prophétesse qu’était Myriam, réussit à convaincre ses parents de se remarier ensemble pour éventuellement voir naître de ravissantes et vertueuses fillettes.
C’est ainsi que, conquis par cette vision des choses plus optimiste, Amram et Yokhéved se remarièrent en secret et, ainsi que cela est écrit, la femme, Yokhéved, conçut et donna naissance à un garçon.
Mais, voyons un peu ce que les Sages nous enseignent à propos de ce style très elliptique : elle conçut et donna naissance…. La plupart des exégètes soulignent qu’en général cette tournure vient annoncer une primo géniture or, il s’agissait de leur troisième enfant ! Sauf que…… dans ce cas précis, après cette interruption et après ce remariage, cette grossesse fut la première de leur second chapitre !!!
Au sujet de la naissance de cet enfant, une immense littérature rabbinique est consacrée et nous allons ici en faire un résumé : Moïse donc naquit déjà tout circoncis ainsi, le secret de la naissance un 7 Adar fut bien gardé.
La maison d’Amram et Yokhéved Lévy s’emplit de lumière et Yokhéved s’approcha du nouveau-né et vit « qu’il était bon » : la nature de cette lumière fit comprendre à la nouvelle accouchée que cette naissance représentait quelque chose de particulier ! Elle « vit qu’il était bon » ceci nous met en lien immédiatement avec une phrase de la guemara sanhédrin 98a selon laquelle il est écrit que le « fils de David » (le mashiah) ne se présentera au peuple tout entier pour le « libérer » lors de la Guéoula que dans un monde qui sera ou entièrement coupable ou entièrement innocent. En apprenant que cet enfant était « bon » cela signifiait qu’il n’était pas le mashiah car celui-ci devrait savoir distinguer le bon du mauvais pour savoir quand intervenir…. Ceci désignait, en conséquence, qu’il avait sans doute un autre rôle d’importance celui de moshiâ mais pas de mashiah !!
Le mariage officiel du couple Lévy eut lieu aux yeux et au su de tous en Tishri, alors que le mariage officieux fut consommé en réalité en Tamouz !!! Les officiers égyptiens se présentèrent au logis de cette famille au début du mois de Sivan : Moïse avait déjà 3 mois !!
C’est pourquoi quelques jours avant, Yokhéved et Myriam s’étaient déjà équipées de tiges de « gomé » ou papyrus. Ces tiges d’une longueur de plus de 2m50 permettait d’exécuter des travaux de vannerie et c’est ainsi qu’à elles deux, fut confectionné un berceau qui fut enduit à l’intérieur comme à l’extérieur de goudron pour le rendre totalement imperméable et en firent un nid confortable pour ce nouveau-né. D’après certains midrashim, elles disposèrent dans ce berceau de fortune du tissu aux couleurs de la tribu de Lévy pour qu’il puisse jouir d’un peu de chaleur et lui servir aussi de couverture.
De manière à ce que le berceau ne soit pas bloqué par les joncs qui poussaient abondamment dans le Nil, Myriam suivit le berceau et lui évita aussi d’être renversé… arrivés aux alentours du palais, Bithya/Bathya, fille de pharaon, désirait un enfant mais ne pouvait en concevoir un. Entendant le vagissement de l’enfant, elle s’approcha et vit ce magnifique enfant. En prenant le bébé au bras, elle fut conquise, aussitôt elle aperçut le tissu comprenant qu’il s’agissait d’un enfant hébreu ayant échappé à la mort, et elle vit Myriam se tenant à proximité. Bathya lui confia l’enfant en lui demandant de trouver une nourrice parmi les femmes hébreues/ivriyoth.
C’est ainsi que Moïse continua à pouvoir téter sa mère naturelle puis, à l’âge d’un an, Myriam le ramena à la cour royale.
Cependant, un jour où l’enfant que pharaon aimait se trouvait assis sur les genoux de son grand-père adoptif, il joua avec la couronne royale et la posa sur sa tête ce qui fut immédiatement très mal interprété par les conseillers et les magiciens qui conseillèrent à pharaon de tuer cet être ou de le brûler mais une voix s’éleva d’entre tous et ce fut son conseil qui fut adopté. Cette voix fut celle de Ythro, prêtre de Midyane qui fit entendre sa parole : « au lieu de faire ceci, soumettons-le à une simple épreuve car, je suis persuadé qu’il n’a agi ainsi que parce qu’il n’est qu’un jeune enfant : présentons-lui plutôt un plat de charbons incandescents et un plateau de joyaux et nous verrons, s’il prend des joyaux nous aurons la preuve qu’il est attiré par la richesse et si sa main se dirige vers les braises brulantes ce sera la preuve que ce n’est qu’un enfant.
Pharaon opta pour cette « épreuve ». Le Midrash enseigne que lorsque furent présentés les deux plateaux, la main de Moshé fut attirée par les joyaux qui scintillaient de mille feux mais un ange détourna sa main et, le jeune enfant saisit une braise et la porta à sa bouche ce qui provoqua une brûlure de la langue et rendit le futur prophète bègue (en hébreu on dira qu’il avait la bouche et la langue lourdes kaved pé oukhaved lashone).
C’est pourquoi, par la suite, Moïse, prit cette excuse pour repousser la mission que HaShem voulut lui confier et que D. lui expliqua qu’il devrait se faire accompagner d’Aharon.
Caroline Elishéva REBOUH ד »ר קרולין אלישבע רבוה בן אבו Etudes Juives
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