Ceux que la révolution iranienne embarrasse

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Reza Pahlavi, fils du dernier chah d’Iran

Ceux que la révolution iranienne embarrasse

Depuis le début de l’année 2026, l’Iran traverse une nouvelle phase de contestation profonde. Dans les grandes villes comme dans les provinces, des citoyens ordinaires, souvent très jeunes, descendent dans la rue malgré la répression, les arrestations et les risques d’exécution. Ce mouvement, nourri par des années de frustrations économiques, sociales et politiques, remet sur le devant de la scène une figure longtemps marginalisée dans le débat occidental : Reza Pahlavi, fils du dernier chah d’Iran.

Pour une partie significative de l’opposition iranienne, notamment dans la diaspora, Reza Pahlavi incarne un symbole de rupture avec la théocratie. Il ne revendique pas un retour monarchique classique, mais se présente comme un catalyseur d’un Iran laïc, pluraliste et ouvert sur le monde. Pourtant, alors que ce discours trouve un écho croissant chez de nombreux Iraniens, il suscite un silence notable dans une partie des milieux politiques et médiatiques progressistes occidentaux.

Ce décalage interroge, d’autant plus que ces mêmes milieux se montrent habituellement très prompts à dénoncer les violations des droits humains. Les exécutions publiques, la répression des femmes, la censure et la surveillance généralisée en Iran sont pourtant largement documentées. Mais dès lors qu’une alternative crédible au régime des ayatollahs émerge, le soutien se fait discret, voire absent.

Une première explication tient au repositionnement géopolitique qu’impliquerait une transition iranienne. Reza Pahlavi affirme clairement vouloir un Iran réconcilié avec l’Occident et prêt à normaliser ses relations avec Israël. Une telle évolution bouleverserait l’équilibre régional. Elle affaiblirait mécaniquement les réseaux soutenus par Téhéran, comme le Hamas, le Hezbollah ou les Houthis. Pour certains courants idéologiques occidentaux très critiques à l’égard de la politique israélienne, notamment sous Benjamin Netanyahu, ce scénario est perçu comme une victoire stratégique du camp occidental plutôt que comme une avancée démocratique.

S’ajoute à cela une lecture idéologique héritée de la guerre froide : le régime iranien, farouchement anti-américain, continue d’être vu par certains commentateurs comme un contrepoids à l’influence des États-Unis. La crainte qu’un Iran post-théocratique devienne un allié de Washington alimente une forme de résignation, où le statu quo est jugé préférable à un réalignement géopolitique majeur.

Un autre facteur, plus domestique, pèse dans certains pays européens. L’influence idéologique du régime iranien dépasse largement ses frontières et irrigue des réseaux religieux et politiques à l’étranger. Dans des villes comme Bruxelles ou Anvers, des services de sécurité ont déjà alerté sur la diffusion de l’islam politique radical auprès d’une partie de la jeunesse. La chute d’un régime théocratique central comme celui de Téhéran affaiblirait ce référentiel idéologique, ce qui inquiète des responsables politiques soucieux de préserver des équilibres électoraux sensibles.

Au final, l’opposition iranienne se heurte moins à une ignorance qu’à une gêne politique. Reconnaître Reza Pahlavi comme un interlocuteur légitime obligerait à admettre qu’un Iran laïc et pro-occidental pourrait stabiliser durablement le Moyen-Orient. Entre prudence idéologique et calcul stratégique, l’Occident observe, pendant que les Iraniens continuent de payer le prix fort de leur aspiration à la liberté.

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