Une louche d’huile sur les braises toujours fumantes des conflits sociaux qui traversent la France. En dégainant mercredi dernier à la reprise du dialogue entre partenaires sociaux une proposition de « CDI jeunes », le Medef a attisé la colère des organisations syndicales.
La principale organisation patronale a ainsi proposé la création d’un CDI « pouvant être rompu sans motif pendant les premières années », avec « une indemnisation croissante en lien avec l’ancienneté du salarié en cas de rupture », décrit-elle dans un document de travail.
« Une déclaration de guerre » pour la CGT
Une mesure « inspirée de l’exemple italien du contrat à droits progressifs », créé en 2016, qui, selon l’organisation patronale « a contribué à la baisse du chômage structurel dans le pays ». Cependant, elle rappelle davantage le CPE, imaginé en 2006 par de Villepin et abandonné par Chirac face à la pression de la rue, une sorte de totem syndical donc.
« Alors que nous fêtons cette année les vingt ans de la victoire contre le CPE, le Medef ose remettre le couvert » et « réussit à faire pire que le CPE qui avait deux ans de période d’essai », a réagi samedi la CGT dans un communiqué. « Ce projet est une déclaration de guerre contre les jeunes et les salarié.e.s », ajoute l’organisation syndicale. La CGT prévient qu’elle « refusera catégoriquement de s’engager dans toute négociation qui comporte ces éléments ».
Même indignation du côté du syndicat étudiant Unef qui a appelé, quelques heures plus tard, « l’ensemble de la jeunesse, étudiante et travailleuse, à se mobiliser contre ces attaques inacceptables ».
Des politiques pas enthousiastes
Ce « CDI jeunes » est présenté comme une piste « pour nourrir le débat » sur la problématique des jeunes « NEET », pour « ni en emploi, ni en études, ni en formation », une catégorie qui en 2023 représentait 1,4 million de Français âgés de 15 à 29 ans, rapporte le Medef. Ce contrat viserait en particulier à surmonter « la peur de l’embauche », justifie l’organisation patronale, « qui peut concerner au premier rang les jeunes peu ou pas qualifiés. »
Dans le champ politique, ce « CDI jeunes » ne semble pas enthousiasmer. « Ce n’est ni un axe de progrès ni un axe de développement », dit à « RMC » un proche d’Edouard Philippe. « Une fausse bonne idée », juge le RN lorsque la gauche souffle à la même radio n’être « jamais déçue de l’inventivité du Medef ».
Invité à préciser sa pensée sur FranceInfo, le vice-président du Medef a insisté : « Il ne s’agit pas de se séparer plus facilement […] Toute la logique qui préside à ces pistes de réflexion – et pas propositions – […] c’est comment on fait pour arrêter le scandale absolu d’avoir 1,4 million de jeunes qui ne sont ni en formation ni en étude ni en emploi, d’avoir 19 % de taux de chômage chez les jeunes ».
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