Les médias présentent Larijani, en Iran, comme un érudit pragmatique et non comme un meurtrier.
Dr Rinat Harash
Les principaux médias ont présenté Larijani comme un philosophe et un pragmatique, minimisant son rôle dans un régime qui a violemment réprimé les manifestations.
Les articles se sont focalisés sur ses travaux en philosophie, brouillant la frontière entre réussite intellectuelle et responsabilité morale.
Même après sa mort, les commentateurs l’ont présenté comme un artisan potentiel de la paix, ignorant la réalité du système qu’il avait contribué à instaurer.
Cette semaine, les médias occidentaux se sont efforcés de présenter Ali Larijani, le chef de facto du régime iranien tué lors d’une frappe aérienne israélienne, comme un philosophe pragmatique plutôt que comme un homme responsable de la machinerie violente du régime.
La couverture médiatique était cohérente et révélatrice. NBC News le qualifiait de « porte-parole intellectuel du régime ». Le Guardian a choisi de mettre en avant son attitude, soulignant son « sourire chaleureux ». Le New York Times le décrivait comme un « haut responsable politique et émissaire iranien ». La BBC affirmait qu’il était « l’un des décideurs les plus expérimentés et influents de la République islamique », tandis que le Washington Post le qualifiait de simple « responsable de la sécurité ».
Mais la philosophie de Kant n’est pas un détail décoratif. C’est une norme morale. Et selon cette norme, le parcours de Larijani la contredit frontalement.
Les auteurs ignorants perçoivent la rationalité brillante comme une marque de vertu. Ils ignorent qu’elle a été historiquement considérée comme la marque du diable . Et, d’une manière générale, ils confondent éthique et réussite académique.
Il en résulta un portrait qui glorifiait l’intellect tout en occultant la responsabilité. Un homme responsable de décisions mortelles au sein d’un régime violent fut présenté avant tout comme un érudit brillant et rationnel.
Larijani a finalement compris ce que Kant entendait réellement par la seconde formulation de sa maxime morale : « Agis seulement d’après la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps qu’elle devienne une loi universelle. » Il voulait la mort universelle pour quiconque le défiait, et il l’a obtenue.
Rinat Harash, docteure en philosophie, est une professionnelle chevronnée des médias, forte de quinze années d’expérience chez Reuters en tant que journaliste, monteuse vidéo et productrice, couvrant Israël et les territoires palestiniens. Elle est également l’auteure de « Apollon, Dionysos et le Surhomme au Sinaï : une tentative d’analyse nietzschéenne », une étude novatrice qui fusionne la pensée juive et le domaine de l’esthétique.
JForum.fr avec HonestReporting
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