Beersheva : prison pour les pillards du 8 octobre

Vues:

Date:

Beersheva : prison pour les pillards du 8 octobre

Le tribunal de Beersheva a condamné trois habitants de la ville à des peines de prison pour avoir pillé le site du Festival Nova le 8 octobre 2023, au lendemain du massacre. Le dossier choque par son timing : à ce moment-là, la zone du pourtour de Gaza restait instable, les combats n’étaient pas totalement terminés, et l’identification des victimes se poursuivait. Le site avait été déclaré zone militaire fermée.

Les trois condamnés sont entrés sur les lieux en profitant du chaos. Selon l’acte d’accusation, Yakubov a trompé les forces de sécurité aux barrages en affirmant vivre dans un moshav voisin, ce qui a facilité leur passage. Une fois à l’intérieur, les trois hommes ont circulé entre les véhicules abandonnés et des installations temporaires, cherchant des objets à emporter. Ils ont fouillé des voitures, tenté d’ouvrir des coffres, et sont également entrés dans une caravane.

Le pillage ne portait pas sur des biens “anonymes”, mais sur des effets personnels appartenant à des participants tués ou ayant fui dans la panique. Les enquêteurs décrivent le vol d’un ordinateur portable, de cartes d’identité et de cartes de paiement, ainsi que d’autres objets récupérés sur place. Des médias israéliens ont aussi évoqué la présence d’argent liquide parmi les biens dérobés. Pour les familles, ces objets ne sont pas de simples “valeurs” : ce sont parfois les derniers signes matériels d’une personne disparue, des traces de vie, ou des éléments utiles pour reconstituer les dernières heures des victimes.

Le contexte du Festival Nova rend l’affaire encore plus lourde. L’attaque du 7 octobre 2023 près de Re’im, lors de l’assaut mené depuis Gaza, a fait du rassemblement musical l’un des symboles les plus tragiques de cette journée. Le bilan a été réévalué au fil du temps : les chiffres publiés ont oscillé, avant d’aboutir à un total supérieur à 370 morts sur ce seul périmètre, avec des civils et des membres des forces de sécurité parmi les victimes.

Lors du procès, les trois accusés ont plaidé coupable. Ils ont été reconnus coupables notamment d’être entrés sans autorisation dans une zone militaire, d’avoir entravé l’action des forces de l’ordre, et d’avoir commis des effractions et des vols (y compris des tentatives). La défense a soutenu qu’ils étaient arrivés pour aider, mais la juge a écarté cet argument, estimant qu’il contredisait leurs aveux et l’intention criminelle décrite dans le dossier. Un rapport des services de probation a aussi relevé, chez au moins l’un d’eux, une difficulté à mesurer la gravité morale de ce qui s’était joué ce jour-là.

Le tribunal a finalement prononcé des peines de 36 à 40 mois de prison, assorties d’une amende de 18 000 shekels pour chacun. La juge a présenté ces vols comme une forme de “pillage interne”, apparue au milieu d’une catastrophe nationale, et comme un franchissement d’une ligne morale élémentaire : profiter de la détresse d’autrui alors que des corps se trouvaient encore à proximité, et que le pays était en état de sidération.

Au-delà des sanctions, ce jugement envoie un message clair : même au cœur d’un choc collectif, il existe des limites qui ne doivent pas céder. Et lorsque ces limites s’effondrent, la justice cherche à les rétablir — non seulement pour punir, mais pour rappeler ce que la société refuse d’accepter.

Jforum.fr

La rédaction de JForum, retirera d’office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

La source de cet article se trouve sur ce site

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

PARTAGER:

spot_imgspot_img
spot_imgspot_img