Aurores boréales : Avec ce site gratuit, mettez toutes les chances de votre côté pour n’en rater aucune

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Roses, vertes, violettes… Les aurores boréales, fréquentes dans les pays nordiques, ont régulièrement illuminé la France depuis l’année dernière, offrant un spectacle magique aux chanceux tombés dessus par hasard et aux spécialistes qui les attendaient. On en a observé de superbes pas plus tard que la nuit dernière, et d’autres sont attendues dans la nuit de mercredi à jeudi. Mais n’est pas spécialiste qui veut, et nombreux sont les déçus qui ont raté ces symphonies de couleurs dans le ciel nocturne.

Si vous en faites partie, on a une solution pour ne plus jamais manquer cet événement exceptionnel : Pulsar. Un site gratuit de surveillance de la météo spatiale qui envoie des alertes quand des aurores boréales seront potentiellement visibles. La plateforme analyse en permanence différents paramètres, matérialisés sous forme de graphiques, de cartes et de chiffres… qui peuvent sembler un peu obscurs pour le commun des mortels.

Une plateforme accessible à tous

Les deux fondateurs de Pulsar, Anthony Salsi, astrophysicien et vulgarisateur scientifique, et Valentin Stée, ingénieur, ont tout fait pour rendre la plateforme accessible à tous : chaque graphique est accompagné d’une note d’information dans laquelle figure « tout ce qu’il faut savoir », notamment ce que signifie chaque paramètre et à partir de quelle valeur il devient intéressant, indique le scientifique.

Quand une activité solaire est détectée, Pulsar ne vous laisse pas tirer seul vos conclusions : « Automatiquement, des bandeaux d’alerte vont apparaître » tout en haut du tableau de bord pour avertir de la probabilité d’aurores boréales, avec la puissance du phénomène et sa plage horaire estimée, précise Anthony Salsi. Trois alertes différentes existent, chacune ciblant une zone géographique où le phénomène pourrait être observé : les latitudes hautes, qui couvrent notamment la Scandinavie, la Sibérie, le Canada ou l’Alaska ; les latitudes moyennes, qui descendent jusqu’à l’Angleterre ; et les basses latitudes, dans lesquelles on retrouve la France.

Des prévisions à 72 heures…

Les premières alertes peuvent être émises 72 heures avant les potentielles aurores boréales, au moment de la détection des éruptions solaires qui en sont à l’origine. Une fois le phénomène repéré, les deux administrateurs l’analysent, regardent s’il est bien dirigé vers la Terre et établissent des modèles « pour savoir dans combien de temps ça va nous toucher, généralement 48 à 72 heures plus tard », explique Anthony Salsi.

Pulsar avertit alors les internautes de l’arrivée probable d’une tempête géomagnétique sur Terre, synonyme de potentielles aurores boréales, d’ici trois jours. Dans ce laps de temps, l’alerte est mise à jour régulièrement, au fur et à mesure de l’évolution des données et des mesures faites par différents satellites situés entre le Soleil et la Terre. Les derniers, situés à une distance d’un million et demi de kilomètres de notre planète, permettent de connaître l’intensité avec laquelle les vents solaires la frapperont une heure plus tard.

… qui ne sont que des probabilités

Pulsar agrège donc différents paramètres complexes comme la puissance de l’éruption solaire et son orientation, la vitesse du vent solaire, l’orientation du champ magnétique entre le Soleil et la Terre, et bien d’autres encore. « Un seul paramètre favorable ne suffit pas à prédire des aurores boréales », tempère l’astrophysicien. Qui précise : « plus on est à des hautes latitudes, plus on a de chances d’en voir même si les paramètres ne sont pas terribles. Et plus on descend en latitude, plus le nombre de paramètres qui doivent s’aligner est important ».

« Les aurores boréales sont la finalité d’une succession de phénomènes physiques plus ou moins complexes qui se produisent à l’intérieur du Soleil, traversent des millions de kilomètres et interfèrent avec l’enveloppe magnétique de la Terre », appuie Valentin Stée, cofondateur de Pulsar. Malgré toutes les données scientifiques « extrêmement précises » compilées, directement issues de la Nasa, de l’Agence spatiale européenne et du Centre national d’études spatiales, Pulsar ne peut donc fournir qu’une « probabilité d’observer des aurores boréales », conclut Anthony Salsi.

Un outil pour « intéresser » le grand public

Les aurores boréales ne sont d’ailleurs pas le seul volet que Pulsar explore. Le tableau de bord accessible gratuitement est une version vulgarisée de la plateforme professionnelle, destinée aux opérateurs de satellites. Le système développé par l’astrophysicien et Valentin Stée vise à anticiper les perturbations géomagnétiques liées à l’activité du Soleil, qui peuvent détruire les satellites ou tout du moins les endommager.

A côté de ce « volet business », les deux associés, « très tournés vers l’éducation et la sensibilisation du public », tiennent au « volet vulgarisateur » de Pulsar centré sur les aurores boréales : « Le but, ce n’est pas de vendre du rêve aux gens mais qu’ils arrivent à s’intéresser à cette science », affirme Anthony Salsi. Une volonté appuyée par un serveur Discord couplé à la plateforme, sur lequel la communauté peut discuter et échanger des conseils, notamment sur comment photographier les aurores boréales.

« The big one » en embuscade

Pulsar va-t-elle tomber en désuétude ? La question se pose car l’activité solaire, qui suit un cycle de onze ans, est en ce moment à son pic et va fatalement diminuer. La réponse est non. « Il n’y a pas besoin d’éruptions majeures pour provoquer des dégâts sur les satellites », ni pour engendrer des aurores boréales, précise l’astrophysicien. D’autant que les périodes d’activité solaire moindre ne signifient pas qu’il n’y a pas d’éruptions majeures, mais simplement qu’il y en a moins.

Notre dossier sur l’espace

Les maximums des cycles s’intensifient et les spécialistes attendent une activité solaire extrême, ponctuée d’éruptions très fortes, d’ici à 2050. Ce phénomène s’est produit pour la dernière fois en 1859 : des aurores boréales étaient visibles jusqu’aux tropiques et de fortes perturbations avaient été enregistrées sur les réseaux de télégraphes. Cet événement se répétant tous les cent cinquante ans environ, il aurait dû frapper la Terre en 2009, mais ne l’a pas encore fait. D’où l’importance des outils de surveillance de l’activité solaire.

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