L’attaque des Etats-Unis contre le Venezuela qui a mené à la capture de Nicolás Maduro ne peut laisser insensible. Dirigeants et figures politiques se sont pressés de réagir à travers le monde pour commenter l’action américaine.
Un des premiers à réagir, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est inquiété « que le droit international n’ait pas été respecté », déplorant un « dangereux précédent » et appelant « tous les acteurs au Venezuela à engager un dialogue inclusif, dans le plein respect des droits de l’homme et de l’Etat de droit ».
Les pour et contre de l’Amérique latine
Possible prochaine cible des Etats-Unis, la Colombie a annoncé le déploiement de troupes à sa frontière avec le Venezuela. Le président colombien Gustavo Petro, proche de Nicolás Maduro et directement menacé par Donald Trump au cours de la conférence de presse de ce samedi, a dénoncé une attaque américaine aux « missiles » contre Caracas, qualifié les actions de Washington d’ « atteinte à la souveraineté » de l’Amérique latine et déclaré qu’elles entraîneraient une crise humanitaire.
Il a également demandé une réunion « immédiate » de l’Organisation des Etats américains (OEA) et de l’ONU sur la « légalité internationale » de cette « agression ».
Plus au sud du continent, le président brésilien Lula a condamné une « grave atteinte à la souveraineté du Venezuela », estimant que « les bombardements sur le territoire vénézuélien et la capture de son président dépassent les limites de l’acceptable » et menacent « la préservation de la région en tant que zone de paix ».
Il a également exhorté sur X la communauté internationale, par l’intermédiaire des Nations unies, à « répondre vigoureusement » à ces attaques.
Milei et le président équatorien se félicitent de l’action américaine
Autre pays menacé par les Etats-Unis, le Mexique a condamné les bombardements menés « unilatéralement » par les Etats-Unis contre le Venezuela, avertissant que toute « action militaire met gravement en péril la stabilité régionale ».
A l’inverse de ses « voisins », les frappes américaines ont été saluées par un tonitruant « La liberté avance, vive la liberté, bordel ! » du président argentin pro-Trump, Javier Milei.
Le président de l’Equateur Daniel Noboa s’est également réjoui de la chute de Nicolás Maduro : « L’heure est venue de reprendre possession de votre pays », a-t-il lancé sur X aux figures de l’opposition vénézuélienne María Corina Machado et Edmundo Gonzalez Urrutia, ainsi qu’au « peuple vénézuélien ».
Les alliés chinois, russes et iraniens s’insurgent
Allié de Nicolás Maduro, Pékin s’est dit « profondément choqué » et a « condamné fermement le recours flagrant à la force par les Etats-Unis contre un Etat souverain et leur action contre son président ».
« Ce comportement hégémonique des Etats-Unis viole gravement le droit international, porte atteinte à la souveraineté du Venezuela et menace la paix et la sécurité en Amérique latine et dans les Caraïbes », a ajouté le ministère chinois des Affaires étrangères.
Idem du côté de la Russie, principal allié de Moscou en Amérique du Sud. « Ce matin, les Etats-Unis ont commis un acte d’agression armée contre le Venezuela. Ceci est profondément préoccupant et condamnable », a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué, estimant que « l’hostilité idéologique a triomphé du pragmatisme économique ».
« Le ministère iranien des Affaires étrangères condamne fermement l’attaque militaire américaine contre le Venezuela et la violation flagrante de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale du pays », a également commenté, dans un communiqué, la diplomatie iranienne, fustigeant « l’agression illégale des Etats-Unis », ennemi de la République islamique. L’Iran entretient des liens étroits avec le Venezuela.
L’Europe tente de calmer le jeu
L’Union européenne a appelé samedi au respect du droit international au Venezuela et rappelé son attachement à une transition démocratique et pacifique, après une attaque des Etats-Unis contre ce pays sud-américain.
Sur X, la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, a dit avoir appelé à la « retenue », lors d’un échange au téléphone avec le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio.
« Nous sommes solidaires du peuple vénézuélien et soutenons une transition pacifique et démocratique. Toute solution doit respecter le droit international et la Charte des Nations unies », a déclaré de son côté la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, également sur X.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer, lui, a rappelé samedi que tous les pays devaient « respecter le droit international », soulignant que Londres n’avait « pas participé » à l’opération américaine et à la capture revendiquée du président Maduro.
Plus virulent, le gouvernement espagnol « ne reconnaîtra pas […] une intervention qui viole le droit international », comme elle n’avait pas reconnu le régime de Nicolás Maduro, a déclaré sur X le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez.
L’intervention américaine « pousse la région vers un horizon d’incertitude et de bellicisme », a ajouté le dirigeant socialiste, appelant à une transition « juste et dans le dialogue ».
Le chancelier allemand Friedrich Merz a jugé que Nicolás Maduro avait « conduit son pays à la ruine », et « joué un rôle problématique dans la région », notamment en « impliquant le Venezuela dans le trafic de drogue ». L’Allemagne n’a pas reconnu les dernières élections vénézuéliennes, « truquées », a rappelé le chancelier.
La Première ministre italienne Giorgia Meloni a, dans un communiqué, estimé « légitime » l’opération américaine, la qualifiant « d’intervention défensive », tout en soulignant qu’une « action militaire extérieure n’est pas la manière de mettre fin aux régimes totalitaires ».
L’Ukraine bien embêtée
Ironie de l’histoire, bien contrainte par les circonstances, le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andriy Sybiga a dénoncé les « crimes généralisés, la violence, la torture, l’oppression et la violation de toutes les libertés fondamentales » dont s’est rendu coupable le « régime Maduro », principal allié en Amérique du Sud de Moscou, sans évoquer expressément l’opération américaine.
Plus loin de nos frontières, l’opération américaine divise tout autant. Ainsi, l’Afrique du Sud a qualifié l’opération américaine de « violation manifeste de la Charte des Nations unies », estimant que cette façon d’utiliser « unilatéralement la force » est « illégale » et « mine la stabilité de l’ordre international ».
De son côté, et par la voix de son ministre des Affaires étrangères Gideon Saar, Israël s’est « félicité de la destitution du dictateur qui dirigeait un réseau terroriste et de drogue » et a salué un « moment historique », estimant que Donald Trump avait « agi en tant que leader du monde libre ».
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