Amazon : La nouvelle plateforme Joybuy et ses livraisons dans la journée peut-elle concurrencer le géant de l’e-commerce ?

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Si c’est commandé avant 11 heures, c’est livré avant 23 heures ! La promesse de Joybuy est belle pour les accros du shopping. Et la guerre est déclarée depuis ce 16 mars entre la filiale européenne du géant chinois JD. com (JingDong Logistics) et Amazon. L’enjeu : conquérir des parts de marché sur l’autel du délai de livraison le plus court possible. Le premier arrivé aura gagné !

12 millions d’habitants concernés

C’est fait. Après une discrète phase de tests de cinq mois en France, Joybuy a officialisé ce lundi 16 mars la mise en application de sa stratégie dite du « double 11 ». Le principe : toute commande passée sur le site du mastodonte chinois avant 11 heures du matin est livrée avant 11 heures du soir.

Gratuite pour tout achat supérieur à 29 euros, elle n’est facturée que 3,99 euros pour tout montant inférieur. Un système d’abonnement à 3,99 euros/mois (ou 19,99 euros/an), avec livraisons illimitées à la clé, est également en vigueur. Reste que pour l’heure, la livraison en un temps record annoncée par Joybuy n’est possible que dans une majorité des villes d’Île-de-France. Un bassin de 12 millions d’habitants tout de même. Suivront probablement d’autres grandes villes, comme Lyon et Marseille. Hors région, la plateforme promet des livraisons à J + 1 ou J + 2 via La Poste, ainsi que 17.000 points relais.

Joybuy promet la livraison de très nombreux produits le jour même, avant 23 heures.
Joybuy promet la livraison de très nombreux produits le jour même, avant 23 heures. - Capture

À bord d’une flotte de camions, fourgonnettes et vélos électriques, une centaine de livreurs (en CDI, certifie Joybuy) est à la manœuvre. Les livraisons s’effectuent depuis des entrepôts largement robotisés dont un dans le Val-d’Oise et un de 63.000 mètres carrés en Seine-et-Marne.

Avec 30.000 références issues de 2.000 marques et réparties dans 20 catégories de produits (essentiellement des produits électroniques, de l’électroménager et des biens de consommation courante), Joybuy se distingue de son concurrent Amazon (mais aussi de Temu ou Shein) par son approche commerciale.

Ici, pas de vendeur tiers, mais des produits que le géant chinois achète à des fournisseurs et qu’il revend. La plateforme ne réalise pas non plus ce que l’on appelle de dropshipment (soit une commande au fournisseur qui se chargera lui-même de la livraison). Joybuy revendique enfin une politique zéro contrefaçon, tentant de gommer la mauvaise réputation que certaines plateformes concurrentes chinoises, comme Alibaba, ont régulièrement sur la question.

Amazon, un coup d’avance

De quoi faire trembler Amazon et briser son monopole ? Peut-être pas encore. La firme de Jeff Bezos possède une belle avance en matière de livraison le jour même. Elle a récemment « ouvert » sa quinzième ville (Montpellier) où tout produit commandé le matin arrive le soir à destination (entre 19h et 22h). En 2025, les membres Prime éligibles auraient, selon Amazon, reçu 170 millions d’articles le jour de leur commande, les produits des secteurs « maison », « électronique » et « parapharmacie » étant parmi les plus populaires. Coût de l’abonnement Prime : 35 euros/an.

Mais Joybuy, qui veut faire de la livraison le jour même un standard français, risque de se donner les moyens de ses ambitions. Après s’être cassé les dents en Europe plusieurs fois (au Royaume-Uni en 2015 ; puis en Allemagne en 2018), le groupe JD.Com entend bien faire du Vieux Continent son nouvel eldorado. Fondé en 1998 à Pékin et fort de 600 millions d’utilisateurs actifs, l’empire évalué à 50 milliards de dollars a aussi offert 2,2 milliards d’euros pour racheter le groupe allemand Ceconomy, qui détient 22 % du capital de Fnac Darty. De quoi mutualiser marketing et logistique. Et forcément interroger sur l’évolution de la distribution avec ces fameuses livraisons dans la journée.

Notre dossier sur «Amazon»

Des livraisons en 30 minutes à l’essai

Si l’on imagine bien que des emplois seront créés dans la logistique (par ailleurs truffée d’IA pour optimiser rapidité et coûts), mais aussi dans le secteur de la livraison, on peut légitimement s’interroger sur l’impact de la livraison rapide sur d’autres métiers. Certains risquent de connaître un sort tout autre dans les commerces locaux (caissier, vendeurs…). À terme, les centres-villes, mais aussi les commerces en périphérie, pourraient forcément pâtir du développement des commandes en ligne avec livraison le soir même. Car pourquoi se rendre chez Darty s’il suffit de commander en ligne le matin une ramette de papier afin de la recevoir dans la journée ?

En 2024, les clients avec livraison le jour même d’Amazon avaient privilégié à Paris l’achat de cartouches d’encre HP, des films instantanés FujiFilm Instax, ou encore le jeu The Legends of Zelda Echoes of Wisdom ! À Marseille, les choix s’étaient portés en priorité sur des fournitures comme les copies doubles Oxford et des cartouches d’encre… Et quid que l’impact environnemental de tels services ? Ceux du « dernier kilomètre de livraison », avec des véhicules zéro émission, sont déjà au cœur de bien des enjeux…

Amazon teste aux États-Unis la livraison de produits essentiels en 30 minutes.
Amazon teste aux États-Unis la livraison de produits essentiels en 30 minutes. - M. Scott Brauer/ZUMA/SIPA

Sans doute n’en sommes-nous qu’aux prémices d’un nouveau type d’e-commerce. D’ailleurs, Amazon teste actuellement dans certains quartiers de Philadelphie et de Seattle aux Etats-Unis, la livraison en… 30 minutes maximum ! Dédiée à des produits dits « essentiels », elle est facturée 13,99 dollars par livraison au consommateur (3,99 dollars pour les abonnés Prime et avec une surtaxe de 1,99 dollar si le montant de la commande n’excède pas 15 dollars).

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