Ziv Agmon; Une ascension stoppée net
Dans l’entourage de Netanyahu, le cas Agmon révèle les fractures d’un bureau sous tension
Au cœur du pouvoir israélien, les secousses ne viennent pas seulement du front ou des négociations régionales. Elles viennent aussi du bureau même du Premier ministre. À Jérusalem, les spéculations autour du départ possible de Ziv Agmon, figure montante de l’entourage de Benjamin Netanyahu, prennent de l’ampleur après la révélation de propos particulièrement virulents tenus en privé contre des élus du Likoud, des responsables du Shas, le Premier ministre lui-même et son épouse. Rien n’a encore été officiellement tranché, mais une chose apparaît déjà clairement : le système se prépare à tourner la page.
Ces derniers mois, Agmon s’était imposé comme l’un des hommes en ascension dans le cercle rapproché de Netanyahu. Passé par l’entourage de Sara Netanyahu avant d’occuper un rôle plus central au sein du cabinet, il était même présenté comme un candidat crédible au poste de chef de cabinet. Mais cette trajectoire fulgurante semble aujourd’hui brutalement freinée. Selon plusieurs indiscrétions relayées dans la presse israélienne, ses propos ont provoqué un choc politique. Les citations qui lui sont attribuées sont d’une rare violence : attaques méprisantes contre plusieurs députés du Likoud, insultes à caractère ethnique visant des élus d’origine marocaine, critiques contre le parti Shas, et jugements très durs sur Benjamin Netanyahu, décrit comme un dirigeant politiquement fini. À cela s’ajoutent des piques contre Sara Netanyahu, dans un registre que l’entourage du pouvoir considère généralement comme une ligne rouge.
Le plus révélateur n’est peut-être pas seulement le contenu de ces déclarations, mais la réaction du cabinet. Officiellement, personne ne confirme un départ immédiat. Officieusement, les discussions sur un successeur ont déjà commencé. Le nom de Nevo Katz circule avec insistance pour le poste de chef de cabinet, signe que l’hypothèse d’un remplacement n’est plus théorique. Ce flottement est typique des crises de pouvoir : on ne dément pas franchement, on ne confirme pas totalement, mais on commence déjà à organiser l’après. Dans ce type d’environnement, le silence n’est jamais neutre. Il sert à tester les rapports de force, à mesurer les soutiens restants, et parfois à gagner du temps avant une éviction inévitable.
L’affaire dit aussi quelque chose de plus profond sur le fonctionnement du camp Netanyahu. Dans un bureau où la loyauté personnelle compte autant que la compétence politique, les écarts de langage peuvent être fatals, surtout lorsqu’ils visent non seulement des partenaires de coalition, mais aussi la famille du Premier ministre. Le Likoud lui-même ne semble guère disposé à offrir une porte de sortie honorable à Agmon. Des cadres du parti ont déjà laissé entendre qu’ils ne souhaitent pas le voir rebondir vers une autre fonction publique de premier plan. Le message est limpide : dans ce type de système, la disgrâce peut être aussi rapide que l’ascension.
Cette séquence intervient d’ailleurs dans un climat déjà lourd autour du bureau du Premier ministre, régulièrement exposé à des controverses politiques et judiciaires ces derniers mois en Israël. Dans ce contexte, le dossier Agmon dépasse le simple fait divers interne. Il révèle un pouvoir crispé, hypersensible aux fuites, et de plus en plus vulnérable aux guerres d’influence menées depuis l’intérieur. À ce stade, une inconnue demeure : s’agit-il d’un simple accroc gérable ou du début d’une purge plus large au sommet ? La réponse dépendra moins des démentis officiels que de la prochaine nomination.
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