À Munich, la diaspora défie Téhéran
La ville de Munich a été le théâtre d’un rassemblement d’une ampleur exceptionnelle. Selon la police locale, environ 250 000 personnes se sont réunies sur la Theresienwiese pour dénoncer la politique du régime islamique iranien et exprimer leur solidarité avec les manifestants en Iran. Cette mobilisation s’inscrivait dans une journée d’action mondiale initiée par Reza Pahlavi, fils du dernier Shah d’Iran.
La manifestation a coïncidé avec la tenue de la Conférence de Munich sur la sécurité, rendez-vous international majeur des responsables politiques et militaires. Présent en Allemagne à cette occasion, Reza Pahlavi a pris la parole devant la foule après avoir participé aux discussions sécuritaires. Il a affirmé vouloir accompagner une « transition » en Iran, évoquant la nécessité d’un changement politique ouvrant la voie à un système démocratique.
Depuis plusieurs années, la contestation en Iran connaît des vagues successives. Les mouvements déclenchés après la mort de Mahsa Amini en 2022 avaient déjà suscité une mobilisation massive et une répression sévère. Plus récemment, selon diverses estimations, le bilan humain de la répression serait particulièrement lourd. Des chiffres avancés par des réseaux d’opposition évoquent entre 40 000 et 50 000 morts dans le contexte des troubles et des opérations de sécurité. L’organisation iranienne de défense des droits humains HRANA, basée aux États-Unis, confirme pour sa part un peu plus de 7 000 décès et indique examiner encore plus de 11 000 cas supplémentaires.
Ces écarts illustrent la difficulté d’obtenir des données vérifiables dans un environnement marqué par un strict contrôle de l’information. Les autorités iraniennes, de leur côté, rejettent ces évaluations et dénoncent ce qu’elles qualifient de campagnes de désinformation orchestrées depuis l’étranger. La polarisation autour des chiffres reflète l’intensité du conflit narratif entre Téhéran et ses opposants.
À Munich, les manifestants ont brandi des drapeaux iraniens historiques et scandé des slogans appelant à la fin du régime actuel. La forte mobilisation de la diaspora témoigne d’un engagement croissant des communautés iraniennes établies en Europe et en Amérique du Nord. Plusieurs observateurs notent que la dimension internationale du mouvement constitue désormais un facteur central dans la pression exercée sur Téhéran.
Reza Pahlavi, figure controversée mais influente parmi certains cercles de l’opposition, a insisté sur la nécessité d’une unité des forces anti-régime et d’un soutien accru de la communauté internationale. Il plaide pour une transition encadrée, visant à éviter le chaos institutionnel et à préserver l’intégrité territoriale du pays.
La manifestation de Munich, par son ampleur, marque une étape importante dans la mobilisation extérieure contre le régime iranien. Elle souligne aussi la centralité de la question iranienne dans les débats sécuritaires européens, à un moment où les tensions régionales et les enjeux nucléaires restent au cœur des préoccupations internationales.
Jérémie de Jforum.fr
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