Les listes sont closes : les candidats réservés de Netanyahou, le coup de théâtre à Yahadouth HaTora et les surprises de dernière minute

Au terme de deux journées chargées, le délai pour le dépôt des listes à la 26e Knesset a pris fin ce soir, donnant sa forme définitive à la carte politique en vue des élections du 27 octobre | Yahadouth HaTora tourne une page sans Gafni ni Maklev et a été secoué jusqu’au dernier moment par une vive lutte interne ; Gantz a décidé de se présenter malgré sa situation dans les sondages | Les principaux événements de ces deux journées mouvementées

Kol réga’ – Tzvika Segal 

Les portes de la Commission électorale centrale se sont refermées ce soir (mardi), marquant la fin de l’une des étapes les plus importantes sur la voie des élections à la 26e Knesset. Après des semaines de négociations, de retraits, d’alliances, de primaires et de luttes internes, les partis ont dû déposer les listes avec lesquelles ils se présenteront aux élections du 27 octobre.

La première journée de dépôt des listes avait débuté hier et, à son terme, 18 listes avaient déjà été déposées. Parmi les principaux partis ayant présenté leurs candidats dès cette première journée figuraient « BeYa’had » de Naftali Bennett et Yaïr Lapid, « Yashar ! » de Gadi Eizenkot, les Démocrates, Israël Beiteinou, Otzma Yehoudit et Ra’am. Aujourd’hui, il restait encore plusieurs des principaux acteurs, parmi lesquels le Likoud, Shas, Yahadout HaTorah, le Sionisme religieux et Bleu-Blanc.

Le Likoud : Netanyahou dévoile ses candidats réservés

L’un des principaux rebondissements de la journée s’est produit au Likoud. Après plusieurs jours d’attente et de désaccords concernant les places réservées dont disposait le Premier ministre Benjamin Netanyahou, une liste de sept nouveaux noms, placés à différents rangs, a été dévoilée.

Talik Gvili, mère du sergent-major Ran Gvili zal, a été placée en neuvième position. Le journaliste et homme de médias Ya’akov Bardugo a obtenu la 11e place, tandis que le réserviste Elisha Medan, qui a perdu ses deux jambes au combat à Gaza, a été placé en 15e position.

Ont également intégré la liste l’avocat David Peter, en 16e position ; l’ancien député Eli Goldschmidt, en 26e position ; et Itzik Bontzel, père du sergent-chef Amit Bontzel zal et l’un des fondateurs du Forum HaGuevoura, en 29e position.

Shas : un officier de réserve en sixième position

Chez Shas, un changement important a été enregistré en tête de liste, sans toutefois atteindre l’ampleur du bouleversement intervenu chez son partenaire ashkenaze.

Aryeh Deri conserve la première place, tandis que Yinon Azoulay bondit à la deuxième. Il est suivi de Michael Malkieli, Yoav Ben Tzur et Haim Biton. La principale surprise est Dror Amos, officier de réserve et membre du Conseil religieux de Haïfa, qui a été placé en sixième position.

Viennent ensuite Moché Abutbul, Uriel Bousso, Yossef Taieb, Yonathan Mizra’hi, Yossef Elnatanov, Erez Malul et Simon Moshiachvili. Yaakov Margi et Moché Arbel ne figurent pas sur la nouvelle liste, après avoir demandé à ne pas se représenter.

La présence d’Amos à une place éligible est particulièrement significative dans une campagne électorale où la question de l’enrôlement des ‘harédim et des relations entre la population ‘harédite et Tsahal devrait occuper une place centrale.

Yahadouth HaTora : plus qu’un changement de génération, une modification de l’équilibre des pouvoirs

L’événement le plus important de la politique ‘harédite s’est produit avant même le dépôt de la liste.

Moché Gafni et Uri Maklev, deux des personnalités les plus étroitement associées à Déguel HaTora depuis des décennies, ne siégeront pas à la prochaine Knesset. Au sein de Déguel HaTorah, la direction est passée à Ya’akov Asher, dans le cadre d’une démarche présentée comme un renouvellement spectaculaire des rangs du parti.

Un nouveau bouleversement s’est produit au sein d’Agoudath Israël. Meir Porush et Eliakim Stark, le nouveau représentant de Belz qui remplace Israël Eichler, ont décidé de ne pas se présenter sous l’égide du parti enregistré Agoudath Israël, mais par l’intermédiaire d’une structure politique distincte au sein de la liste de Yahadouth HaTora.

Cette démarche ne constitue pas une scission de Yahadouth HaTora en deux listes concurrentes, mais sa portée politique est importante : Shlomé Emounim et Belz ont souhaité acquérir un statut plus autonome au sein de la structure commune et ne pas être entièrement soumis à l’appareil contrôlé par Agoudath Israël.

Pas seulement Shas et Yahadouth HaTora : de nouveaux partis tentent de conquérir l’électorat ‘harédi

Parallèlement aux bouleversements au sein des partis ‘harédim historiques, cette campagne électorale présente un autre phénomène inhabituel : de nouvelles listes cherchent à s’adresser directement aux électeurs ‘harédim qui, selon elles, ne se sentent représentés ni par Shas ni par Yahadouth HaTora.

La plus notable est « HaTsibour Ha’Harédi » (« Le public ‘harédi »), dirigée par Moti Leitner. Une autre nouvelle venue est « HaKahal », dirigée par Shlomo Elboim. De l’autre côté du spectre ‘harédi, une liste radicalement différente s’est présentée ce soir : « Tseva Sha’hor – Maguen ‘olam HaTora » (« Couleur noire – Défenseur du monde de la Tora »), identifiée à la tendance ‘harédite la plus radicale.

Smotrich et Feiglin ensemble, Ohad Tal relégué

Au sein du Sionisme religieux, l’alliance entre Bezalel Smotrich et Moshe Feiglin a été finalisée.

Smotrich occupe la première place et Feiglin la deuxième. Orit Strock est troisième et Simcha Rothman quatrième. À leurs côtés ont été placés de nouveaux candidats, parmi lesquels Itamar Eitam et Reut Ben Haim.

L’une des histoires marquantes de cette liste concerne le député Ohad Tal, qui avait obtenu la quatrième place lors des primaires du Sionisme religieux, mais qui, à la suite de l’alliance et des places réservées, a été repoussé jusqu’à la 12e position. Tal a annoncé que, malgré sa déception personnelle, il soutenait cette démarche.

L’alliance avec Feiglin vise avant tout à réduire le risque de perte de voix à droite. Ces derniers temps, Netanyahou a exercé de fortes pressions en faveur d’alliances au sein du bloc, mais il n’est pas parvenu à obtenir une union plus large qui aurait également inclus Otzma Yehoudit ou le parti d’Ofer Winter.

Gantz reste dans la course

Benny Gantz a lui aussi apporté aujourd’hui une réponse à l’une des questions restées ouvertes jusqu’aux heures du soir.

Bleu-Blanc a décidé de déposer une liste indépendante, bien que les derniers sondages lui donnent des difficultés à franchir le seuil électoral. Gantz est en première position, Pnina Tamano-Shata en deuxième et Aliza Bloch, ancienne maire de Beit Shemesh, en troisième. Viennent ensuite Roi Konkol, Rotem Avidar Tzalik, Alon Schuster et Mufid Mari.

La décision de Gantz d’aller jusqu’au bout de la course le laisse en dehors des trois autres principales formations du bloc opposé à Netanyahou : « BeYa’had » de Bennett et Lapid, « Yashar ! » d’Eizenkot et les Démocrates.

La véritable campagne commence

Avec la clôture des listes, une étape prend fin et une nouvelle phase importante de la campagne électorale commence.

Jusqu’à ce soir, les dirigeants des partis pouvaient encore déplacer des candidats, conclure des alliances et créer la surprise en attribuant des places réservées. Désormais, la composition est définitive. La question n’est plus de savoir qui figurera sur les listes, mais lesquelles d’entre elles réussiront à franchir le seuil électoral, quelle force obtiendra chacun des blocs et si la série d’alliances et de places réservées décidées au cours de ces deux dernières journées modifiera la carte politique.

Dans 49 jours, le 27 octobre, les électeurs trancheront.

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