Le dangereux projet d’unité palestinienne de l’Égypte

Le dangereux projet d’« unité » palestinienne de l’Égypte pour légitimer les terroristes

par Khaled Abu Toameh

L’Égypte se préparerait, selon certaines informations, à accueillir une nouvelle série de pourparlers entre les factions palestiniennes, notamment le Fatah, le parti au pouvoir du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, et le Hamas, groupe terroriste soutenu par l’Iran.

L’objectif affiché semble séduisant : parvenir à « l’unité nationale » palestinienne.

La vraie question est cependant : l’unité avec qui, et contre qui ?

Pourquoi le Hamas est-il traité comme une organisation politique légitime plutôt que comme un groupe terroriste qu’il faut désarmer, démanteler et destituer du pouvoir ?

L’Égypte, alliée clé des États-Unis, devrait se poser ces questions. Or, le Caire semble faire exactement le contraire.

L’administration Trump et le Conseil pour la paix pourraient clairement faire comprendre au Caire que le Hamas ne peut être à la fois une organisation terroriste devant déposer les armes et un partenaire politique invité à négocier l’avenir des Palestiniens. Une approche élimine le Hamas. L’autre le réhabilite.

Plus alarmants encore sont les rapports faisant état d’une possible alliance électorale impliquant le Courant réformateur démocratique de l’ancien dirigeant du Fatah, Mohammed Dahlan, le Hamas, le Jihad islamique palestinien et d’autres factions telles que le Front populaire de libération de la Palestine – tous des groupes terroristes qui ne reconnaissent pas le droit d’Israël à exister.

Quel rôle ces organisations terroristes pourraient-elles jouer dans les élections palestiniennes ou au sein d’un futur gouvernement palestinien ?

Si l’Égypte se félicite de la désignation des Frères musulmans égyptiens comme organisation terroriste, pourquoi tente-t-elle simultanément de redonner une légitimité politique au Hamas – issu de cette même organisation ?

L’administration Trump se rendrait un grand service en déclarant au Caire que la réconciliation palestinienne ne saurait inclure des organisations qui détiennent des armes, cautionnent le terrorisme et cherchent à détruire Israël. Il n’est pas nécessaire de rassembler les Palestiniens autour du Hamas. Il est urgent d’exclure le Hamas de ces rangs.

L’Égypte devrait user de son influence considérable non pas pour persuader le Fatah de se réconcilier avec le Hamas, mais pour faire pression sur le Hamas et les autres groupes terroristes afin qu’ils déposent les armes et se retirent définitivement de la scène politique palestinienne. Un Hamas politiquement réhabilité, toujours armé et toujours fidèle à son idéologie islamiste, ne fera que renforcer le courant idéologique même que le gouvernement égyptien s’efforce de réprimer depuis plus d’une décennie.

Khaled Abu Toameh est un journaliste primé basé à Jérusalem.

Jforum.fr avec gatestoneinstitute.org
Sur la photo : le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi (à droite) accueille le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas au Caire le 4 mars 2025, image tirée d’un écran géant lors du sommet de la Ligue arabe. (Photo : Khaled Desouki/AFP via Getty Images)

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