Un responsable du Hamas a confirmé qu’Israël a capturé un officier supérieur du mécanisme de sécurité intérieure. Moein Al-Arabid détiendrait des informations sensibles sur la sécurité des hauts dirigeants, le contre-espionnage et les collaborateurs. Les Palestiniens font état de quatre morts.

JDN – Zeev Gour Arie

De nouveaux détails sont révélés sur l’opération israélienne exceptionnelle menée ce matin (mardi) au cœur de la ville de Gaza : Moein Al-Arabid, un commandant supérieur du mécanisme de sécurité intérieure du Hamas, a été capturé à son domicile, arrêté et exfiltré vivant de la bande de Gaza. Après des heures de démentis et d’affirmations selon lesquelles l’opération avait échoué, un haut responsable de l’organisation a confirmé à la chaîne qatarie « Al-Araby » qu’Israël avait enlevé un cadre du système sécuritaire.

Le ministre de la Défense, Israël Katz, avait confirmé plus tôt qu’un terroriste de haut rang du Hamas avait été arrêté, sans toutefois dévoiler son nom. « C’est notre politique : nous n’attendons pas les menaces, nous traquons les terroristes du Hamas, nous les neutralisons et nous détruisons leurs infrastructures terroristes », a-t-il déclaré.

La capture d’Al-Arabid vivant pourrait offrir à Israël une avancée renseignementale majeure. En raison de ses fonctions au sein de la sécurité intérieure, il est susceptible de détenir de nombreuses informations sur les dispositifs de sécurité des dirigeants du Hamas, les activités de contre-espionnage, la détection des collaborateurs et les modes opératoires des services de sécurité dans la bande de Gaza. C’est l’importance de ces informations qui a motivé le choix d’une opération de capture complexe sur le terrain plutôt qu’une élimination aérienne.

En parallèle de la confirmation de l’arrestation, le Hamas tente de minimiser la portée de l’événement. Une source sécuritaire dans la bande de Gaza a affirmé à « Al-Jazeera » qu’Al-Arabid ne dirigeait pas l’ensemble de la sécurité intérieure, mais qu’il en était seulement l’un des officiers. Selon cette source, la force israélienne l’a capturé après que sa maison a été bombardée et que son épouse a été tuée.

Cette même source a ajouté que les membres du Hamas avaient échangé des tirs avec le commando et qu’Israël avait déployé un lourd appui feu pour permettre son repli. Selon elle, des civils ont également été touchés durant les affrontements. L’hôpital Shifa a indiqué que le bilan des morts lors de cet incident dans l’ouest de la ville de Gaza s’élevait à quatre.

Le porte-parole de Tsahal a indiqué durant l’événement que l’armée avait attaqué plusieurs cibles dans la bande de Gaza « afin d’éliminer des menaces pesant sur les forces de sécurité », précisant qu’aucune victime n’était à déplorer parmi les soldats de Tsahal. Cette déclaration a démenti les affirmations des sources du Hamas selon lesquelles des membres de la force israélienne auraient été touchés au cours de l’opération.

Le blogueur spécialisé dans les questions de sécurité « Abu Ali Express » a souligné que la tentative de présenter Al-Arabid comme un officier relativement subalterne ne correspondait pas aux publications officielles du Hamas. Selon lui, dès 2015, Al-Arabid servait comme commandant de la sécurité intérieure dans la ville de Gaza ; après 11 ans et des dizaines d’éliminations de cadres dirigeants, on peut estimer que son rang n’a fait que se renforcer.

Il a également rappelé qu’avant la déclaration de Katz, les médias affiliés au Hamas se vantaient du fait que l’opération avait été déjouée grâce à la vigilance de leurs hommes. Cependant, lorsqu’il s’est avéré que la force avait pénétré au cœur de la ville, atteint le domicile d’un responsable chargé lui-même de la sécurité des hauts dirigeants de l’organisation et réussi à l’exfiltrer de la bande de Gaza, la version a changé.

Selon lui, il s’agit d’un « coup moral et renseignemental très dur pour le Hamas », précisément parce que le détenu fait partie des responsables chargés de déjouer les infiltrations et de protéger le sommet de l’organisation.

Le président de Bleu et Blanc, ancien chef d’État-Major et ancien ministre de la Défense Benny Gantz, a salué l’opération en déclarant : « Jusqu’au dernier des terroristes. La neutralisation du chef de la sécurité générale du Hamas est une preuve supplémentaire des défis sécuritaires qui nous attendent encore ».

Gantz a ajouté : « À Gaza, à Jénine et partout où ils opéreront, Israël a le devoir de continuer à traquer le dernier des terroristes. Seul un gouvernement sioniste et trans-partisan pourra œuvrer à l’agrandissement de l’armée, à son renforcement et à la réalisation des missions et des défis qui se dressent devant nous ».

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