Ne pas faire comme ce chat…

Autour de la table de Chabbath n°555 Netsavim-Vayélech

Ne pas faire comme ce chat…

Depuis ce dimanche, toutes les communautés (Sefarade/Ashkenaze) vont prier les Seli’hoth. La Halakha fixe que tôt le matin (avant la prière) on se rend à la synagogue pour faire des suppliques afin d’avoir une meilleure année (avec moins d’antisémitisme en Europe et dans le monde, moins de menaces en provenance d’Iran, de la Turquie et du Hamas sans oublier les rebelles du Yémen et pour sûr, accéder à la Berakha au sein de nos familles, santé, parnassa et Chalom baït). Pour l’occasion je ne manquerais pas de vous faire partager ce que j’ai entendu il y a quelques années par le rav Ganz chlita de Jérusalem. A l’approche de Roch Hachana le rav racontait cette histoire véridique qui remonte à près de 300 années. A l’époque, le roi de Hongrie (si je ne me trompe) sous l’influence du cardinal avait sommé une figure de la communauté de venir participer à une disputation philosophique avec un représentant de la chrétienté. L’enjeu était grand : si les arguments communautaires n’étaient pas convainquant, le peuple du Livre devait prendre son balluchon et chercher une nouvelle terre d’accueil. Le jour dit le cardinal avait préparé son coup : il réussit à dresser un chat qui ressemblait à deux gouttes d’eaux à un serveur de grand hôtel : superbement habillé avec une veste et des guêtres blanches, il tenait sur une de ses pattes un plateau avec des assiettes et des verres. Il se dandinait lestement devant tout le public en extase. Le cardinal tint ce discours fielleux : « La communauté juive ressemble à ce chat… Dans vos textes vous prétextez que vous êtes les fils de D’, Son premier né, etc. Or vous n’êtes pas mieux que ce quadrupède… Ce n’est qu’une grande comédie…Vous faites toutes sortes de mimiques mais vous êtes foncièrement similaire à toutes les nations du monde. Donc vous devez vous fondre avec la majorité de la population ». La plaidoirie était lourde d’incidence (le cardinal signifiait qu’il n’existe pas de kedoucha/sainteté dans le peuple comme les gauchistes et démocrates, en Erets et dans le monde, le disent sans faire l’effort de dompter un chat d’ailleurs…).

L’homme qui représentait la communauté c’était le rav Yonathan Eibechits zatsal un éminent Talmid ‘Hakham. Le rav écouta attentivement la plaidoirie et prit du tabac dans une boite pour bourrer sa pipe. C’est alors que surgit de sa boite une petite souris qui courut sur la scène (la chose n’était pas préméditée et tenait du miracle car le rav ne savait pas à quoi il allait devoir se confronter). Au moment où la souris apparut, le chat qui se dandinait comme un dandy sur les grands boulevards laissa tomber son plateau avec tous les verres et assiettes qui s’éclatèrent au sol et il bondit en direction de la souris pour l’engloutir goulument… Le cardinal était dépité tandis que l’assemblée reconnaissait cette vérité : un chat reste un chat et que tous les déguisements ne peuvent pas changer sa nature. Le roi comprit que c’était un signe du Ciel : les Juifs du royaume sont bien différents, ils peuvent rester dans la royauté. Le rav Gants disait : « Les Seli’hoth arrivent… Nous ne ressemblons pas à ce chat qui fait toutes sortes de mimiques mais qui reste dans sa nature : animal. Donc lorsque nous demandons à Hachem la Seli’ha/le pardon, c’est pour de vrai. Et si nous demandons à Hachem qu’Il efface nos fautes, c’est pour qu’Il nous juge positivement pour l’année à venir« . Fin de l’aparté. A cogiter pour ne pas faire comme ce chat…

Dans la paracha Nétsavim (30,1), il y a un passage qui traite du Machia’h. « Lorsqu’arrivera toutes ces choses : la bénédiction… que j’ai placée devant vous, et tu ramèneras à ton cœur… Tu reviendras à Hachem, Tu écouteras Sa Voix et tout ce que je t’ai ordonné de tout ton cœur et ton âme. Tu reviendras à Hachem et Il te prendra en pitié, Il te ramènera d’entre toute les nations alors que tu étais dispersé. Il te ramènera vers la terre héritée de tes pères. Hachem retira la bêtise de ton cœur afin que tu Le serves de tout ton cœur et âme, etc. ».

Le Rambam (Melakhim) écrit : « Le roi Machia’h doit venir et remettre en place la royauté de David, reconstruire le Mikdach et il réunira tous les exilés d’Israël. A pareille époque, les sacrifices seront ré-inaugurés… Et tous ceux qui n’y croient pas ou qui ne l’attendent pas (le Machia’h) sont des renégats/Apikorsim qui ne croient pas dans la Tora de Moché Rabenou comme il est écrit (dans notre passage) : « Il nous fera revenir… ».

On voit de ce Rambam que nous devons avoir la foi dans le Messie et aussi celle de l’attendre. La Guemara dans Chabbath (31a) rapporte qu’une des questions lors de notre passage vers l’autre monde sera : « Est-ce que tu as espéré en la délivrance ? »

Soit dit en passant notre tradition est claire, le Machia’h n’est pas un courant de pensée (comme cela peut être avec le sionisme qui exhorte la montée en Israël de toute la Gola), le Machia’h n’est pas non plus Bibi ni un représentant des démocrates en Erets puisque c’est un prophète qui vas reconstruire le Temple est poussera le Clall Israël a une meilleure pratique du judaïsme et l’étude de la Tora. Le prophète Habakouk écrit : « Même s’il tarde (le Machia’h) je l’attends car bientôt Il doit venir ».

Le Machguia’h de la Yechiva de Laekwood, rabbi Salomon zatsal, demandait puisque le Machia’h doit entrainer que la vie juive soit facilitée, tout le monde va comprendre pour une bonne fois la nécessité de la pratique et l’étude de la Tora (à l’image des valeureux Avrékhim qui s’adonnent à son étude alors que la chose n’est pas aisée). Donc forcément la récompense de la Mitsva sera beaucoup moins grande puisqu’il existe un principe : « Léfoum Tsaara agra/D’après la difficulté, nous aurons droit à un plus grand mérite ». Donc puisque de nos jours c’est difficile de fermer le magasin le jour du Chabbath alors que c’est le plus gros chiffre d’affaires de la semaine ou encore l’étude de la Tora est très complexe pour une bonne partie des esprits cartésiens, ou pour finir en beauté, refuser le nouveau Samsung G8a alors qu’il nous offre encore plus de facilités d’accès rapide et pourtant, je refuse ce tout à l’égout dans la poche de mon complet veston. Je préfère le combiné Avrékhim à 30 Euros ou, moins bien, je place, un super filtre qui empêche les glissades vers les téléfilms et autres divertissements à ne pas voir… Alors notre mérite dans le Ciel est décuplé. Mais lorsque viendra le Machia’h, beaucoup de choses jusqu’à présent difficiles à réaliser seront évidentes pour tous (même pour les gens très éloignés) donc si c’est tellement évident le mérite de nos actions sera diminuée pour autant donc notre part dans le Paradis sera moins grande que celle d’avant la venue du Machia’h ? Le Machguia’h répond preuve à l’appui (logiquement) qu’en fait nous ne perdrons pas notre mérite pour autant. Et puisqu’au moment des épreuves nous les avons surmontées et nous avons choisi de suivre la voie de Hachem alors que ce n’était pas évident, alors même lorsque le Machia’h viendra, nous suivrons la marche sans aucun doute, et malgré tout le salaire sera équivalent à ce que nous faisions à l’époque où tout était beaucoup plus compliqué.

Cette semaine nous avons appris plusieurs choses :

Ne faisons pas comme le chat de l’évêque de Budapest. Lorsque le Machia’h arrivera, on aura une tête beaucoup plus ouverte à comprendre le Talmud et sa profondeur et pour autant notre mérite sera similaire à celui d’aujourd’hui.

Le sippour

Pourquoi attendre une année entière pour faire Techouva ? Notre histoire est rapportée par le regretté rav Yaguen zatsal. Il s’agit d’un Avrekh tsadiq, le rav Yossef Jérusalem qui racontait une histoire tout à fait spectaculaire se déroulant entre Paris et Ramat Gan. Le rav Yossef est un homme qui n’a peur de rien pour promouvoir le judaïsme. Il va partout dans le pays où coulent le lait et le miel pour diffuser la voix de la Tora. Une fois il prit le bus en direction de Ramat Gan et arriva dans l’après-midi dans l’artère principale de la ville (Jabotinsky). La première des choses qu’il fit c’est de se rendre dans une synagogue la plus proche : c’était une Beth Haknesset de rite marocain. Un écriteau prévenait le public qu’à 5 heures la prière de Min’ha avait lieu. Il attendit patiemment l’arrivée du Gabay. Vers l’heure dite arriva un grand gaillard vêtu d’un short et de tatanes (nu pied) avec une chemise largement ouverte : c’est le Gabay (secrétaire), il s’appelait Jacques. Ce dernier dévisagea rav Yossef et lui dit de but en blanc : « Vous savez, ici on ne demande pas de Tsedaka aux fidèles !» Rav Yossef acquiesça mais demanda s’il pouvait dire un mot de Tora entre Min’ha et ‘Arvit. Jacques dit : « En aucune façon ! Ici on vient pour prier et pour rien d’autre !» Rav Yossef demandera quand bien même d’être l’officiant, ce que le Gabay accepta. A l’heure dite le public commença à se regrouper et la prière commença. Reb Yossef dit toute la prière avec beaucoup d’application mots pour mots depuis «Peta’h Eliahou», les Korbanoth jusqu’à la ‘Amida : comme les bons Juifs d’origine marocaine savent tellement bien le faire. A la fin, rav Yossef demanda à nouveau de dire un petit mot et cette fois Jacques permit. Notre tsadiq dit un court discours : « Il est marqué dans la Amida : « Zoréa Tsédakoth, Matsmia’h Yechou’oth et Boré Refouoth » / Hachem fait germer de la Tsedaka (de l’homme), en fait sortir de la délivrance et finalement guérit les malades» expliqua rav Yossef». Parfois il peut s’agir d’un Juif athée qui a fait, une fois dans sa vie, une tsedaka. Or comme il est plein de fautes sa Mitsva ne monte pas au Ciel. Seulement Hachem la conserve jusqu’au jour où notre homme en aura besoin. Par exemple, cet homme fait Techouva mais après un certain temps tombe malade. C’est alors que Hachem ressort la Mitsva qu’il a faite dans le passé et le sauve de la mort. C’est le mérite de sa Tsedaka qui le sauve!» A peine a-t-il fini son Dvar Thora que Jacques l’interpelle en disant que cela s’applique EXACTEMENT à lui, et qu’il tient (après ‘Arvit) à lui raconter son histoire personnelle. Après la prière, Jacques se tourne vers rav Yossef raconte son histoire assez époustouflante : « Il y a quelques années, j’habitais Paris et j’étais coiffeur. A l’époque j’étais à des années lumières de toute pratique, je coiffais même les femmes (comme on le sait bien, un homme n’a pas le droit de toucher aucune dame si ce n’est sa femme !). Une fois est entré dans la boutique un «religieux» qui m’a demandé de l’aide car il n’avait rien à manger pour Chabbath. Je ne sais pas ce qui m’a pris mais pour la première fois de ma vie j’ai ouvert ma caisse et je lui ai tendu toute ma recette du jour ! Il est sorti en me remerciant. Quelques jours plus tard une cliente habituelle est entrée dans le salon pour se faire coiffer. Après avoir fait mon travail elle reste sur le siège et ne veut pas bouger. Je lui dis qu’il faut partir car je ne fais pas deux coupes pour le prix d’une. Elle me répondit : « Je veux me marier avec toi ! » Je lui dis : « C’est impossible ! Tu es une Française et moi je suis Juif, tu n’as qu’à te marier avec un autre français comme toi ! » A l’époque j’étais très éloigné. Toutefois, pour tout l’or du monde je ne l’aurais pas épousée (comme quoi, il lui restait quelque chose de la Dafina qu’il avait mangée chez ses parents le samedi matin). Cette femme continuera et dévoilera : « Tu sais, je suis une femme très riche ! Tout ce que je veux je peux l’avoir. Seulement je tiens à une chose dans ma vie : me rapprocher du Créateur du monde afin de Le servir ! Or je sais une chose, c’est uniquement si j’arrive à me marier avec un Juif que j’arriverais à me rapprocher de Lui (pour les besoins de notre bulletin on est obligé de dire que les choses ne sont pas si tranchées… On peut accéder à la Tora et au monde futur sans pour autant se marier !). Je lui dis alors que je n’étais pas du tout religieux ! Elle me répondit : « Ce n’est pas grave, je commence à faire une conversion et on se marie ensemble dans une entente mutuelle. Je fais ce que je veux et toi tu fais ce que tu veux et je ne te ferai aucune réflexion ! Es-tu d’accord ? Je répondis que oui… Après sa conversion en bonne et due forme nous nous sommes mariés… Les années passèrent, ma femme priait une bonne partie de la journée tandis que moi, je ne faisais ni le Chabbath, ni la prière, en un mot un grand incroyant. Ma femme Tsadékette m’a même acheté des Tefillinnes (Mehoudarim, par un bon Sofer qui sait écrire ashkénaze et séfarade…) mais jamais je ne les ai mises. Une fois, un matin alors qu’il était 7h30, je m’apprêtais à partir au salon, ma femme déposa alors devant moi mes Tefillinnes en me demandant de les mettre. A ce moment j’ai poussé une colère pris les Tefillinnes et les ai jetées par la fenêtre dans la rue ! Ma femme a poussé un cri, courut et partit les ramasser. Comme ma femme s’est souvenue de la condition de notre mariage, elle me demanda pardon et je suis allé au travail ! Toute la journée, elle pria, jeûna et lit des Tehilim ! A mon retour je n’ai rien dit, j’ai dormi et durant la nuit j’ai fait un rêve. Je me voyais sur le balcon tandis qu’il y avait une grande fissure sur le mur. Le balcon était prêt à s’effondrer tandis que ma femme était de l’autre côté avec les enfants. Je commençais alors à crier et appeler ma femme à la rescousse : sans réponse. Fin du rêve. Le matin je partis comme à d’habitude au boulot. Seulement lorsque je vais pour prendre ma voiture voilà que je sens mes forces se vider de moi et je m’écroule par terre. Un grand gaillard comme moi qui n’arrive pas à bouger le petit doigt de la main. Les amis autour de moi le prennent à la rigolade mais finalement ma femme arrive et prévient l’ambulance. Ce même jour j’ai fait huit visites d’hôpitaux et dans chacun on a procédé à toutes sortes d’examens etc… : tout était OK mais mon corps ne répondait pas ! Je fus alors hospitalisé, et ce pendant… une année entière. Ma femme Tsadékette avait mis à mon service quatre infirmières. De plus elle venait à mon chevet presque tous les jours avec un journal et des sucreries… J’ai mis un an pour faire le rapprochement entre mon mal et les Tefillinnes. Au bout d’un an, à la même date, jour pour jour de l’épisode des Tefillinnes, la veille j’ai dit à ma femme qu’elle m’apporte pour le lendemain mes Tefillinnes et que je les mettrai ! Ma femme a pleuré d’émotion car elle savait depuis le départ que ma maladie était due à cela. La nuit même (!) à nouveau je fis un rêve : cette fois-là, le balcon était ressoudé, la famille et ma femme étaient à mes côtés. Quand je me suis réveillé le matin j’ai compris que ma maladie était terminée, que bientôt je sortirai de l’hôpital. Les infirmières n’y croyaient pas, mais moi, je leur disais : « Mes Tefillinnes sont bien posées sur ma tête, le balcon est en place avec ma famille : c’est fini je suis guéri. » Effectivement, quelques jours après notre Jacques sort de l’hôpital, avec des Tefillinnes et surtout une nouvelle tête et un nouveau cœur ! Il avait fallu douze mois afin qu’il comprenne la cause de son malheur. Comme quoi Hachem est bien Miséricordieux avec les pécheurs… et attend patiemment leur repentir.

Chabbath Chalom et à la semaine prochaine, si D’ le veut !

David Gold

Tél : 00972 55 677 87 47

E-mail : [email protected]

Une Berakha au rav Henri Kahn chlita et à son épouse pour le travail qu’il entreprend depuis 40 ans pour la diffusion d’un autre son de voix dans l’actualité communautaire grâce à sa publication de Kountrass et du Kountrass news : ‘ad méa ve’esserim !

Une Berakha de Mazel Tov à Daniel Albala et à son épouse (Villeurbanne) à l’occasion des fiancailles de leur super fils Hillel néro yaïr !                         

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