Et si Niels Schneider devenait une star ? Son talent lui permet d’accéder aux plus hautes marches du podium et il le prouve de façon éclatante cette année. Ce comédien étonnant s’est illustré dans trois rôles très différents en 2026. La Bataille de Gaulle d’Antonin Baudry, L’Inconnue d’Arthur Harari en salles ce mercredi après son passage à Cannes et Si tu penses bien de Géraldine Nakache en salles le 16 septembre, marquent sa carrière en confirmant sa versatilité.
Il est extrêmement charismatique en général Leclerc partant à la rescousse de Paris dans J’écris ton nom et tout aussi convaincant en mari trop autoritaire de Monia Chokri dans l’excellent film biographique de Géraldine Nakache. Il impressionne tout particulièrement dans L’Inconnue, une adaptation de bande dessinée qu’Arthur Harari a écrit en binôme avec son frère Lucas Harari.
Dans la peau d’une femme
Pourquoi ce rôle est-il épatant pour Niels Schneider ? Il y incarne un photographe mal dans sa peau qui se réveille soudain dans le corps de la jeune femme avec laquelle il a passé une nuit d’amour. Le thème du « body swap » (changement de corps) est traité de façon intrigante par le réalisateur du Procès Goldman et d’Onoba qui s’essaye à un nouveau genre avec ce conte envoûtant. Niels Schneider y apparaît méconnaissable. « Au naturel, Niels est un garçon tellement beau et athlétique, éclatant de vitalité, précise le cinéaste. David, qu’il incarne ne pouvait pas être comme ça. » Echevelé, barbu et amaigri, l’acteur donne la réplique à Léa Seydoux et Valérie Dréville, toutes deux épatantes.
« Le travail d’acteur est passionnant pour toutes les questions que génère l’identité, confiait Niels Schneider à Cannes. Notre identité n’est pas figée. Le film pose la question de savoir de quoi on est constitué. » Ce jeu fascinant emporte le spectateur dans un univers riche en faux-semblants où on en sait plus bien qui est qui. C’est ce qui fait le charme de ce film vénéneux très éloigné d’Anatomie d’une chute pour lequel Arthur Harari a remporté un Oscar du scénario en binôme avec Justine Triet.
Le regard des autres
« Mon personnage est un homme figé qui n’accepte pas le changement », précise Niels Schneider. Celui qu’il va connaître est on ne peut plus perturbant. « Je me suis demandé qui était la femme dont j’occupe le corps, dit-il. Sa personnalité m’importait plus que le fait qu’elle soit une femme. » On y croit à cent pour cent dès qu’on a compris la mécanique de ce film original qui s’offre luxe de ne jamais tomber dans la facilité en restant ancré dans le réel. La méthode de Niels Schneider semble étonnamment simple : « Tout est une question de croyance, de savoir si je peux croire à ce que joue, confie-t-il. Le défi était qu’on puisse voir l’âme du personnage, pas une fabrication mais une révélation. »
Les questionnements de Niels Schneider lui permettent d’avancer benoîtement sur le chemin du succès en multipliant les expériences. « A-t-on besoin du regard de l’autre ? », demande-t-il. Celui que les cinéastes portent sur lui n’a pas fini de révéler les multiples facettes de son talent. L’Inconnue en est une démonstration éclatante.
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