Disneyland, Astérix, Puy du Fou et bientôt Dragon Ball… La France va-t-elle saturer de parcs d’attractions ?

Et trois de plus. Lundi, Emmanuel Macron a annoncé un accord géant avec l’Arabie saoudite pour la construction de trois nouveaux parcs d’attractions, dont un dédié à l’univers de Dragon Ball. Son Goku et Vegeta vont donc se joindre à Mickey de Disneyland Paris, Jeanne d’Arc du Puy du Fou, les romains du Parc Astérix, les robots du Futuroscope, les volcans de Vulcania…

Une liste plus longue que la file d’attente pour le Space mountain qui interroge. Ne risque-t-on pas quand même un peu l’indigestion au bout de la 4.567e montagnes russes (chiffres non-contractuels) installés sur le territoire ?

La France regorge de parc d'attractions en tout genre, et va en avoir trois de plus construits par l'Arabie Saoudite.  Est-ce que c'est pas un peu trop ?
La France regorge de parc d’attractions en tout genre, et va en avoir trois de plus construits par l’Arabie Saoudite. Est-ce que c’est pas un peu trop ? - Canva/Getty Images

Un marché encore en croissance constante

« Le marché arrive à maturité, mais pas encore à saturation », analyse Maxime Guény, fondateur et directeur de la publication de Parcs & Loisirs Magazine. Selon le Syndicat national des espaces de loisirs, d’attractions et culturels (SNELAC), la France compte environ 650 parcs de loisirs (attractions, à thème, aquatiques, animaliers…), accueillant 70 millions de visiteurs en 2025, contre seulement trois millions en 1980.

Au-delà du mastodonte Disneyland Paris (16 millions de visiteurs sur le total des deux parcs) – plus grosse destination touristique du continent – le Parc Astérix a battu son record de visiteurs en 2025 avec 2,9 millions de curieux gaulois, battant son précédent record de… 2024 (2,8 millions). Même année historique pour le Puy du Fou, avec trois millions de visiteurs, là encore un record. Vulcania a accueilli 390.000 visiteurs en 2025, la quatrième meilleure performance de son histoire. Le Futuroscope a également vu une accélération de ses visites, passant de 1,9 million en 2019 à 2,6 millions en 2025, grâce à l’ouverture d’un deuxième parc, cette fois aquatique.

Des parcs de mieux en mieux rodés

C’est l’autre preuve du dynamisme du secteur : les investissements massifs réalisés ces dernières années. Aquascope donc, mais également une nouvelle zone dédiée à la Reine des neiges pour Disneyland Paris, avant un autre espace pour le Roi lion. Côté Puy du Fou, on travaille sur un nouveau spectacle à 50 millions d’euros. A Astérix, un plan d’investissement de 250 millions d’euros a été approuvé pour cinq nouvelles attractions et un hôtel.

Mais plus que le nombre de visiteurs, « c’est aussi le chiffre d’affaires qui a considérablement augmenté », ajoute Alix Merle, spécialisée dans l’analyse des marchés du tourisme, des loisirs et des parcs d’attractions pour Xerfi. Il est passé d’environ 2 milliards d’euros en 2010 à 4 milliards en 2025. « C’est la preuve que les perspectives de croissance sont encore là ». Pour cela, les parcs ont nettement amélioré leur stratégie marketing, à la fois pour inciter le client à plus consommer sur place, avec des complexes hôteliers, des boutiques souvenirs, mais aussi pour le pousser à revenir plusieurs fois dans l’année. « Il y a différents temps forts selon les saisons, des expériences différenciées, une événementialisation des parcs », poursuit l’experte.

Covid et Disney, le duo gagnant

Rendons toutefois à Mickey ce qui appartient à Mickey, l’arrivée de Disneyland Paris, en 1992, constitue un tournant majeur dans l’histoire d’amour entre la France et les manèges. « Dans son sillage, tous les parcs ont rehaussé leur standard pour aller vers plus de qualité. Aujourd’hui, il y a une vraie communauté de fans, et un haut standing en France », retrace Maxime Guény.

Au-delà de la souris américaine, un pangolin bien connu a également joué un rôle, développe Alix Merle : « Depuis le Covid, il y a un vrai transfert des dépenses vers ce qui est plus expérientiel et un engouement accru pour les loisirs. Malgré l’inflation, il y a une volonté de conserver un budget pour ces activités chez les Français. » Preuve en est, la hausse du nombre de visiteurs malgré une envolée des prix des billets. A Astérix, il faut par exemple débourser 59 euros pour un billet daté, contre 39 euros en 2015.

Les avantages de la France

La France demeure le pays le plus visité au monde, de quoi attirer une bonne part de touristes étrangers. Ces derniers se concentrent principalement à Disneyland (56 % des visiteurs des deux parcs ne sont pas Français), même si d’autres parcs essaient d’attirer plus d’internationaux, comme le Parc Astérix (environ 10-12 % de visiteurs étrangers, chiffre en constante en hausse).

Bonus dans le bonus : l’emplacement géographique. « L’Ile-de-France est la première destination mondiale, elle bénéficie de deux aéroports internationaux et d’un très important bassin de population », avance Maxime Guény. Ainsi, au Parc Astérix, un tiers des visiteurs est originaire de la région. Sinon, prenez la route ! « Les Français se déplacent beaucoup à travers le pays et ont de longues périodes de vacances. Or, il faut bien occuper les enfants », conclut Alix Merle.

Attention toutefois, malgré tous les avantages listés, la réussite n’est pas garantie. Preuve en est, les trois sites d’Arabie saoudite devraient être construits sur l’ancien site de Mirapolis, ancien parc à thème Français qui a viré au fiasco, avec moins de cinq années d’exploitation avant de déposer le bilan.

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