Indissociable de Canal+ (La Matinale, Le Supplément), Maïtena Biraben s’est également illustrée dans Les Maternelles sur France 5, puis a fait un crochet par la radio, avant de fonder Mesdames Productions avec Alexandra Crucq. Une collaboration qui a vu naître, entre autres, le média digital Mesdames.
Mais c’est un tout autre défi – ou devrait-on dire encore un autre défi – qu’elle relève en cette rentrée 2026. Si vous avez écouté France Inter ce matin, entre 11 heures et 12h30, vous l’avez forcément entendue, entourée d’une équipe à la plume bien aiguisée. Maïtena Biraben y a pris les rênes de l’émission Franche Culture, en lieu et place de La Bande originale co-présentée par Nagui et Leïla Kaddour-Boudadi.
Pour cette grande première, l’équipe, notamment composée de Daniel Morin (qu’il faut désormais prononcer « Morine » avec un subtil accent british), Xavier Leherpeur et Raphaëlle Baillot, a reçu Vincent Dedienne. Une émission tout en rires et tendresse, comme l’a confié Maïtena Biraben à 20 Minutes.
Qu’est-ce qui vous a motivée à prendre les commandes de cette émission ?
Rire, tout simplement. J’ai envie de rire. L’année prochaine va être âpre, tendue, compliquée, et face à ça, j’ai envie qu’on se rassemble le plus possible et qu’on rie. Accepter cette émission, c’était la promesse de rire.
Pouvez-vous nous parler de l’équipe et du concept de Franche Culture ?
L’idée est assez simple : apprendre des trucs, débattre et se marrer, avec autour de la table des gens qui ont de l’esprit. Il y a Xavier Leherpeur qui s’occupe de la culture et Raphaëlle Baillot de la société, avec le mauvais esprit qui les caractérise l’un et l’autre. Ca ne signifie pas qu’on ne dit rien, au contraire. On raconte quelque chose mais on le fait d’une manière détendue, avec du recul. Il y a aussi Samuel Jensky, qui est humoriste, et qui alternera avec Fiona G., les deux incarnant la jeunesse, et Daniel Morin, l’incarnation du mauvais esprit. En résumé, ce sont des mauvais esprits qui s’additionnent.
Vous reprenez la tranche de La Bande Originale présentée par Nagui. L’idée est d’en faire une émission remaniée ou un concept complètement différent ?
Un concept complètement différent. Daniel Morin est toujours là, certes, en même temps c’est le ciment de France Inter (rires), mais c’est une émission différente. Il y a eu La Bande Originale pendant douze ans, et ça a été un très beau succès, mais je ne reprends pas l’émission, je reprends juste la tranche. L’idée, c’est vraiment de faire notre truc à nous.
C’est aussi l’idée d’un humour sans filtre. Est-ce possible pendant une année présidentielle ?
Pourquoi ça ne le serait pas ? La police de l’humour va débarquer dans le studio ? (rires)
Le service public fait face à des critiques, notamment autour d’un éventuel manque de neutralité, et certains voudraient en finir…
On a tous compris que des gens voulaient en finir avec le service public, mais c’est justement une très bonne raison pour continuer de rire, faire de l’humour, essayer de s’amuser et avoir du mauvais esprit. Ca ne veut pas dire que la situation n’est pas prise au sérieux, ou problématique, mais il n’y a aucune raison d’arrêter d’être drôles, d’essayer de faire rire, ou de passer un bon moment. Ca n’aurait pas de sens. D’autant plus au cours de cette année présidentielle, avec une actualité qui s’annonce difficile, et durant laquelle on va avoir besoin de respirer. Je n’aurais pas pu revenir pour faire une émission d’actualité cette année, même si elle s’annonce passionnante. J’ai justement accepté car c’était la promesse de rire, de passer un moment avec des gens intelligents, gentils, et d’avoir le sourire.
Vincent Dedienne était le premier invité. Peut-on connaître les prochains et ceux que vous aimeriez avoir cette année ?
J’ai été très heureuse qu’on l’ait comme premier invité parce que ça représente bien ce qu’on veut faire. C’est joli, c’est tendre, et en même temps on rit. Il y aura Mathieu Sapin demain, puis Claudia Tagbo et Virginie Ledoyen dans les jours à venir. Je suis très fan de romans graphiques, donc j’aimerais avoir les auteurs des Guerres de Lucas, et sinon… Vous savez, je suis un peu comme un enfant devant une pâtisserie, tout le monde peut et doit venir.
Comment avez-vous vécu cette première émission ?
Il y a forcément encore du travail, on va s’améliorer, mais les fondamentaux sont là, et surtout l’équipe est super. On a de quoi faire quelque chose de vraiment bien.
Vous avez lancé une société de production et un média digital. Vous avez aussi un spectacle, Mesdames en Vraies !, qui débute en septembre… Est-ce que l’ennui vous effraie ?
Je ne sais pas comment je vais concilier tout ça, je prends demi-journée par demi-journée. Mais je vais y arriver, je n’en doute pas. Et je n’ai pas peur de m’ennuyer, au contraire, j’en rêve. Je ne pouvais pas refuser France Inter, je ne pouvais tout simplement pas. J’ai une super associée (Alexandra Crucq, ndlr) qui m’a permis d’accepter de faire cette émission, et pour la suite… je vais jouer les équilibristes. On s’en reparle dans trois mois, j’aurais pris le rythme.
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