Comment soigner un astronaute installé sur la Lune, sans hôpital à proximité ni possibilité d’évacuation rapide ? L’agence spatiale américaine cherche des solutions pour mieux comprendre, surveiller et réduire les risques auxquels seront exposés les astronautes lors de séjours prolongés sur la Lune. Contrairement aux missions effectuées en orbite basse, ceux-ci évolueront loin du champ magnétique protecteur de la Terre.
Jusqu’à présent, tous les astronautes ayant marché sur la Lune n’y ont passé, au total, qu’environ 80 heures. La future base devra accueillir des équipages pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois.
Les défis médicaux sont nombreux : radiations spatiales, isolement, faible gravité, éloignement de la Terre et exposition à la poussière lunaire. Ces conditions peuvent favoriser la perte de masse osseuse, modifier les yeux et le cerveau, provoquer des troubles liés à la pression ou augmenter le risque de cancer. La poussière très fine pourrait également s’infiltrer dans les voies respiratoires.
En cas d’urgence, impossible d’envoyer une « ambulance spatiale ». Les équipages devront donc pouvoir surveiller leur santé, établir un diagnostic et se soigner de manière largement autonome, sans dépendre en permanence du centre de contrôle de Houston.
C’est précisément dans ce domaine que les chercheurs et les entreprises israéliennes pourraient apporter leur expertise. La télémédecine, les capteurs portables capables de suivre en continu les paramètres physiologiques et les systèmes de diagnostic fondés sur l’intelligence artificielle correspondent aux besoins identifiés par la NASA.
Les technologies de médecine personnalisée et les matériaux de protection contre les radiations sont également concernés. Une étude publiée dans Science Advances a montré que cette protection réduisait sensiblement l’exposition aux radiations dans l’espace profond.
La NASA souhaite recevoir des propositions dans trois domaines principaux : les facteurs humains et les performances comportementales, les moyens de préserver la santé des astronautes et l’étude des radiations spatiales. Elle cherche notamment à déterminer quelles données devront être recueillies lors des prochaines missions et quels équipements devront être intégrés dès les premières étapes de la construction de la base.
Des expériences pourraient aussi être envoyées sur la Lune à bord de missions robotiques avant l’arrivée des astronautes.
Les technologies développées pour la Lune pourraient ensuite trouver des applications sur Terre. Les outils de diagnostic à distance, de surveillance continue et de traitement autonome pourraient améliorer la prise en charge des patients vivant dans des régions isolées, mais aussi le suivi médical à domicile des personnes âgées.
–Spaceflight Technology, Applications and Research-, au mois de septembre, consacré à la recherche en biologie et en sciences de la vie dans l’espace, initiative qui s’inscrit dans le cadre des accords Artemis, auxquels Israël est associé.
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