Syrie : L’AIEA découvre « quelques tonnes de matières nucléaires » sur un site non déclaré

Le passé nucléaire de la Syrie refait surface. Mardi à Damas, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a annoncé la découverte de « quelques tonnes de matières nucléaires » sur un site non déclaré, signalé en juillet par les autorités syriennes. Des inspecteurs de l’agence se sont rendus sur place et ont prélevé des échantillons.

Le site remonte à l’ère Assad. « Le 17 juillet, nous avons adressé une lettre officielle à l’agence, dans laquelle nous déclarions de notre plein gré la présence de matières nucléaires sur un site non déclaré, faisant partie de l’héritage laissé par l’ancien régime », a expliqué le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani. Rafael Grossi a salué cette « décision courageuse » de Damas.

« Ces matières ne présentent aucun risque »

« Nous parlons de quelques tonnes de matières nucléaires susceptibles d’être utilisées à mauvais escient », a précisé le directeur général de l’AIEA. Selon Assaad al-Chaibani, les « évaluations techniques » montrent cependant que « ces matières ne présentent aucun risque ». Elles resteront en Syrie, sous supervision de l’agence, avec une coopération entre experts syriens et internationaux pour assurer leur stockage.

Rafael Grossi s’est également rendu à Deir Ezzor, dans l’est du pays, sur un site fermé depuis 18 ans. Israël a reconnu en 2018 l’avoir bombardé en 2007, affirmant avoir visé un réacteur nucléaire en construction. En 2011, l’AIEA avait estimé que le site était « très probablement » un réacteur nucléaire, construit avec l’aide de la Corée du Nord. Des particules d’uranium y avaient été découvertes lors d’une inspection en 2024.

Une origine encore inconnue

L’origine des matières nouvellement déclarées reste inconnue. Pour Pierre Razoux, directeur académique de la Fondation pour la Maîtrise des Enjeux Stratégiques, « le plus probable est que ces matières nucléaires, dont on ignore tout pour l’instant, soient liées au programme nucléaire syrien qui a connu un coup d’arrêt en 2007 après le raid israélien sur le site d’al-Kibar ». Il n’exclut toutefois pas qu’elles puissent provenir de matières dont l’Irak se serait débarrassé au début des années 2000.

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A Deir Ezzor, « des travaux approfondis d’excavation et d’exploration sont actuellement en cours », a indiqué Rafael Grossi. Sa visite intervient après des informations d’Axios faisant état d’un accord entre Washington et l’AIEA concernant des matières nucléaires stockées sur un site clandestin syrien. Selon le média américain, Israël surveillait notamment un lieu baptisé « Site 99 », qu’il présente comme un ancien site de stockage lié au projet nucléaire de Deir Ezzor.

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