Le ministre des Finances israélien, Bezalel Smotrich, élabore un plan national d’envergure destiné à faire venir un million de Juifs d’Europe et d’Amérique du Nord en Israël d’ici dix ans. Ce projet, présenté au Premier ministre Benjamin Netanyahu, vise à traiter l’immigration juive avec la même intensité et les mêmes investissements que ceux consacrés à la sécurité et à la colonisation. Au cœur de cette initiative, une proposition législative permettrait de contourner les procédures habituelles d’attribution des terres, en accordant directement à des communautés entières des quartiers ou des blocs de logements, intégrant écoles, synagogues et infrastructures communautaires. Cette mesure viserait notamment les communautés françaises, réputées pour leur cohésion, afin de faciliter une intégration collective et planifiée.
Le plan s’inspire des programmes de construction publique massifs des années 1990, sous Ariel Sharon, qui avaient permis d’accueillir les immigrants de l’ex-Union soviétique. Smotrich souligne que cette politique fait face à l’opposition des experts du ministère des Finances, mais insiste sur la nécessité d’un soutien étatique fort pour permettre aux nouveaux arrivants, souvent sans moyens financiers suffisants, de s’installer. Il évoque également des mesures fiscales incitatives, comme une exonération d’impôt de cinq ans pour les revenus des nouveaux immigrants, ainsi qu’une réforme de la fiscalité des fonds d’investissement pour attirer les capitaux étrangers. Par ailleurs, une reconnaissance anticipée des diplômes professionnels obtenus à l’étranger facilite l’intégration rapide sur le marché du travail, notamment pour les médecins, dont 1 600 devraient arriver cet été.
Le ministre justifie ce projet par une double nécessité : économique, face à la pénurie de main-d’œuvre qui freine la croissance, et idéologique, en réponse à la montée de l’antisémitisme et à la fragilisation des communautés juives à l’étranger. Smotrich considère que l’avenir des Juifs se trouve en Israël, et que l’État doit agir rapidement pour renforcer sa population. Il insiste sur le fait que ces quartiers seront intégrés dans les villes existantes, sans créer d’enclaves isolées, tout en favorisant la préservation de la culture et de la langue d’origine à court terme. Ce projet s’inscrit dans une volonté de renouveler la dynamique d’immigration qui a marqué Israël dans les décennies passées, en particulier lors de la grande vague des années 1990.
Malgré l’enthousiasme affiché, ce plan soulève des questions sur son acceptabilité politique et sociale, notamment en raison des exemptions prévues aux règles d’attribution des terres, traditionnellement basées sur l’égalité d’accès. La mise en œuvre pourrait aussi rencontrer des résistances internes, notamment au sein du ministère des Finances. Par ailleurs, l’accueil de grandes communautés étrangères pose des défis d’intégration et d’équilibre culturel. Néanmoins, ce projet illustre la volonté du gouvernement israélien de renforcer sa population juive face aux défis démographiques et sécuritaires actuels, en misant sur une politique d’immigration ambitieuse et structurée.
Ce plan national d’immigration massive, porté par le ministre Smotrich, marque une nouvelle étape dans la politique israélienne d’aliyah. Il combine mesures législatives, incitations économiques et projets urbanistiques pour attirer et intégrer un million de Juifs d’Europe et d’Amérique du Nord. Si sa réussite dépendra de nombreux facteurs, notamment politiques et sociaux, il reflète une stratégie claire visant à renforcer le tissu démographique et économique d’Israël dans un contexte mondial marqué par une montée des tensions et de l’antisémitisme.
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