Le renseignement américain a découvert que l’Iran connaissait l’emplacement exact ainsi que l’étage de l’immeuble où se trouvait le président Donald Trump lors de sa visite en Turquie. Un suspect a même été identifié avec un missile sol-air portatif prêt à mener une tentative d’assassinat.
L’Iran disposait de détails précis sur le séjour du président Donald Trump au sommet de l’OTAN en Turquie le mois dernier, notamment l’emplacement exact et l’étage où il résidait à Ankara. C’est ce qui ressort des informations recueillies par les services de renseignement américains et publiées par le New York Times.
Selon deux responsables américains s’exprimant sous couvert d’anonymat auprès du journal, les États-Unis ont intercepté de nombreux flux d’informations indiquant une menace spécifique de missile sol-air contre l’avion présidentiel, parallèlement à la détection d’un individu à proximité en possession d’un missile portable (MANPADS). Ces graves menaces ont été reçues lors du dernier jour de Trump au sommet, le 8 juillet, et ont conduit l’administration à mener une opération de camouflage inhabituelle : une montée à bord de l’avion devant les caméras, suivie d’un transfert secret vers un avion militaire à l’intérieur d’un conteneur de restauration (catering).
Trump avait déjà été la cible de complots iraniens par le passé, en plus de deux tentatives d’assassinat aux États-Unis en 2024 non liées à l’Iran. Cependant, l’administration Biden avait auparavant révélé un projet d’assassinat commandité par des émissaires et des groupes relais (proxies) de l’Iran contre Trump.
Pour rappel, le président des États-Unis Donald Trump a été évacué en secret du sommet de l’OTAN en Turquie le 8 juillet à l’aide d’un conteneur de restauration transféré d’un camion vers un avion militaire, selon de nouveaux détails révélés ce matin (mercredi) par le New York Times. L’opération de camouflage exceptionnelle visait à protéger le président contre une menace iranienne ciblée qui incluant, comme mentionné, la connaissance de sa localisation exacte et la présence d’un suspect muni d’un missile portable repéré à proximité.
Trump est d’abord monté sous l’œil des caméras à bord de l’ancien Air Force One, affirmant qu’il y volerait « comme dans le bon vieux temps », mais il a été immédiatement réintroduit dans un conteneur de restauration transporté vers un avion militaire de modèle C-32A. Tandis que les membres de son équipe, des journalistes et de hauts responsables — tels que le secrétaire d’État Marco Rubio, le secrétaire au Trésor Scott Bessent, le directeur de la communication Steven Cheung et le chef d’état-major adjoint Stephen Miller — se trouvaient à bord de l’avion d’origine (visé par les menaces iraniennes), Trump s’est envolé en secret vers le Royaume-Uni à bord de l’avion militaire, sans transmission de données de vol.
Le général Dan Caine, président du Comité des chefs d’état-major interarmées, a dirigé l’élaboration du plan d’urgence en fonction de l’évaluation de la situation. Sur la base aérienne de Mildenhall, au Royaume-Uni, les trois avions ont atterri dans la soirée : l’appareil à bord duquel se trouvait Trump est arrivé à 22 h 20, et l’ancien avion neuf minutes plus tard. Dès l’atterrissage, Trump a de nouveau été transféré en secret vers l’ancien Air Force One afin d’en descendre devant les journalistes, avant de redécoller finalement vers Washington à bord du Boeing 747-8 offert par le Qatar. Mardi, Trump a évoqué l’incident pour la première fois en déclarant : « Cela dépend vraiment des services de sécurité. Ils voulaient que je prenne un vol différent, dans un avion différent, pour des raisons de sécurité. »
La décision du Secret Service d’exfiltrer en douce le président Donald Trump de l’avion Air Force One en Turquie en raison d’une menace réelle pour sa sécurité — tout en laissant des dizaines de hauts responsables, d’employés du gouvernement et de journalistes à bord de l’avion comme cibles leurres à leur insu — a suscité de vives critiques parmi les experts en sécurité et d’anciens responsables de la Maison-Blanche.
L’incident, survenu le mois dernier à Ankara et ayant impliqué la sortie de Trump dans un conteneur de nourriture vers un avion militaire séparé, se distingue d’événements passés similaires par le fait que les passagers de l’avion d’origine n’ont pas été informés du danger. Joe Lockhart, qui a servi comme porte-parole de la Maison-Blanche sous le président Clinton lors de sa visite sécurisée au Pakistan en l’an 2000, a critiqué la manœuvre en déclarant : « Ils n’ont tout simplement pas semblé se soucier de quiconque en dehors du président et des quelques personnes qui l’accompagnaient. Nous nous étions pliés en quatre pour veiller à ce que le plus grand nombre de personnes possible, en particulier des civils, ne servent pas de bouclier humain. Ils n’y ont même pas pensé. »
En revanche, d’autres responsables ont défendu la décision opérationnelle. Joseph Hagin, qui a servi comme conseiller principal du président Bush et comme chef d’état-major adjoint de la Maison-Blanche sous le premier mandat de Trump, a soutenu que la décision ne devait pas être blâmée : « Lorsque vous allez travailler à la Maison-Blanche ou que vous voyagez avec le président, vous acceptez une part importante de risque. Dire la vérité à tout le monde lors d’une telle opération aurait clairement compromis la sécurité du président. »
De même, Ari Fleischer, ancien porte-parole de la Maison-Blanche sous Bush, a souligné sur les réseaux sociaux que la sécurité du président est toujours la priorité absolue, rappelant que l’utilisation de convois et d’aéronefs comme leurres est une pratique courante, bien que la question de l’information des civils reste controversée.
Trump lui-même est revenu sur la sécurité du vol, affirmant que l’avion à bord duquel il a voyagé était celui exposé au risque le plus élevé. John Kirby, ancien porte-parole sous les administrations Obama et Biden, a conclu que bien que l’on puisse comprendre la volonté de protéger des informations confidentielles du renseignement, le gouvernement a le devoir fondamental de fournir au moins les grandes lignes du risque afin de permettre aux passagers de prendre une décision éclairée.
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