Plus Trump est impatient de mettre fin au conflit, plus l’Iran impose des exigences faramineuses

Le président américain a demandé à concentrer les discussions sur l’ouverture du détroit d’Ormuz, et était même prêt à renoncer à ce stade à un accord nucléaire. À Téhéran, on a décelé la pression et durci les positions.

JDN

Le président des États-Unis, Donald Trump, a examiné ces dernières semaines la possibilité de déclarer la victoire dans la guerre contre l’Iran, si Téhéran acceptait de rouvrir le détroit d’Ormuz à la libre circulation. Dans le cadre de cette démarche, le président a même évoqué lors de discussions à huis clos avec de hauts responsables de son administration la possibilité de mettre fin au conflit sans accord nucléaire. Cependant, une série de nouvelles exigences posées par l’Iran a de nouveau réduit sa marge de manœuvre.

Selon un rapport du Wall Street Journal, l’Iran exige entre autres la fin permanente de la guerre, la levée du blocus maritime américain, le retrait des forces américaines de la région, l’annulation des sanctions, le dégel des avoirs iraniens et le paiement de compensations financières s’élevant à plusieurs milliards de dollars.

Téhéran exige également l’arrêt des opérations militaires contre les milices qu’elle soutient à travers le Moyen-Orient. Ces conditions ont été présentées samedi par le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Mohammad Baqer Zolqadr, dans le cadre de ses déclarations sur la possibilité d’ouvrir le détroit d’Ormuz.

Les exigences iraniennes rendent difficile pour la Maison-Blanche l’élaboration d’un cadre qui permettrait à Trump de mettre fin à la guerre tout en affichant un succès clair. Ces derniers mois, le président a menacé à plusieurs reprises d’élargir considérablement les frappes contre l’Iran, mais a finalement évité une escalade majeure. Ces derniers jours, il a affirmé qu’un accord était proche, mais selon le rapport, les contacts n’ont pas encore abouti.

Au cœur du litige se trouve le détroit d’Ormuz, que l’Iran a de fait bloqué au déclenchement de la guerre à la fin du mois de février. Des attaques occasionnelles au moyen de missiles et de drones ont fortement réduit le trafic commercial sur cette route maritime cruciale et perturbé les marchés mondiaux du pétrole.

Trump a déclaré à plusieurs reprises ces dernières semaines que le détroit était déjà entièrement rouvert, mais dans les faits, la circulation des navires reste limitée et dangereuse. À Téhéran, on cherche à empêcher les bâtiments de la marine américaine d’y naviguer, et même à percevoir un droit de passage sur les navires commerciaux. Washington a informé les médiateurs qu’elle n’accepterait aucune restriction iranienne sur la liberté de navigation ni le prélèvement de frais de transit.

Des responsables américains estiment que l’Iran a compris que Trump souhaite mettre fin à la guerre et qu’elle durcit donc ses conditions. Des experts cités dans le rapport ont évalué qu’à Téhéran, on pense que le président est focalisé sur l’ouverture du détroit et veut éviter la poursuite d’un conflit prolongé, une situation qui offre aux Iraniens un levier de pression significatif dans les négociations.

À la Maison-Blanche, on affirme que les États-Unis ont déjà atteint tous leurs objectifs militaires face à l’Iran et que le principal objectif restant est de garantir le passage libre de l’énergie par le détroit d’Ormuz. Néanmoins, un responsable de l’administration a précisé que l’option d’une action militaire supplémentaire reste sur la table, en particulier si l’Iran continue d’attaquer des navires.

Sur la question du nucléaire, Trump a déclaré à de hauts responsables de son administration qu’il estime que l’Iran ne pourra pas reconstruire son programme pendant son mandat, après que les États-Unis ont détruit l’année dernière trois de ses principaux sites nucléaires. Le président pense que les renseignements américains détecteront toute tentative de reconstruire les installations ou de développer secrètement des armes nucléaires, et que la menace de nouvelles frappes servira de moyen de dissuasion.

Selon des responsables américains, si le programme nucléaire iranien reste sous surveillance et que le trafic dans le détroit reprend pleinement, Trump pourrait accepter de prolonger le cessez-le-feu actuel pour une durée indéterminée. Dans un tel scénario, les États-Unis devraient également lever le blocus des ports iraniens.

L’un des désaccords majeurs concerne les revendications financières de Téhéran. Trump s’oppose au transfert de l’argent des contribuables américains à l’Iran, mais au sein de l’administration, on estime qu’il sera difficile de parvenir à un accord sans libérer une partie des avoirs iraniens gelés, éventuellement sous certaines conditions.

De plus, un débat a lieu sur la question de savoir s’il faut accorder des exemptions permettant à l’Iran de recommencer à vendre du pétrole sur le marché mondial. Des exemptions similaires avaient été accordées dans le cadre de l’accord intérimaire signé en juin, mais avaient été annulées après l’effondrement du cessez-le-feu et la reprise des attaques iraniennes contre les navires dans le détroit.

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