Sans « réel » désarmement du Hamas, le retrait est impossible
« Quand je parle de désarmement du Hamas, je parle des armes lourdes, des armes légères, de toutes les armes. Et nous parlons d’un véritable désarmement, pas d’un désarmement fictif », a déclaré le Premier ministre, qui a annoncé publiquement pour la première fois le refus d’Israël d’accepter le plan présenté. Entre-temps, l’armée israélienne n’a pas attaqué la bande de Gaza depuis près d’une semaine, mais cette annonce risque de susciter la controverse avec les États-Unis
Israël rejette la dernière feuille de route américaine acceptée par le Hamas pour lancer la deuxième étape du plan de paix à Gaza.
Benjamin Netanyahu conditionne tout retrait israélien à un « véritable » désarmement du mouvement islamiste et assure qu’aucun retrait ne sera effectué sans cela.
Netanyahu a défini ce que signifie le désarmement aux yeux d’Israël : « Quand je parle de désarmer le Hamas, je parle des armes lourdes, des armes légères, de toutes les armes. Et il s’agit d’un véritable désarmement, pas d’un désarmement de façade. Nous discutons de cette question avec les Américains. Ils ont des propositions, certaines acceptables et d’autres inacceptables, et nous savons comment nous y opposer. Nous l’avons prouvé par le passé et nous le prouvons encore aujourd’hui. De plus, Tsahal continuera de contrer les menaces qui pèsent sur nos forces et sur nos citoyens. »
Suite à l’annonce de Netanyahu, le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a publié une déclaration dans laquelle il a écrit : « Je félicite le Premier ministre pour la clarification sans équivoque qu’il a apportée, affirmant que l’État d’Israël n’accepte pas la feuille de route connue sous le nom de « document en 15 points » dans la bande de Gaza. Nous sommes entrés en guerre avec un objectif central : la destruction du Hamas militairement, civilement et politiquement. Cela signifie qu’il n’y a plus de Hamas à Gaza et que Gaza ne représente plus une menace pour les citoyens d’Israël et les habitants du sud pour de très nombreuses années à venir. »
« Cette feuille de route contredit cet objectif à 180 degrés. L’armée israélienne ne peut reculer d’un millimètre dans la bande de Gaza. La bande de Gaza ne peut entamer aucun processus de reconstruction avant le démantèlement et la démobilisation complets du Hamas et de la bande de Gaza. L’objectif de la guerre à laquelle nous sommes engagés est clair : une situation où le Hamas n’est plus présent à Gaza. C’est l’objectif de la guerre, nous y sommes attachés et nous n’y renoncerons pas d’un iota. »
Le Haut Représentant du Conseil de paix, Nickolay Mladenov, a présenté en mai dernier le plan en 15 points pour la mise en œuvre du « Plan de paix global ». Au cœur de son exposé figurait une nouvelle feuille de route élaborée, a-t-il précisé, en coopération avec l’Égypte, la Turquie, le Qatar et les États-Unis, et tenant compte des contributions des factions palestiniennes. Selon M. Mladenov, ce plan repose sur le principe de réciprocité : chaque mesure prise par une partie entraîne une mesure similaire de l’autre, un comité de vérification indépendant approuvant chaque étape avant de passer à la suivante
La Hamas appelle Washington à faire pression
La Hamas a appelé Washington à faire pression sur le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, pour qu’il revienne sur son rejet, selon un responsable du mouvement islamiste palestinien.
« Nous attendons des médiateurs et du garant américain qu’ils fassent pression sur Netanyahu et son gouvernement afin qu’ils respectent la feuille de route et n’entravent pas le processus pour des raisons de politique intérieure ou électorale », a affirmé ce responsable à l’AFP.

Le Premier ministre israélien et Nikolaï Mladenov( Photo : Amos Ben Gershom/GPO)
La semaine dernière, à l’issue d’une rencontre entre Mladenov et Netanyahu, le Conseil de paix a publié une déclaration sur la mise en œuvre de l’accord, sans aborder explicitement le différend. Cette déclaration stipulait notamment : « L’objectif est clair et incontestable : le désarmement complet des armes dans la bande de Gaza et la transition d’un régime militaire à un régime civil. Y parvenir sera un processus, dont les modalités seront précisées lors de la prochaine étape des travaux. Contrairement à certaines informations erronées, nous tenons à préciser que le retrait de Tsahal au-delà de la Ligne jaune n’interviendra qu’après le désarmement complet, comme le Hamas s’y est engagé auprès des médiateurs. Ceci concerne aussi bien les armes légères que les armes lourdes, ainsi que les tunnels. »
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