En réponse à la demande de Beyrouth de libérer 34 détenus libanais, Israël a exigé d’obtenir des informations ainsi que les dépouilles de Juifs enlevés pendant la guerre civile, et que soit élucidé le sort du navigateur Ron Arad (notre photo).
JDN
Israël a exigé du Liban qu’il fournisse des informations sur des Juifs libanais qui ont été enlevés et assassinés pendant la guerre civile dans le pays, et qu’il agisse également afin d’élucider le sort du navigateur israélien Ron Arad, dans le cadre des négociations menées entre les deux pays sous médiation américaine. C’est ce qu’a rapporté le quotidien saoudien Asharq Al-Awsat.
La demande israélienne a été présentée en réponse à celle de la délégation libanaise, qui souhaitait obtenir des informations sur 34 civils et membres du Hezbollah qui, selon Beyrouth, sont détenus en Israël, et obtenir leur libération. La question des détenus a été examinée lors de la troisième journée du septième cycle de pourparlers, qui s’est déroulé à l’ambassade des États-Unis à Rome.
Le président libanais Joseph Aoun a déclaré vendredi que des « progrès positifs » avaient été réalisés dans les discussions concernant la frontière et les détenus, et il a exprimé l’espoir que des mesures concrètes seraient prochainement prises. Toutefois, des sources libanaises ayant suivi les négociations ont affirmé qu’Israël avait posé des conditions auxquelles il serait difficile pour Beyrouth de répondre.
Selon ces sources, la délégation israélienne a demandé à recevoir les dépouilles de Juifs libanais assassinés pendant la guerre civile et à déterminer ce qu’étaient devenus d’autres Juifs portés disparus, principalement dans les années 1980. Israël a également exigé des informations sur Ron Arad ou la restitution de sa dépouille.
Arad s’était éjecté de son avion après que celui-ci eut été touché au cours d’une mission dans le sud du Liban en 1986, avant de tomber aux mains de l’organisation Amal. Sa trace s’est ensuite perdue et, depuis lors, de nombreuses tentatives ont été entreprises afin d’obtenir des informations fiables sur son sort et de le ramener en Israël.
La question des Juifs du Liban concerne une série d’enlèvements survenus à Beyrouth entre 1984 et 1987. Parmi les personnes enlevées figurait Yitzhak Sasson, qui occupait les fonctions de président de la communauté juive du Liban et qui fut kidnappé sous la menace d’armes en 1985. Des organisations actives dans le pays à cette époque annoncèrent avoir assassiné plusieurs des personnes enlevées.
Des responsables libanais ont affirmé que les autorités du pays ne disposaient d’aucune information concernant le lieu où avaient été enterrés les Juifs assassinés, ni concernant le sort de Ron Arad. Selon eux, ces exigences viseraient à compliquer les discussions concernant les détenus libanais et à placer le gouvernement libanais face à des questions auxquelles il n’est pas en mesure de répondre.
Ce n’est pas la première fois que ces questions sont soulevées dans le cadre de contacts entre les deux pays. Selon l’article, la question des Juifs portés disparus avait également été évoquée lors des négociations de 2022 sur la frontière maritime, menées sous la médiation de l’émissaire américain Amos Hochstein. Les discussions sur cette question avaient cependant été interrompues après qu’il fut apparu que les autorités libanaises ne disposaient d’aucune nouvelle information.
L’Association libanaise des prisonniers et des libérés affirme que 34 Libanais sont détenus en Israël. Trois d’entre eux auraient, selon elle, été arrêtés respectivement en 1978, 1981 et 2005 ; neuf auraient été arrêtés au cours de la dernière guerre, qui a commencé au mois de mars ; et 22 autres auraient été arrêtés entre octobre 2024 et février 2026.
Il est également affirmé que 67 autres Libanais sont considérés comme portés disparus depuis les combats de 2024, après que tout contact avec eux eut été perdu dans des zones où Tsahal opérait. Selon les responsables libanais, on ignore s’ils ont été tués au cours des combats ou transférés en détention en Israël.
À l’issue des discussions, il a été décidé de continuer à traiter cette question lors des prochains cycles de négociations. À ce stade, toutefois, aucun accord concret ni aucun dispositif éventuel permettant la transmission d’informations et la libération de détenus n’a été annoncé.
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