« Une tromperie stratégique » : Zini et l’armée alertent le cabinet sur l’accord avec le Hamas

Deux documents ont été au cœur d’une réunion houleuse du cabinet de sécurité israélien : le premier portant sur l’activation de la force de stabilisation multinationale dans la Bande de Gaza, le second sur la feuille de route menant du désarmement du Hamas à un éventuel État palestinien. Plusieurs ministres et hauts responsables sécuritaires ont mis en garde contre les conséquences potentiellement lourdes de ces textes, et une partie des ministres a fait pression sur le Premier ministre Binyamin Netanyahou pour freiner le processus.

Le chef du département des recherches du renseignement militaire a exposé devant le cabinet ce qu’il a qualifié de manœuvre du Hamas : « Le Hamas a accepté le document en 15 points, mais n’a pas abandonné son objectif de destruction d’Israël. On observe un effort clair du Hamas pour nous renvoyer la balle. » Il a également mis en garde contre le risque d’internationalisation du conflit, contre l’installation de forces étrangères à proximité de localités israéliennes, et contre l’entrée du Qatar et de la Turquie dans le dispositif chargé de faire fonctionner la force multinationale. Une mise en garde a par ailleurs été formulée concernant le point de convergence entre l’initiative américaine pour Gaza et celle portée par l’Autorité palestinienne, dont l’issue, selon les intervenants, serait déjà connue et prévoirait la création d’un Etat palestinien.

Le chef du Shin Bet, David Zini, a de son côté averti : « La signature du Hamas s’inscrit dans un processus de tromperie stratégique, dont l’objectif est de gagner du temps et de s’assurer que nous ne reprenions pas nos opérations à Gaza jusqu’aux élections. Il y a ici une embuscade stratégique du Hamas. Il y a de la tromperie. »

Le chef du Conseil national de sécurité, Shmuel Ben Ezra, a précisé qu’Israël avait bien transmis des corrections aux documents aux États-Unis, lors d’une rencontre organisée entre les deux parties. Binyamin Netanyahou a lui-même souligné l’écart, qu’il juge inacceptable, entre les accords conclus en 2025 et le document actuellement sur la table : « Nous avons reçu le document après le dernier cabinet. Nous avons des accords de novembre 2025 avec les États-Unis qui contredisent ce document [la feuille de route]. Nous avons transmis des corrections. »

Le document en question, chargé de piloter le plan pour Gaza aux côtés des États-Unis, prévoit un calendrier détaillé de 14 jours après son approbation par les deux parties, devant culminer par le transfert de l’ensemble des pouvoirs civils et sécuritaires à un nouvel organisme, le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG). Selon plusieurs élus israéliens critiques du texte, ce dernier ne prévoirait pas la sortie ou la destruction complète de l’ensemble des moyens de combat présents dans la Bande de Gaza, armes légères, armes lourdes, dépôts d’armement, sites de production et tunnels, mais leur transfert sous la responsabilité de ce nouvel organe, sans qu’ils soient remis à Israël ni à aucun acteur non palestinien. Le texte prévoit également le déploiement d’une force internationale de stabilisation temporaire (ISF), chargée de superviser le cessez-le-feu et de séparer les zones sous responsabilité de Tsahal de celles transférées au NCAG.

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