Guerre en Ukraine : Derrière les attaques de drone, un front quasi immobile révèle les difficultés russes

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Quand les cieux ukrainien et russe sont saturés quotidiennement d’attaques de drones et de missiles, la ligne de front, elle, semble stagner, ou presque.

Une avancée russe qui recule

Pendant le mois de juillet, l’armée russe n’a avancé que d’un seul km2 par jour en moyenne pour atteindre environ 31 km2, selon le groupe d’analystes Deep State cité par Le Grand continent. Les quelques gains russes ont été réalisés dans les régions de Donetsk (est), Zaporijjia (sud) et Soumy (nord-est). Le front n’a pas bougé dans celle de Kharkiv (nord-est).

La stratégie du « grignotage » territorial de la Russie dure déjà depuis au moins deux ans, ne pouvant se targuer d’avancée majeure sur le terrain. Mais elle est de plus en plus restreinte. En 2025, les Russes avançaient en moyenne de 405 km2 par mois, prenant principalement des villages et des villes moyennes. En comparaison, au premier semestre 2026, ils ont conquis 770 km2 de territoire, soit un « recul de près de 60 % » de leur progression, traduit la revue Le Grand continent.

Des efforts ukrainiens payants

En plus de réussir à tenir face à une armée plus fournie humainement, et qui s’est encore renfloué de 25.000 hommes le 1er août, l’armée ukrainienne affaiblit son ennemi en son cœur. En frappant le territoire russe en profondeur grâce à ses drones de plus en plus perfectionnés et en visant notamment des sites stratégiques comme des réserves de missiles antiaériens, des raffineries ou des entrepôts, elle parvient à garder le cap et oblige l’adversaire à mobiliser ses forces ailleurs que sur le front.

De plus, les cibles choisies par l’Ukraine restreignent les ressources de la Russie. Les difficultés d’approvisionnement des troupes sur le front, notamment en carburant, compliquent le bon fonctionnement des générateurs. Les capacités de production de pétrole sont également affaiblies et donc son exportation qui atteint des niveaux au plus bas depuis 2002, selon Bloomberg. De quoi assécher un peu plus les caisses de l’Etat. Les frappes sur une vingtaine d’entrepôts Wildberries, « l’Amazon russe », fragilisent pour leur part la logistique et le moral des Russes.

Des trous dans la raquette

Si l’armée ukrainienne peut se vanter de maintenir la tête hors de l’eau depuis plus de quatre ans contre son envahisseur et même de parvenir à progresser dans certaines zones, comme dans la région de Dniepropetrovsk (centre-est), reste que les dégâts sont encore considérables.

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Ne parvenant pas à percer considérablement sur le front, la Russie accable le ciel ukrainien n’en épargnant pas les civils. Et l’armée ukrainienne manque de défense antiaérienne. Ainsi, dans la nuit de mardi à mercredi, elle n’a été en mesure d’abattre aucun des 28 missiles envoyés sur Kiev et sa région. Au moins 17 personnes sont mortes dans ces attaques nocturnes.

Des difficultés qui pourraient être aggravées par le soutien annoncé de la Corée du Nord à son allié russe auquel elle a récemment fourni 120 missiles balistiques, selon les renseignements ukrainiens.

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