Avec plus de quatre ans de conflit et entre 500 000 à 600 000 morts, la guerre en Ukraine est la plus meurtrière depuis la Seconde Guerre mondiale en Europe. Couverte par les journalistes du monde entier, elle a suscité la création de nombreux documentaires, dont le film 20 jours à Marioupol, réalisé par le photographe ukrainien Mstyslav Tchernov.
Mais cette fois-ci, c’est la fiction qui s’en empare. Dans le premier épisode de la saison 3 de Opérations Spéciales : Lioness, diffusé dimanche 2 août sur Paramount +, l’unité spéciale de la CIA, commandée par Joe McNamara (Zoe Saldaña) est envoyée en Ukraine pour récupérer un agent russe proche de Poutine. Un défi scénaristique, puisqu’il faut réussir à représenter avec réalisme un conflit toujours en cours.
« La Première Guerre mondiale et Star Wars qui se télescopent »
Dans les deux premières saisons de Lioness, on apprend que le programme du même nom a été créé par la CIA pour éviter un attentat de l’ampleur du 11 septembre 2001. L’unité commandée par le personnage de Zoe Saldaña est donc plus habituée à opérer au Moyen-Orient, sur des conflits armés moins importants que la guerre ouverte qui fait rage actuellement en Ukraine. En ce début de saison 3, l’héroïne doit donc faire face à un conflit qu’elle ne connaît pas. Et les scénaristes vont en profiter pour multiplier les éléments réalistes, et tenter de faire comprendre (en partie) au spectateur à quoi cette guerre peut ressembler.
Cela va d’abord passer par la présence des drones. Impossible en effet de ne pas mentionner ces engins lorsqu’on parle du conflit initié par la Russie… Pour capturer l’agent russe, l’équipe des Lioness doit traverser un champ de bataille, en passant d’une tranchée ukrainienne à une tranchée russe et s’infiltrer dans un bunker. Le tout en évitant de se faire repérer par les centaines de drones de surveillance. Pendant tout l’épisode leur présence nous tient d’ailleurs haleine. L’utilisation de leur caméra comme technique de tournage rajoute aussi au suspense. Comme le dit l’un des personnages : « C’est la Première Guerre mondiale et Star Wars qui se télescopent ».
Précis dans les moindres de détails
L’épisode est ainsi truffé d’éléments et de dialogues soulignant la vétusté du matériel russe, ou ukrainien par rapport aux Américains. Les soldats ennemis sont armés de fusils d’assaut AK-47, inventés après la Seconde Guerre mondiale, quand l’unité d’élite possède des fusils modernes, équipés de silencieux. Parmi les techniques historiques utilisées en cas de conflit, on compte aussi les chiens. L’équipe de Joe McNamara va ainsi compter dans ses rangs trois maîtres-chiens. Leurs animaux seront utilisés pour détecter et neutraliser les ennemis avant l’entrée de l’escouade dans le bunker où est cachée la cible. L’occasion d’offrir aux spectateurs des scènes bien sanglantes, comme Taylor Sheridan sait le faire.
En plus de ces éléments matériels réalistes, il y a aussi les éléments humains. Durant tout l’épisode, les soldats qui apparaissent à l’écran ne sont pas russes… mais nord-coréens. Car depuis 2025, Pyong Yang a envoyé près de 12.000 hommes pour aider Moscou, en difficulté pour recruter de nouvelles troupes. Une preuve que les scénaristes sont bien au fait de l’actualité concernant le conflit.
L’interventionnisme américain
Seul fait irréaliste : la présence physique des services de renseignements américains sur les lignes de front. L’Ukraine a en effet reçu l’aide de la CIA, mais seulement pour la formation et l’équipement des soldats, ainsi que des renseignements. Une enquête du New York times révèle d’ailleurs tous les détails de ces échanges. Mais l’idée derrière cet épisode est de traiter la question de l’interventionnisme américain dans le monde.
En effet, depuis la saison 2, les Lioness effectuent des interventions risquées en pays ennemis ou alliés, pouvant mettre à mal les relations internationales et l’équilibre au sein même des Etats-Unis. Mais cela n’entache rien à l’intensité de ce premier épisode, qui promet une saison pleine de suspense et d’action. Surtout après l’enlèvement de Joe à la suite de cette mission.
La source de cet article se trouve sur ce site

