Au cœur de la guerre des chiffres, ou peut-être de la communication, des vies, des morts et des histoires humaines. Et celles-ci auraient concerné au moins 72.000 personnes, qui ont migré depuis le Maroc illégalement la semaine dernière vers l’enclave espagnole de Ceuta. Selon le ministre de l’intérieur espagnol ce mardi, 70.000 d’entre eux sont déjà rentrés au Maroc.
Rappelons que le dernier chiffre communiqué par le gouvernement espagnol à Madrid faisait état jusque-là de 50.000 migrants entrés illégalement sur le sol espagnol, dont « la quasi-totalité » était déjà repartie au Maroc.
L’Espagne et l’Union européenne entre deux eaux
Lors d’une réunion entre ambassadeurs lundi l’Espagne avait, selon une source diplomatique, déjà « exprimé sa frustration sur le manque de solidarité » venant de certains pays de l’UE. Plusieurs Etats membres s’étaient interrogés en retour sur le signal envoyé par Madrid, jugeant que certaines décisions récentes, à commencer par son vaste programme de régularisation des sans-papiers, avaient pu donner l’impression que « les portes étaient ouvertes ».
A rebours de l’Espagne, Bruxelles a déjà nettement durci ses règles en matière d’immigration, autorisant notamment ses Etats membres à envoyer des déboutés d’asile dans des centres en dehors des frontières de l’UE, les fameux « hubs de retour ». Une idée que certains Etats membres poussent à fond, avec pour projet de nouer de premiers accords d’ici la fin de l’année. Parmi les pistes envisagées : le Rwanda, l’Ouganda, le Ghana ou encore l’Ouzbékistan.
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