Tel père, tel fils ? Adoubé depuis sa cellule par Jair Bolsonaro, Flavio, fils aîné de l’ancien président, s’est lancé dans la course à la présidence au Brésil. Entre ligne dure sur la sécurité et, controverses financières, le sénateur de 45 ans tente de faire fructifier l’héritage familial. Copie conforme de son père ou héritier autonome… qui est vraiment Flavio Bolsonaro ?
« Je peux être plus calme, plus souriant, plus tranquille et modéré, mais là coule le sang de Bolsonaro ! »
C’est en se tapotant le bras, devant un millier de militants réunis à Sao Paulo, le 25 juillet dernier, que Flavio Bolsonaro a résumé son équation politique. Investi par le Parti libéral pour affronter Luiz Inácio Lula da Silva lors du scrutin présidentiel d’octobre, le sénateur de 45 ans s’avance avec un profil singulier : celui d’un héritier désigné, contraint de marcher dans les pas d’un père omniprésent tout en cherchant à adoucir une image souvent clivante.
Un style adouci mais une ligne toujours ferme
Physiquement, la ressemblance avec Jair Bolsonaro est saisissante, jusque dans ses attitudes décontractées. Né dans l’État de Rio de Janeiro, l’aîné des quatre fils de l’ex-chef d’État purgeant une peine de prison pour tentative de coup d’État a embrassé la politique très tôt. Avocat de formation, il devient député régional à seulement 21 ans, avant d’être élu sénateur à 37 ans. Si son père l’a préféré à des figures appréciées des milieux d’affaires, c’est avant tout pour « garder la mainmise sur la droite », analyse l’expert Márcio Coimbra auprès de l’AFP.
Pour séduire au-delà du noyau dur bolsonariste, ce père de deux filles cultive une posture plus sobre. Sur les réseaux sociaux, il n’hésite pas à aborder des sujets sociaux ou à faire campagne sur l’aide aux plus démunis. Lors de la crise sanitaire du Covid-19, alors que son père remettait en cause l’efficacité des vaccins, le fils aîné avait choisi de se faire vacciner. Alors que son père ne cessait de fustiger « l’idéologie de genre » et multipliait les commentaires misogynes ou homophobes, Flavio, lui, créé la surprise en utilisant un langage inclusif non-genré dans un message sur X. Plus généralement, les observateurs décrivent un homme politique plus à l’aise dans les coulisses et le dialogue institutionnel que l’ex-président.
Un candidat très conservateur face aux multiples polémiques
Cette modération affichée ne l’empêche pas de maintenir un ancrage très conservateur. Défenseur du port d’arme et des valeurs chrétiennes, il préconise une fermeté absolue face à la criminalité, citant en exemple les méthodes du président salvadorien Nayib Bukele. Il s’est également attiré des critiques en remettant en doute la fiabilité du vote électronique brésilien et en suggérant des interventions militaires radicales contre le trafic de drogue à Rio.
Sa mise sur orbite ne s’effectue pas sans turbulences. Alors que Lula fait la course en tête dans les derniers sondages avec 48 % d’intentions de vote contre 43 % pour le candidat de la droite, Flavio Bolsonaro subit les contrecoups de plusieurs polémiques. Un enregistrement audio révélé en mai l’a montré sollicitant Daniel Vorcaro, banquier arrêté depuis pour une vaste fraude financière, afin de financer un film à la gloire de son père. Le candidat a récusé toute malversation, tandis qu’une querelle politique avec sa belle-mère Michelle Bolsonaro a dû être apaisée avant le lancement officiel de sa campagne.
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Soutenu par des figures de l’extrême droite internationale comme le président argentin Javier Milei ou le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, il doit également composer avec un contexte diplomatique tendu. Alors que Washington a récemment imposé des surtaxes douanières au Brésil, Lula accuse la famille Bolsonaro d’encourager ces pressions étrangères. Pour le sénateur, le véritable défi consistera à transformer ce capital familial en dynamique électorale face au président sortant de 80 ans.
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