Qui est Alexandre Tchaïko, le commandant de Poutine qui aurait été ciblé dans l’attentat à la bombe de Moscou ?
Un attentat à la bombe a visé un café de Moscou (Russie) samedi soir, dans lequel se serait trouvé un haut gradé russe. Alexandre Tchaïko. Ni la Russie, ni l’Ukraine n’ont réagi officiellement.
Était-ce lui, la cible ? Pour l’heure, très peu d’informations ont filtré sur les motivations de l’attentat à la bombe survenu ce samedi dans un café à Moscou. Au moins trois personnes sont mortes et 21 ont été blessées dans l’explosion d’un « engin artisanal » que transportait une femme inconnue, ont annoncé les autorités.
Ce message s’adresse, à coup sûr, à Poutine : « Si ce n’est toi, c’est donc ton frère. »
Il est clair qu’à travers l’un de ses commandants, c’est Poutine lui-même qui est visé, ainsi que le climat de peur permanente dans lequel il vit face au risque d’un attentat ne peut que s’aggraver.
Poutine demeure quasiment intouchable, mais il sait qu’à la moindre erreur, personne ne lui fera de cadeau. Cela vaut aussi bien pour les Ukrainiens que pour ses ennemis de l’intérieur. C’est là que la situation devient particulièrement complexe, même s’il vit depuis des années dans une paranoïa quasi permanente.
Selon certaines informations, notamment relayées par le média indépendant russe Sota, le chef de l’armée de l’air russe Alexandre Tchaïko fêtait son anniversaire dans le restaurant visé. Cette information n’a pas été confirmée officiellement par la Russie. Le sort du haut gradé reste inconnu.
D’après les informations communiquées par Sota sur Telegram, Alexandre Tchaïko fêtait son 55e anniversaire au Balzi Rossi, un lieu chic de Moscou. Le média indépendant diffuse une vidéo présentée comme l’intérieur du restaurant, avec ce qui s’apparente à un banquet. Sur les images, la salle est presque vide.
Promu en mai par Poutine
Si la cible se confirme, il s’agirait d’un coup dur porté à l’armée russe. Alexandre Tchaïko est le chef des forces aérospatiales russes depuis le mois de mai, comme le rapporte le média russe indépendant Meduza. Avant cela, il avait dirigé les forces russes en Syrie jusqu’en 2021 puis le district militaire de l’Est jusqu’à juillet 2022. Selon le journal indépendant biélorusse Nasa Niva, ce district de l’Est correspond aux troupes ayant avancé vers Kiev depuis la Biélorussie au début de la guerre en Ukraine.
À plusieurs reprises, le SBU, les services secrets ukrainiens, l’a accusé d’être à l’origine d’attaques aériennes, notamment en mars 2022 contre des « infrastructures civiles de Korosten » (nord-ouest de l’Ukraine) et dans la région de Kiev.
« Les agents du SBU ont obtenu des enregistrements audios dans lesquels Tchaïko donne à ses subordonnés l’ordre de faire feu avec des armements lourds sur des objectifs civils dans le village ukrainien » de Teterivske, près de Kiev, écrivait le SBU sur Telegram en juillet 2025. Selon la même source, deux personnes étaient décédées et huit maisons détruites.
Sous sanctions européennes
Né le 27 juillet 1971, Alexandre Tchaïko « était le plus haut officier militaire russe sur le terrain en Ukraine au début de l’invasion à grande échelle », confirme l’Union européenne (UE), qui l’a placé sous sanctions en mars 2026. « Alexandre Tchaïko était commandant en chef en Ukraine lorsque les troupes russes sont entrées dans Boutcha. Ces atrocités de Boutcha constituent des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre », écrit l’UE. Plusieurs centaines de civils y avaient été massacrés par les Russes.
D’après l’UE, Alexandre Tchaïko avait aussi « obtenu le titre de héros de la Fédération de Russie en 2020 ». Le Russe « soutient des actions et des politiques qui compromettent et menacent l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine, ou la stabilité et la sécurité de l’Ukraine ». Ces avoirs dans l’UE sont, depuis, gelés.
Depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022, les services secrets ukrainiens ont revendiqué ou ont été accusés de plusieurs assassinats ou tentatives d’assassinats d’officiers militaires russes et de personnalités publiques soutenant le conflit.
Plusieurs généraux russes et responsables locaux installés par Moscou dans les territoires ukrainiens occupés ont été tués ou blessés dans des attentats à la bombe ces dernières années.
JForum.fr & le Parisien
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