Le régime islamique iranien a procédé à l’exécution publique de deux manifestants, Amirhossein Safari et Abolfazl Sepahi, arrêtés lors des manifestations de janvier sur la place Alikhani à Ispahan. Ces exécutions, réalisées mardi matin, ont provoqué une nouvelle vague d’indignation publique. Les deux hommes avaient été accusés d’avoir attaqué des policiers avec des machettes et des couteaux, les ayant attachés à des panneaux routiers, traînés au sol, aspergés d’essence et incendiés. Ces violences se seraient déroulées le 8 janvier, jour où quatre membres des forces de sécurité iraniennes auraient été tués dans la même place. Le régime a qualifié ces actes de « moharebeh » (guerre contre Dieu) et de « corruption sur terre », des accusations courantes contre les manifestants.
Selon des groupes de défense des droits humains, plus de 30 000 personnes auraient été tuées lors des manifestations de décembre et janvier, bien que Téhéran attribue ces décès à des émeutiers soutenus par des puissances étrangères, revendiquant 3 117 morts, dont 427 membres des forces de sécurité. De nombreuses familles de victimes auraient été contraintes d’accepter la version officielle en échange de la restitution des corps, souvent sous la menace de devoir signer des déclarations accusant les manifestants ou affirmant que leurs proches faisaient partie des milices paramilitaires Basij. Parmi les douze hommes condamnés pour les violences à Ispahan, deux ont été exécutés, malgré les avertissements de l’ONU sur des irrégularités graves dans les procédures judiciaires.
Les exécutions publiques, précédées par une forte présence policière et l’installation d’échafaudages, semblent marquer un tournant dans la stratégie du régime, qui ne cherche plus à dissimuler ses violations des droits humains. Un expert iranien souligne que cette audace traduit la confiance accrue du régime, qui se croit renforcé après avoir résisté aux pressions internationales et réprimé les manifestations. Le régime a également coupé l’accès à Internet pendant les protestations pour empêcher la diffusion des images de la répression. Par ailleurs, des procès collectifs à huis clos, sans respect des droits de la défense, ont été dénoncés par des experts internationaux, qui alertent sur l’usage de la peine de mort comme outil de terreur et de répression.
La situation reste préoccupante, notamment pour des jeunes comme Shervin Bagherian Jebeli, arrêté à 18 ans et présenté à la télévision d’État confessant des actes de violence sans avoir bénéficié d’une assistance juridique adéquate. Depuis le début de l’année, au moins 24 personnes ont été exécutées en lien avec les manifestations, ce qui souligne la gravité de la répression en cours. Ces événements renforcent les inquiétudes sur la capacité des Iraniens à critiquer leur gouvernement sans risquer des représailles sévères, dans un climat de peur et de contrôle strict.
Ces exécutions publiques illustrent une escalade dans la réponse du régime iranien aux contestations internes, avec des conséquences lourdes pour les droits humains et la stabilité sociale dans le pays.
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