En images – Sam Neill n’était pas qu’Alan Grant dans « Jurassic Park », la preuve en douze rôles

Sam Neill dans « Sleeping Dogs ».
Sam Neill dans « Sleeping Dogs ». - RONALDGRANT/MARY EVANS/SIPA / SIPA

«Sleeping Dogs » (1977), de Roger Donaldson

Le tout premier long métrage néo-zélandais à connaître une sortie internationale. Dans Sleeping Dogs, Sam Neill joue un homme retiré du monde, rattrapé malgré lui par un coup d’État militaire. Dès ce premier grand rôle, ce qui deviendra sa marque de fabrique est déjà là : un personnage introverti, lucide, piégé par des forces plus grandes que lui. Le film lance simultanément la carrière de Sam Neill et celle du cinéma néo-zélandais.

Sam Neill dans « Ma brillante carrière ».
Sam Neill dans « Ma brillante carrière ». - Margaret Fink Productions/New South Wales Film Corporation / IMDB

«Ma brillante carrière » (1979), de Gillian Armstrong

Adaptation du roman féministe de Miles Franklin, Ma brillante carrière est d’abord le film de Judy Davis : elle y incarne Sybylla Melvyn, une jeune femme qui rêve d’écrire et refuse de se résoudre à la vie domestique que le bush australien lui promet. Sam Neill, lui, joue Harry Beecham, son prétendant. Un homme du monde poli, séduisant – auquel Sybylla résiste pourtant, repoussant sa demande en mariage à deux reprises. Ce qui est remarquable dans ce classique du cinéma australien, c’est que Sam Neill donne à Harry, personnage qui aurait pu n’être qu’un faire-valoir, une épaisseur croissante, une dignité blessée sans jamais chercher à voler le film à sa partenaire. Une leçon de générosité d’acteur.

Sam Neill dans « La Malédiction : Le Conflit final ».
Sam Neill dans « La Malédiction : Le Conflit final ». - 20th Century Fox/Kobal/Shutterstock/SIPA / SIPA

«La Malédiction : Le Conflit final » (1981), de Graham Baker

Le personnage aurait facilement pu basculer dans la caricature ! Le troisième et dernier volet de la saga « La Malédiction » met en scène Damien Thorn devenu adulte – ambassadeur des États-Unis à Londres. À 33 ans, Sam Neill apporte à ce personnage d’Antéchrist une sophistication glaçante, une présence à la fois calme et inquiétante. La Malédiction finale est un film inégal, mais la composition de Sam Neill parvient à créer, à elle seule, une atmosphère véritablement angoissante.

Sam Neill et Isabelle Adjani dans « Possession ».
Sam Neill et Isabelle Adjani dans « Possession ». - REX FEATURES/SIPA / SIPA

«Possession » (1981), d’Andrzej Żuławski

Aucun superlatif ne rend justice à ce que Sam Neill fait dans Possession. Le film d’Andrzej Żuławski est un objet inclassable : à la fois drame conjugal et spectacle Grand Guignol, tourné dans un Berlin Ouest encore coupé en deux par le Mur. Sam Neill y joue Mark, un espion qui rentre chez lui et découvre que sa femme (Isabelle Adjani) veut le quitter – pour des raisons qui dépassent largement le cadre d’une crise de couple ordinaire. Face à Adjani, qui livre une performance légendaire, Sam Neill tient le choc avec une intensité brute, à vif, sans filet. Le film, interdit dans plusieurs pays à sa sortie, est depuis devenu un objet de culte.

Meryl Streep et Sam Neil « Un cri dans la nuit ».
Meryl Streep et Sam Neil « Un cri dans la nuit ». - WEBER ANITA/SIPA / SIPA

«Un cri dans la nuit » (1988), de Fred Schepisi

Un cri dans la nuit de Fred Schepisi reconstitue l’affaire Chamberlain, l’un des faits divers les plus médiatisés de l’histoire australienne : en 1980, Lindy Chamberlain affirme qu’un dingo a emporté son bébé lors d’un camping dans l’Outback. Personne ne la croit. Elle est condamnée pour meurtre. Le film sort en salles en Australie six semaines seulement après l’annulation de cette condamnation – le sujet brûle encore. Meryl Streep incarne Lindy ; Sam Neill joue Michael, son mari pasteur, un homme enfermé dans sa foi qui s’effondre lentement face à la machine judiciaire et médiatique. Face à l’actrice au sommet de son art, Sam Neill tient un registre plus silencieux, plus intérieur – celui d’un homme qui doute sans jamais l’admettre.

Sam Neill dans « Calme blanc ».
Sam Neill dans « Calme blanc ». - Kennedy Miller/Kobal/Shutterstock/SIPA / SIPA

«Calme blanc » (1989), de Phillip Noyce

Dans ce huis clos maritime de Phillip Noyce, un couple en deuil, en mer sur un yacht, recueille un naufragé qui se révèle instable. Le pitch de Calme blanc tient en une ligne, mais tout est dans l’exécution. Pendant une grande partie du film, Sam Neill est seul à l’écran, coincé sur un navire en train de couler, séparé de sa femme (Nicole Kidman) restée sur le yacht avec un psychopathe (Billy Zane). Pas de dialogues, pas de partenaire : juste un acteur, de l’eau qui monte, et une détermination froide. Un rôle d’une intensité physique rare où Sam Neill prouve qu’il n’a besoin de personne en face de lui pour tenir un film, juste une tension constante et une présence physique imposante.

Boris Lee Krutonog, Sam Neill et Sean Connery dans « « À la poursuite d’Octobre Rouge ».
Boris Lee Krutonog, Sam Neill et Sean Connery dans « « À la poursuite d’Octobre Rouge ». - RONALDGRANT/MARY EVANS/SIPA / SIPA

«A la poursuite d’Octobre Rouge » (1990), de John McTiernan

Tenir tête à Sean Connery dans un sous-marin, tel est le défi d’À la poursuite d’Octobre Rouge. Dans ce blockbuster de John McTiernan, Sam Neill joue Vasili Borodin, le second du capitaine Ramius (Sean Connery), un Soviétique qui fait défection aux États-Unis en pleine guerre froide. Le personnage est méthodique, loyal, tout en retenue – et pourtant, c’est lui qui rend le film touchant. Parce que Borodin rêve, entre deux torpilles, d’élever des lapins dans le Montana. Sam Neill incarne le facteur humain, celui qui rappelle que derrière chaque uniforme, il y a un homme avec des désirs modestes.

Sam Neill dans « La Leçon de piano ».
Sam Neill dans « La Leçon de piano ». - WEBER ANITA/SIPA / SIPA

«La leçon de piano » (1993), de Jane Campion

Le rôle d’Alisdair Stewart dans La Leçon de piano est peut-être le plus complexe de toute la filmographie de Sam Neill. Un colon du XIXe siècle, rigide et maladroit, qui ne comprend pas le désir de la femme qu’on lui a envoyée d’Écosse. Face à Holly Hunter et Harvey Keitel, Sam Neill compose un personnage à la fois antipathique et profondément vulnérable. Palme d’or à Cannes, La Leçon de piano consacre l’acteur dans le registre du drame intimiste.

Sam Neill dans « L’Antre de la folie ».
Sam Neill dans « L’Antre de la folie ». - SIPA / SIPA

«L’Antre de la folie » (1994) de John Carpenter

Dans le dernier volet de la « trilogie de l’Apocalypse » de Carpenter, L’Antre de la folie, Sam Neill joue John Trent, un enquêteur en assurances missionné pour retrouver un romancier d’horreur disparu. Le voyage le mène aux confins de la réalité elle-même. L’Antre de la folie repose entièrement sur les épaules de Sam Neill, qui rend crédible une lente descente dans la démence. Sous-estimé à sa sortie, le film a depuis acquis un statut de classique de l’horreur lovecraftienne.

Sam Neill dans « L’Antenne ».
Sam Neill dans « L’Antenne ». - WEBER/SIPA / SIPA

«L’Antenne » (2000) de Rob Sitch

Dans L’antenne, comédie dramatique australienne inspirée de faits réels, Sam Neill incarne Cliff Buxton, le directeur de l’observatoire de Parkes chargé de relayer les images des premiers pas sur la Lune en 1969. Loin des fracas hollywoodiens, L’Antenne est du cinéma tendre, drôle et modeste. Sam Neill y est parfait en homme ordinaire confronté à un moment extraordinaire. Un film qui ressemble à Sam Neill lui-même : discret, intelligent, profondément attachant.

Sam Neill et Jonathan Rhys Meyers dans « Les Tudors ».
Sam Neill et Jonathan Rhys Meyers dans « Les Tudors ». - Peace Arch Entertainment/Showtime / Showtime

«Les Tudors » (2007-2010)

Première incursion marquante de Sam Neill dans une série au long cours. Dans Les Tudors, il incarne le cardinal Wolsey, l’homme le plus puissant d’Angleterre après Henri VIII – et peut-être avant lui, tant que le roi ne s’en aperçoit pas. Sam Neill joue Wolsey en politique d’appareil : sourires de façade, manœuvres en coulisse, et une vanité ecclésiastique à peine dissimulée. Fin stratège, il sait que le pouvoir à la cour des Tudor est un jeu à durée limitée. Disons simplement que Sam Neill n’apparaît pas dans la deuxième saison.

Sam Neill dans « Peaky Blinders ».
Sam Neill dans « Peaky Blinders ». - Tiger Aspect Productions / Allociné

«Peaky Blinders » (2013-2014) de Steven Knight

Dans les deux premières saisons de Peaky Blinders, Sam Neill joue l’inspecteur Chester Campbell, envoyé de Belfast pour écraser le gang des Shelby. Face à Cillian Murphy, Sam Neill impose un antagoniste d’une dureté implacable, mû par une foi puritaine et une ambition dévorante. Dans Peaky Blinders comme au cinéma, Sam Neill savait occuper un rôle avec autorité sans jamais forcer le trait.

La source de cet article se trouve sur ce site

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

PARTAGER:

spot_imgspot_img
spot_imgspot_img