Après ses sorties racistes contre Mbappé, peut-on interdire la sénatrice Céleste Amarilla de vacances en France ?

La seule trace que le Paraguay laissera dans l’histoire de cette Coupe du monde 2026, c’est celle brunâtre des propos racistes et insultants de la sénatrice Celeste Amarilla à l’encontre de Kylian Mbappé. Les attaques nauséabondes et répétées de cette « femme méprisable » contre l’attaquant de l’équipe de France ont d’ailleurs fait l’objet d’une plainte de la part de la Fédération française de football (FFF) auprès du parquet de Paris, lequel a ouvert une enquête. Mais si la justice ne peut pas grand-chose contre l’élue paraguayenne, la France n’est pas démunie de solutions pour la faire payer.

Il n’y a guère que du côté d’une partie du Paraguay que les insultes racistes de Celeste Amarilla envers Kylian Mbappé n’ont pas trouvé l’écho d’indignation à la hauteur de l’horreur qu’ils représentent. Outre s’en offusquer et les dénoncer publiquement, la FFF a par ailleurs déposé une plainte auprès du Pôle national de lutte contre la haine en ligne. A 20 Minutes, le parquet de Paris confirme avoir « ouvert une enquête pour injure publique » ainsi que pour « provocation publique à la haine ou à la violence ». Le tout avec la circonstance aggravante que cela a été fait « en raison de l’origine, l’ethnie la nation la race ou la religion, réelle ou supposée, de la victime ».

Pas d’extradition possible

Selon le Code pénal français, une personne normale reconnue coupable de ces faits encourt une peine d’un an de prison et 45.000 euros d’amende. Mais selon Georges Parastatis, avocat pénaliste, spécialiste en droit international, Celeste Amarilla n’est pas une personne normale. « Comme pour une députée, cette sénatrice bénéficie de l’immunité et je ne vois pas comment cette immunité pourrait être écartée », explique l’avocat à 20 Minutes.

Quand bien même viendrait-elle, comme elle l’a déjà fait, passer ses vacances à Courchevel ou Saint-Tropez, « on ne pourrait rien faire d’autre que lui demander de venir volontairement répondre à la justice », poursuit maître Parastatis. Et si elle refusait, fin de l’histoire. Alors envisager une extradition est du domaine de la pure fiction, « jamais le Paraguay n’acceptera de l’extrader et jamais Interpol ne pourrait éditer une fiche rouge dans ce dossier puisqu’il faudrait un quorum de plus d’un an de détention pour les faits poursuivis afin de lancer un mandat d’arrêt international », poursuit le spécialiste.

Pour Bertrand Badie, politiste spécialiste des relations internationales, non seulement l’action punitive de la justice n’a aucune chance d’aboutir, mais cela « risque en plus d’aboutir à des effets pervers, comme victimiser cette personne ou gonfler démesurément ses propos déjà outranciers et épouvantables ». Et attendre que Celeste Amarilla ne soit plus sénatrice pour lui tomber dessus ne fonctionnera pas forcément non plus, « parce que le Paraguay ne l’extradera pas forcément pour autant et que les faits qui lui sont reprochés seront sans doute couverts d’ici là par la prescription », reconnaît l’avocat en droit international.

La priver de vacances à Courchevel ou Saint-Tropez

Reste la voie diplomatique. Bertrand Badie l’affirme, « la France entretient de très anciennes et bonnes relations avec le Paraguay ». Pour autant, priver cette femme de vacances sur le territoire français ne devrait pas déclencher de crise diplomatique majeure, le gouvernement du Paraguay, et plus récemment le sénat, s’étant désolidarisés des propos de cette raciste « en déconstruction ». Selon maître Parastatis, « ne plus lui délivrer de visa pour l’empêcher de revenir est tout à fait envisageable, de la même manière qu’on peut expulser des diplomates étrangers, ce que l’on a déjà fait avec des diplomates russes ».

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De son côté, le spécialiste des relations internationales estime que si cette mesure est envisageable, elle est toutefois anecdotique. « La vraie question est de traquer le mal de ses paroles où il est, pour que cette forme d’outrance ne soit plus banale, insiste-t-il. Et cela passe par une dénonciation plus massive qu’elle ne l’a été jusqu’à aujourd’hui ». Plus encore qu’une action en justice ou la priver de Saint-Tropez ou de ski à Courchevel, l’avocat imagine que la meilleure réponse à envoyer à Celeste Amarilla est « de gagner la Coupe du monde ». On valide.

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