De notre envoyé spécial à Boston,
C’est toujours le même refrain depuis le début de la Coupe du monde. Sénégal, Irak, Norvège, Suède, Paraguay et désormais Maroc. Après chaque démonstration des Bleus, on en vient à se demander si c’est l’équipe de France qui est vraiment si forte que ça ou si les adversaires sont vraiment horribles. Et plus la compétition avance, plus la première proposition prend de l’ampleur. Beaucoup d’ampleur.
Jeudi, au Gillette Stadium de Boston, Kylian Mbappé et ses copains devaient voir ce qu’ils devaient voir : un premier gros duel face à l’un des outsiders de cette Coupe du monde, un quart de finale très accroché, un milieu de terrain marocain qui devait marcher sur la paire Rabiot-Koné, une revanche de la demie de 2022, Brahim Diaz et Achraf Hakimi qui piétineraient ce pauvre Lucas Digne, les transitions redoutables marocaines…
Ah, on savait rigoler. Car ce quart de finale a terminé comme tous les précédents matchs : avec une leçon de football des ouailles de Didier Deschamps, qui ont transformé les Lions de l’Atlas en de vulgaires petits chatons inoffensifs sans la moindre griffounette. Comme s’ils avaient été écœurés par le niveau affiché par les Bleus, qualifiés pour leur troisième demi-finale de Coupe du monde d’affilée.
La France a été « plus forte »
Si les statistiques ne traduisent pas tout le temps la réalité d’un match, celles de ce France-Maroc montrent à quel point les Bleus ont été plusieurs crans au-dessus de leur adversaire : 3,05 expected goals (xG) à 0,14, 22 tirs à 5, six arrêts de Bounou dont un penalty contre un seul pas bien méchant pour Maignan en toute fin de match… Les Bleus ont fait cavalier seul à tel point qu’il n’y avait presque pas de regrets chez nos voisins méditerranéens face à une telle supériorité.
« « Il faut reconnaître que c’est une super belle équipe, a réagi Mohamed Ouahbi, le sélectionneur marocain. Ils ont été super bons. On a affronté un pays qui a fait les deux dernières finales de Coupe du monde. Il a rarement eu autant de talents qui courent. Ils ont des joueurs qui font les efforts. C’est une équipe solide, sereine. Il n’y a pas beaucoup d’énervement sur le terrain, ils s’encouragent beaucoup. La France a été plus forte. » »
En zone mixte, le sentiment était partagé par les joueurs marocains, qui sont sortis tête basse, eux qui espéraient réitérer leur exploit d’il y a quatre ans en se qualifiant pour les demi-finales de la Coupe du monde. « L’adversaire était très fort, on n’a pas reconnu notre équipe », a ainsi commenté devant les caméras Yassine Bounou, le seul qui a vraiment été à son niveau, en ayant, en prime, arrêté un penalty de Kylian Mbappé.
Rabiot-Koné, Saliba-Upamecano ça fait la paire
Pire, alors que la bienséance est souvent de mise après les matchs, sauf quand il faut dire du mal des Paraguayens et de leur comportement de délinquant notoire lors du huitième de finale, Adrien Rabiot, sans penser à mal, a sorti la sulfateuse pour décrire la prestation de son adversaire du soir : « On a senti que dans les moments où on n’avait pas le ballon et qu’on leur a laissé, ils étaient peu dangereux, a assuré l’ancien Parisien sur beIN Sports. On avait peu à craindre de cette équipe. C’est la sensation qu’on avait sur le terrain. C’est étonnant. »
Il faut dire que si les Marocains ont vite abandonné, il y est, lui et son partenaire au milieu Manu Koné, en grande partie responsables. Que de ballons récupérés haut sur le terrain, un quadrillage parfait sur le terrain, une présence dans la surface pour éloigner le (mini) assauts… Le soi-disant milieu de terrain marocain de très haut qui devait les mettre en grand danger n’a jamais existé.
De danger, il n’y en a pas eu non plus pour la défense centrale française. Extrêmement vigilants sur tous les ballons longs, William Saliba et Dayot Upamecano ont freiné toutes les velléités offensives des Lions de l’Atlas. Et il fallait voir la tête de Montassar Talbi, en deuxième période, en tentant de déborder Upamecano pour comprendre que c’était chose quasi impossible. Et il ne s’y est pas refrotté.
Une défense imperméable
Alors qu’elle avait commencé la compétition avec six matchs consécutifs en prenant au moins un but, la défense française vient de réaliser trois matchs de phase finale impeccable, avec une cage inviolée et un nombre d’occasions concédées infimes : 0,7 xG contre la Suède, 0,14 xG contre le Paraguay et donc 0,13 face au Maroc. Mike Maignan aurait pu dormir qu’il ne se serait rien passé offensivement chez les Paraguayens.
« On défend de mieux en mieux, on a un équilibre meilleur et quand on a le ballon on n’a pas trop de problèmes, a salué Didier Deschamps en zone mixte après la rencontre. Quand il faut aller chercher le ballon, les joueurs aiment ça. » DD, qui n’est plus qu’à deux matchs de la quille avec les Bleus, a même eu le loisir de faire entrer pour la première fois de ce Mondial Warren Zaïre-Emery pour protéger Koné d’un potentiel jaune. Et il a même sorti son capitaine Kylian Mbappé à quinze minutes de la fin. Le calice jusqu’à la lie.
Toute l’actu de la Coupe du monde 2026
Et vous ne savez pas le pire, pour les adversaires ? C’est que les Bleus sentent qu’ils peuvent encore mieux faire, comme l’a expliqué Ousmane Dembélé après la rencontre : « Il y a beaucoup de choses à améliorer, que ça soit défensivement ou offensivement, où on peut être plus efficace, on peut prendre moins de buts (enfin là ça va être dur quand même), on peut presser mieux. Plus la compétition avance, plus on va progresser ». On verra si l’Espagne (ou la Belgique) ose se présenter sur le terrain lors de la demi-finale, mardi 14 juillet.
La source de cet article se trouve sur ce site

