Racisme, intimidations : les Bleus font bloc derrière Kylian Mbappé
COUPE DU MONDE. Visé par les provocations et les insultes de l’Albirroja samedi en huitième de finale, puis par les attaques verbales ouvertement racistes d’une députée paraguayenne, le capitaine français a reçu ces dernières heures le soutien unanime de ses coéquipiers et du camp tricolore aux États-Unis.
Avant de se plonger dans le quart de finale face au Maroc, une rencontre qui a heureusement beaucoup plus de chance de ressembler à un vrai match de foot que la bouillie saumâtre de samedi dernier, certains acteurs du récent Paraguay-France ont pris la parole en ce début de semaine pluvieux dans le Massachusetts.
La victoire (1-0) à l’arraché, face à l’antijeu de l’équipe sud-américaine, a valu à Didier Deschamps d’être la cible de propos préoccupants, d’« insultes dont [il] se serai[t] bien passé, surtout certaines » (d’après plusieurs témoignages, elles visaient la mère récemment décédée du sélectionneur), tout comme de cette demande faite « aux plus costauds de protéger Kylian Mbappé en fin de match, car ça chauffait vraiment ». Jean-Philippe Mateta était avec Ibrahima Konaté l’un d’entre eux, et l’attaquant était en conférence de presse ce mardi à la Bentley University. « Tout le monde était là pour protéger notre capitaine, a-t-il précisé. Il ne s’agissait pas que de nous deux. » Cela fait au moins une information qu’on aura pu confirmer entre deux réponses monosyllabiques.
Victime des fautes, intimidations et insultes des coéquipiers d’Enciso tout au long de la partie, le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France avait eu droit dès le coup de sifflet final à un supplément vomitif de la sénatrice du Paraguay Celeste Amarilla. « Cet abruti n’a même pas appris à écrire, réagissait-elle sur X après la rencontre. Au lieu de téter le lait maternel, il tétait des noix de coco, et les êtres les plus instruits qu’il ait jamais entendus étaient des chimpanzés. Un Camerounais issu de la colonisation, s’efforçant désespérément de passer pour un Français, rancunier, nouveau riche, arrogant et laid. Il était nerveux et mort de peur pendant tout le match, à l’image de toute son équipe. » Elle regrettait que son gardien de but Orlando Gill, snobé au coup de sifflet final par Mbappé, ne lui ait pas mis une gifle.
Soutien de la Fifa et Macron
Les propos ont évidemment fait scandale et les réactions n’ont pas tardé face à cette élue d’opposition du « Parti Libéral Radical Authentique » (centre-droit) qui a en outre assumé, dans une publication ultérieure, avoir tenu des propos racistes. Mbappé a répondu sans prendre de gant sur les réseaux sociaux : « Vous êtes une femme méprisable et indigne de sa fonction. Vous ne représentez pas le Paraguay, ce pays qui a transpiré la passion et l’honneur tout au long de la compétition. Par votre inconscience et votre racisme décomplexé, le monde entier a déjà oublié le parcours et l’effort historique que vos joueurs ont réalisés durant cette Coupe du monde pour laisser place à une dame incompétente donnant la pire image possible de son pays. ». Les représentants de la délégation tricolore aux États-Unis ont tous condamné avec virulence ces mots d’une indécence rarement constatée.
Au micro ce lundi, un Guy Stéphan visiblement touché a parlé d’attaques « indignes, abjectes et scandaleuses ». Ce mardi, le défenseur Dayot Upamecano s’est insurgé contre des propos « inadmissibles » avant de poursuivre : « Il faut continuer à se battre contre le racisme. J’espère qu’il y aura des conséquences pour cette personne. »
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