Marine Le Pen, la France, l’Europe, et les Juifs

Marine Le Pen se lance à la conquête de la présidence française – et l’Union européenne panique déjà. C’est un autre des plus grands échec de Macron, et ses promesses non tenues

Marine Le Pen, la dirigeante de la droite française, a annoncé sa candidature à la présidence en 2027, malgré sa condamnation dans le scandale des fonds du Parlement européen, ravivant ainsi les vives inquiétudes de Bruxelles quant aux bouleversements politiques qui pourraient survenir sur le continent.

L’espoir discret des dirigeants de l’Union européenne s’est brisé cette semaine. Marine Le Pen , la dirigeante de droite française, a annoncé sa candidature à un quatrième mandat présidentiel en 2027, anéantissant les espoirs d’une succession plus jeune et plus consensuelle. Cette annonce fracassante, diffusée mardi sur la chaîne française TF1, a provoqué une onde de choc à Bruxelles, remplaçant un optimisme prudent par une réelle inquiétude face à une possible paralysie du continent.

D’après un article du magazine Politico, de hauts responsables et parlementaires européens espéraient récemment que Marine Le Pen passerait le relais à Jordan Bardella, 30 ans, président du parti Union nationale. Ce dernier est perçu dans les cercles européens comme une figure pragmatique, modérée et moins idéologique.

La décision de Marine Le Pen de se présenter ne sort pas de nulle part, mais s’inscrit dans un contexte judiciaire sans précédent . Plus tôt dans la journée même où elle annonçait sa candidature, elle était condamnée à un an d’assignation à résidence avec bracelet électronique pour détournement de fonds du Parlement européen. Malgré ce lourd nuage juridique, qui assombrissait son avenir politique, Marine Le Pen a choisi de maintenir sa candidature. « Je suis ici ce soir pour vous annoncer que je suis candidate aux élections de 2027 », a-t-elle déclaré, mettant ainsi fin aux spéculations selon lesquelles son protégé dirigerait la campagne.

L’insistance de Le Pen complique les plans de l’Union européenne, qui doit mener des négociations cruciales sur son budget septennal colossal et tenter d’approfondir sa coopération en matière de sécurité. Si Le Pen traîne derrière elle un passé de positions radicales et un lourd passif d’accusations de proximité dangereuse avec le président russe Vladimir Poutine , Bardella est, quant à elle, considérée comme une figure plus consensuelle sur la scène géopolitique.

Des eurodéputés interrogés par Politico ont averti qu’une victoire de l’Union nationale pourrait marquer « la fin du projet européen tel que nous le connaissons ». Mais pour Bruxelles, la différence est flagrante : la candidature de Bardella a été un choc qu’il a fallu contenir ; le retour de Le Pen dans la course est un cauchemar qui redevient réalité.

Macron signe là l’un des plus grands échecs de ses deux quinquennats. Avec la victoire très probable du RN, les Français exprimeront clairement leur rejet de Macron et de ses disciples (Édouard Philippe, Gabriel Attal, etc.). Cet échec politique vient sanctionner ses échecs économiques, sécuritaires et sociétaux.

Quant à nous, ainsi qu’à nos dirigeants communautaires, dont la vision politique résulte d’un aveuglement et d’un alignement sur la politique mitterrandienne, qui nous a enfermés dans un anti-lepénisme de principe, alors même qu’une double mutation inverse s’est opérée au sein du camp de l’antisémitisme — une droite désormais proche d’Israël et une gauche soutenant les ennemis d’Israël —, cette attitude fait de la communauté juive une orpheline de la République.

Dernièrement, à l’occasion du gala du Consistoire, nous avons eu droit à un simple entre-soi. L’absence de la droite, le refus d’inviter une gauche qui a fait des terroristes de Gaza des citoyens d’honneur de la Ville de Paris, ainsi que la présence d’un centre favorable à la reconnaissance d’un État de Palestine, ont illustré l’isolement politique de la communauté juive.

C’est la démonstration que les fameux dîners « républicains », au cours desquels la communauté s’efforce de s’entourer de ses prétendus « amis politiques », relèvent d’une douce illusion. Ils masquent notre impuissance, au lieu de nous conduire à nous affirmer et à défendre clairement nos convictions.

C’est la politique de l’illusion, et toute politique fondée sur l’illusion finit inévitablement par engendrer des désillusions.

JForum.Fr

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