Alors que les résidents laïcs servaient de « bouclier humain » face aux manifestants orthodoxes, ils n’imaginaient pas qui tirait les ficelles en coulisses. Une révélation de l’organisation « Or LeA’him » montre comment une organisation missionnaire a exploité la haine des orthodoxes pour allumer le feu de la discorde.
JDN
Onde de choc publique au cœur de Jérusalem : ce qui a été dépeint le week-end dernier par les médias généralistes comme une énième lutte habituelle autour de l’ouverture des commerces le Chabbath s’avère ce soir être une provocation planifiée par une organisation missionnaire disposant de budgets colossaux.
Une enquête approfondie menée par le département de lutte contre les missions et les sectes de l’organisation « Or LeA’him », dirigée par le rav Binyamin Vulkan, révèle que derrière le nouveau café « BaSimta » (Dans l’allée), situé rue Agrippas – une zone où aucun commerce n’est habituellement ouvert le Chabbath –, se trouvent les dirigeants de l’association « Juifs pour Jésus ».
Au cours du Chabbath dernier, des affrontements et des protestations ont éclaté autour du café lorsque des dizaines de résidents orthodoxes (‘harédim) se sont rendus sur place pour protester contre cette brèche dans le statu quo. Les médias ont rapporté avec « effroi » la manifestation des orthodoxes, présentant l’affaire comme une initiative citoyenne et laïque légitime. À la suite de ces rapports, des clients et des résidents laïcs sont même venus sur les lieux pour former un « bouclier humain » et soutenir les propriétaires.
Le gérant du lieu, Yoel Ben David, a accordé une interview au journal Haaretz, mettant en avant des motivations idéologiques locales : « Je suis Jérusalémite, et j’en ai assez qu’il n’y ait pas assez d’endroits ouverts le Chabbath. C’est pourquoi nous avons décidé d’ouvrir ». Il a également salué les résidents qui ont empêché les orthodoxes d’entrer et a déclaré qu’il comptait continuer à ouvrir les prochains samedis.
Cependant, l’enquête d’« Or LeA’him » révèle une réalité totalement différente et montre que les motivations sont loin d’être économiques ou purement laïques et locales :
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La société exploitante : Le café est la propriété d’une société enregistrée sous le nom de « Uriel 23 ». Le nom de la société est directement dérivé de l’adresse du siège officiel de l’organisation missionnaire « Juifs pour Jésus » en Israël, situé au 23 rue Uriel Acosta à Tel Aviv.
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Le propriétaire : Yoel Ben David, qui se présente comme un « Jérusalémite qui en a assez », est en fait l’un des hauts dirigeants de cette même association missionnaire. Il s’agit d’une organisation aux ramifications étendues, dont les revenus officiels pour la seule année 2024 s’élevaient à environ 20 millions de shekels.
Au sein de l’organisation « Or LeA’him », on exprime un profond regret face au fait que le public et les médias laïcs soient tombés de manière « automatique » dans le piège missionnaire, se mobilisant pour défendre ce commerce sans savoir qui se cache réellement derrière cette initiative et qui la finance.
L’embarras public a également atteint le bureau du maire de Jérusalem, Moché Lion. Ce dernier, cité par Haaretz pour avoir condamné les affrontements et tenté de calmer les esprits, a livré une réponse très institutionnelle : « Jérusalem est une ville plurielle… La violence, quelle qu’elle soit, est absolument inacceptable. Nous continuerons à agir pour préserver le statu quo tout en faisant respecter la loi. »
Des sources religieuses soulignent que le maire n’était visiblement pas au courant que l’établissement qui brise le respect du Chabbath au cœur de la ville appartient à des éléments missionnaires déclarés. Elles estiment que s’il avait connu la véritable identité des propriétaires, sa réaction aurait été beaucoup plus ferme contre l’implantation de cette secte chrétienne dans la ville.
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