Anvers: le drapeau israélien sera maintenu à l’hôtel de ville

Le conseil municipal d’Anvers vote pour maintenir le drapeau israélien à l’hôtel de ville.

Une courte majorité a rejeté une proposition de la gauche visant à retirer le drapeau israélien, alors qu’une scission au sein de la coalition révèle des tensions concernant la politique belge envers Israël.

Canaan Lidor

La semaine dernière, le conseil municipal d’Anvers, en Belgique, a décidé à une courte majorité de ne pas retirer le drapeau israélien de sa façade.
Vingt-sept des cinquante-cinq membres du conseil municipal ont voté pour le maintien du drapeau, lors d’un vote organisé à la demande des partis de gauche et d’extrême gauche qui souhaitaient son retrait. Vingt-quatre autres ont voté pour son retrait, et quatre se sont abstenus.

« Retirer le drapeau israélien de cet hôtel de ville ne serait en aucun cas un geste neutre. Ce serait un signal politique. Et pour beaucoup, y compris moi-même, ce serait le signe qu’Israël n’a pas le droit d’exister », a déclaré Michel Freilich, membre du conseil municipal d’Anvers et député fédéral belge de la Nouvelle Alliance flamande du Premier ministre Bart De Wever, dans un discours prononcé avant le vote.

La maire d’Anvers, Els van Doesburg, qui représente le même parti, a résisté aux pressions visant à faire retirer le drapeau, ce qui a conduit à un vote sur la question.

Anvers arbore les drapeaux de tous les pays ayant des ambassadeurs ou des consulats accrédités en Belgique, a déclaré M. Freilich à JNS. Le drapeau de l’OLP n’est pas affiché à l’hôtel de ville. En 2022, Anvers a retiré le drapeau russe de sa façade pour protester contre l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Des militants anti-israéliens ont plaidé pour que le même sort soit réservé au drapeau israélien, mais le maire s’y est opposé, soulignant que la Belgique avait réduit ses relations diplomatiques avec la Russie.

En 2022, la Belgique a expulsé de son territoire plus de 20 diplomates russes et a appliqué, un an plus tard, des sanctions qu’elle n’a pas appliquées à Israël, ce qui a engendré une relation bilatérale fondamentalement différente de celle qu’elle entretient avec Israël.

La Nouvelle Alliance flamande compte 30 sièges au conseil municipal d’Anvers, où elle a formé une coalition avec le parti de gauche Vooruit, qui a milité pour le retrait du drapeau israélien.

Les relations israélo-belges se sont améliorées sous la présidence de De Wever, qui a succédé l’an dernier à celle de l’ancien Premier ministre Alexander de Croo. Son gouvernement s’appuyait sur une coalition comprenant le parti vert, farouchement anti-israélien, et le Parti socialiste. Il s’agissait de l’un des gouvernements les plus hostiles à Jérusalem de l’histoire des relations bilatérales.

Cependant, les tensions ont pesé sur les relations bilatérales, même sous De Wever. Son partenaire de coalition, le parti de centre-gauche Les Engagés, a adopté une ligne anti-israélienne sous l’impulsion du ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot, ancien président du parti. Prévot a semblé insinuer qu’Israël était impliqué dans des crimes de guerre à Gaza et a soutenu la reconnaissance par la Belgique de l’État palestinien, sans toutefois aller jusqu’à l’accorder.

Par ailleurs, Prévot a accusé les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, d’avoir violé le droit international en frappant l’Iran avec Israël le 28 février.

Une crise diplomatique a éclaté en mai entre la Belgique, d’une part, et Israël et les États-Unis, d’autre part, suite à la décision d’inculper trois circoncis juifs, ou mohels, pour avoir pratiqué illégalement la brit milah, la circoncision rituelle juive des garçons, généralement pratiquée sur des nourrissons de huit jours.

Bill White, l’ambassadeur des États-Unis à Bruxelles, écrivait ce mois-là sur X : « La Belgique sera désormais considérée comme antisémite par le monde entier. Tant que ce problème ne sera pas résolu, il n’y a pas d’autre solution », ajoutait-il.

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, a écrit qu’avec la décision de poursuivre les mohels , « la Belgique rejoint une courte et honteuse liste, avec l’Irlande, de pays qui utilisent le droit pénal pour poursuivre les Juifs pour la pratique du judaïsme. C’est une tache indélébile pour la société belge. »

Prévot a tenté de se défendre contre cette allégation en affirmant que les poursuites avaient été engagées par des « représentants de la communauté juive », mais cette affirmation a été rejetée par la communauté.

La plainte déposée contre les mohels s’appuyait sur les plaintes de Moshe Aryeh Friedman, un militant antisioniste qui a fait pression sur les autorités pour restreindre plusieurs coutumes juives, notamment celle qui autorise les écoles Haredi à séparer les filles et les garçons dans les établissements juifs reconnus par l’État. La communauté juive majoritairement Haredi d’Anvers rejette Friedman.

« C’est tout simplement faux : cette initiative ne vient pas des représentants juifs eux-mêmes, mais d’une personne qui nie l’Holocauste, a été invitée à une conférence négationniste par l’ancien président iranien Mahmoud Ahmadinejad, et se dit juive sans être soutenue par aucun Juif au monde », a déclaré le Centre juif d’information et de documentation (JID), une organisation de défense des droits des Juifs belgo-juifs, en réponse à Prévot. Friedman a affirmé n’avoir jamais nié l’Holocauste.

JForum.fr avec jns 
Des personnes sont assises devant l’hôtel de ville d’Anvers avant la publication des résultats des élections municipales et provinciales belges, le 14 octobre 2012. Crédit photo : Kristof van Accom/AFP/Getty Images.

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