Chambon-sur-Lignon a inauguré sa nouvelle exposition

Le Lieu de mémoire au Chambon-sur-Lignon a inauguré sa nouvelle exposition, visible jusqu’au 28 novembre.

Elle revient sur le marché de l’art sous l’Occupation.

Durant l’Occupation, entre 1940 et 1944, le marché de l’art connaît en France une activité sans précédent. Une véritable effervescence traverse l’ensemble des circuits traditionnels des œuvres : ateliers, galeries d’art, et maisons de vente aux enchères, qui s’approvisionnent massivement à Paris.

Une effervescence unique

Entre 1941 et 1942, plus de deux millions d’objets y transitent. Ces ventes, trafics et échanges, parfois réalisés à des prix très élevés, ont des conséquences directes sur le sort des oeuvres appartenant principalement aux familles juives persécutées par la législation d’exception issue des ordonnances allemandes et des lois de Vichy.

Soumis à cette double législation, les juifs de France sont progressivement exclus de tous les domaines de la vie politique, sociale et économique, dans un processus qui constitue le prélude à leur élimination physique. Le pillage et la spoliation contribuent ainsi à fragiliser durablement et à les marginaliser. Privés des ressources et des moyens qui auraient pu leur permettre de fuir, des milliers d’entre eux se retrouvent pris au piège des arrestations, de l’internement, puis de la déportation.

Un panorama historique et artistique

Présentée au Lieu de Mémoire au Chambon-sur-Lignon, cette exposition propose un panorama historique et artistique qui interroge les zones d’ombre du marché de l’art français sous l’Occupation. Elle se positionne dans la continuité des expositions précédentes présentées au Lieu de Mémoire : Chagall, d’une rive à l’autre en 2022 et Treize mois pour sauver les artistes. Le combat de Varian Fry en 2024.

Sous le commissariat scientifique d’Emmanuelle Polack, elle retrace la sigularité d’une situation sans équivalent dans l’histoire du marché de l’art, à travers un parcours mêlant exemples concrets, documents d’archives inédits et oeuvres d’art spoliées, puis restituées à leurs propriétaires à l’issue de longs combats juridiques

Retracer l’histoire des œuvres d’art

La recherche de provenance consiste à retracer l’histoire d’un objet ou d’une oeuvre d’art, depuis sa création jusqu’à aujourd’hui, afin d’en trouver l’histoire des appartenances successives. Pour la période 1933-1945, l’enquête se concentre sur les oeuvres et objets artistiques qui ont pu être volés, confisqués ou vendus de force dans le contexte des persécutions antisémites de la Seconde Guerre mondiale.

Les chercheurs s’appuient sur de nombreuses sources, comme les archives, les catalogues de ventes, les inventaires de collections ou les correspondances. Ces investigations permettent d’identifier des biens spoliés, de retrouver leurs propriétaires ou leurs héritiers, et d’éclairer le parcours souvent complexe des oeuvres. L’objectif est de mieux comprendre l’histoire des collections, de reconnaître les injustices du passé et, lorsque cela est possible, de permettre la restitution des oeuvres à leurs légitimes ayants droit.

A la recherche du tableau spolié

Le « Portrait de jeune fille assise » de Thomas Couture (1815 – 1879) appartenait à la collection de Georges Mandel (1885 – 1944), homme politique français, arrêté en 1940, puis assassiné en 1944. L’oeuvre fut spoliée pendant l’Occupation, dans le contexte des confiscations visant les collections artistique appartenant principalement aux familles juives. Longtemps considérée comme disparue, elle a été identifiée à la suite des recherches approfondies de provenance.

L'Allemagne restitue un tableau spolié

Le tableau a été retrouvé en 2012 en Allemagne, dans la collection de Cornelius Gurlitt, fils du marchand d’art Hildebrand Gurlitt (1895-1956), figure centrale du marché de l’art sous le régime nazi. À l’issue de plusieurs années d’enquête et de procédures, l’oeuvre a été officiellement restituée en 2019 aux ayants droit de Georges Mandel, constituant un exemple emblématique de la restitution des biens culturels spoliés pendant la Seconde Guerre mondiale.

Les tarifs
Plein tarif : 7€ – Tarif réduit et tarif groupes : 5 €
Gratuit pour les moins de 10 ans

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