Masterclass. Alors que les États-Unis soufflent les 250 bougies de leur indépendance le 4 juillet 2026, la série documentaire streamée par Netflix The American Experiment : Une nation à l’épreuve du temps revient sur l’Histoire d’une nation que nous, petits frenchies, ne connaissons généralement que de façon très lacunaire.
Durant cinq épisodes de 70 minutes réalisés par Brian Knappenberger, historiens, figures politiques, enseignants, chercheurs américains, relatent comment, de 1753 au 4 juillet 1776, s’est construite leur nation. Et cela ne s’est pas fait sans mal ! The American Experiment nous donne l’occasion de nous pencher sur un passé foisonnant, douloureux, plein de paradoxes et de contradictions, qui a façonné les Etats-Unis que nous connaissons aujourd’hui. Ou croyons connaître.
Les Français en guerre sur le sol américain
En 1754, treize colonies britanniques sous domination de la Grande-Bretagne, occupent la cote Est américaine : Virginie, Pennsylvanie… De son côté, la France a investi sur place plusieurs positions stratégiques. Georges Washington 22 ans, est alors lieutenant-colonel à la solde de l’armée britannique. Celle-ci veut bouter les petits frenchies hors d’un continent que la Couronne entendait bien coloniser tout entier… toute seule.
Le 28 mai, le commandant français Joseph Coulon de Villiers de Jumonville tombe sous les balles d’un détachement du jeune gradé, qui veut voir la France quitter l’État de l’Ohio. Cet événement est considéré comme le début de « La Guerre de Sept ans ». Paradoxe : alors que Georges Washington combat pour le roi d’Angleterre George III contre les Français, il finira par faire alliance avec nos petits soldats tricolores pour affranchir les colons du joug de la Couronne…
Des colons complètement timbrés
Retenez ce nom : « Stamp Act ». C’est l’un des éléments déclencheurs de la Guerre d’indépendance des Etats-Unis qui va débuter. Il s’agit d’une loi votée par le Parlement britannique en 1765.
Elle consiste en l’application d’une taxe sous forme d’un timbre fiscal payant sur de nombreux documents utilisés par les colons : journaux, livres, contrats… mais aussi sur les cartes à jouer ! Pour la Couronne, il s’agit de renflouer les caisses après la « Guerre de Sept ans ». Conséquence : n’ayant pas de représentants au Parlement à Londres, les colons crient « à la tyrannie » et se révoltent. Face aux mouvements de résistance grandissants, le « Stamp Act » est finalement abrogé. Mais il reste l’étincelle qui conduit à la Guerre d’indépendance.
Une « Tea Party » contre des impôts déguisés
On ne renie pas ses origines : on a beau être un colon aux États-Unis, on aime toiujours le thé ! Après l’échec de son « Stamp Act », le Parlement britannique a une idée encore plus fumeuse : taxer le thé exporté vers le Nouveau Continent. Mais de façon détournée.
Alors que la compagnie British East India Company peine à vendre ses stocks de thé et flirte avec la faillite, le gouvernement lui accorde le droit d’écouler ses surplus directement aux colonies américaines. À bas coût (moins cher que le thé de contrebande), mais lestés d’une taxe.
Branle-bas de combat chez les amateurs d’Earl Grey qui ont compris la supercherie et refusent que cet impôt déguisé crée un précédent. Le 16 décembre 1773, des colons déguisés en Amérindiens montent à bord de trois navires britanniques et dans le port de Boston et jettent par-dessus bord 342 caisses de thé, soit 46 tonnes de marchandises !
C’est ce que l’on appelle la « Boston Tea Party », autre événement déclencheur de la Guerre d’indépendance qui débutera officiellement le 19 avril 1775. Georges Washington sort du bois et prend la tête de l’armée américaine face aux tuniques rouges britanniques le 15 juin.
Les esclaves comme monnaie d’échange
À l’époque, les treize colonies états-uniennes pratiquaient l’esclavage. George Washington, lui-même, avait grandi dans un univers où la traite des Noirs était courante. Pas fou, le gouvernement britannique qui a besoin de chair à canon pour sa guerre contre les Américains prend une mesure pour le moins… opportuniste.
En novembre 1775, le gouverneur royal de Virginie publie ainsi la « Proclamation de Dunmore ». Celle-ci invite les esclaves à s’enfuir des plantations et à rejoindre l’armée britannique, avec une promesse de liberté à la fin du conflit. 5.000 hommes environ seront ainsi recrutés. À la victoire américaine en 1783, les anciens esclaves survivants seront en partie évacués vers le Canada, les Caraïbes ou la Sierra Leone.
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L’Indépendance, mais à quel prix
Le 4 juillet 1776 le Congrès approuve à Philadelphie la « Déclaration de l’Indépendance », texte largement rédigé par Thomas Jefferson, John Adams et Benjamin Franklin.
Y figure au 2e paragraphe la phrase : « Tous les hommes sont créés égaux. Ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables. Parmi ces droits, se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur ». Oui, les Etats-Unis qui n’aboliront officiellement l’esclave qu’en 1865, ne sont pas à un paradoxe près…
Reste que la rupture politique avec la Grande-Bretagne est consommée.
Il faut attendre le 3 septembre 1783 et le « Traité de Paris » pour que l’Indépendance des États-Unis soit officiellement reconnue. Alors que le traité prévoit que les esclaves devront être rendus à leur propriétaire, les nations autochtones sont totalement absentes des négociations. Dépossédés de leurs terres, les Cherokees (alliés des Britanniques pendant la guerre) et les Mohawks, entament leur migration vers l’ouest. Ouest dont les Américains vont désormais entamer la conquête…
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