Etats-Unis : La Patrouille de France va « colorer le ciel de New York en bleu, blanc, rouge » pour le défilé du 4-Juillet

Un moment qui s’annonce historique. La Patrouille de France participera ce samedi au défilé aérien du 4-Juillet au-dessus de New York, dans le cadre des célébrations des 250 ans de l’indépendance des Etats-Unis.

La PAF multiplie les séquences iconiques depuis près d’un mois qu’elle a posé ses valises outre-Atlantique, pour cette mission intitulée Liberté 250. Le 9 juin, elle prenait même la une du Wall Street Journal après son premier survol de la Statue de la liberté.

Depuis un mois qu'elle est aux Etats-Unis, la Patrouille de France a déjà réalisé plusieurs survols de monuments et de villes, comme New York.
Depuis un mois qu’elle est aux Etats-Unis, la Patrouille de France a déjà réalisé plusieurs survols de monuments et de villes, comme New York. - F. Roussard

20 Minutes a interrogé le général de brigade aérienne Pierre Gaudillière, chef de la mission Liberté 250, avant ce dernier survol de Big Apple. Le défilé est programmé à 10h11 samedi, soit 16h11 heure française.

Comment va se dérouler le meeting aérien auquel la Patrouille de France participe, ce samedi à New York ?

C’est le point d’orgue de la mission Liberté 250, à laquelle nous participons depuis un mois. Ce défilé aérien du 4-Juillet au-dessus de New York est inédit, car les Américains n’avaient encore jamais organisé ce type d’événements, comme nous le faisons chaque année en France avec le 14-Juillet.

Ils font des survols de villes avec leurs deux patrouilles qui sont les Thunderbirds – six F-16 de l’US Air Force – et les Blue Angels – six F-18 de l’US Navy – mais là, il y aura une centaine d’avions, anciens et nouveaux, ainsi que des bâtiments de la Navy sur l’Hudson. La Patrouille de France sera dans le même tableau que les Blue Angels, en ouverture du défilé, avec la particularité d’être la seule à colorer le ciel en bleu, blanc, rouge – les couleurs américaines également – les avions de chasse ne pouvant pas « fumer » de la même manière que les Alphajet, qui sont moins puissants. Ce sera donc assez extraordinaire d’être ainsi en tête du défilé.

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué parmi les événements auxquels vous avez participé depuis un mois ?

Trois lieux iconiques nous ont marqués. Il y a d’abord eu le survol de la Statue de la liberté, qui a été le cadeau de la France à l’Amérique pour les 100 ans de leur déclaration d’indépendance. Ensuite, la cérémonie militaire au cimetière d’Arlington. La dernière, le survol du champ de bataille de Yorktown, à laquelle les Français ont participé, en 1781, signant la défaite de la Couronne britannique face aux insurgés américains.

La contribution militaire de la France a été décisive dans la guerre d’indépendance américaine à travers les volontaires de La Fayette, les soldats du comte de Rochambeau, ou encore le blocus naval de la baie de Chesapeake. Cette mission Liberté 250 incarne la profondeur de ce lien historique.

Les relations entre la France et les Etats-Unis se sont pourtant dégradées ces derniers temps, non ?

Les relations entre armées de l’Air restent d’excellente qualité, et l’accueil du public aux Etats-Unis a été remarquable. Nous avons participé à plusieurs meetings aériens, dont celui d’Ocean City devant 600.000 personnes, en tout, durant le week-end. Dans la rue, lorsque nous sommes en tenue d’aviateurs, les gens nous arrêtent pour nous remercier. Par ailleurs, nous n’avons pas fait que des meetings et des survols, nous sommes aussi allés au Pentagone pour travailler notre coopération. Et toutes les portes nous étaient ouvertes.

La logistique de cette mission a dû être assez lourde pour convoyer les appareils depuis la France aux Etats-Unis ?

Nous avons effectivement déployé huit jets, avec le soutien mécanique et logistique d’un A400M, ainsi que 85 aviateurs. Cela ressemble beaucoup à un déploiement en opération extérieure, et cette mission contribue pleinement à notre entraînement. A la différence près que les Alphajet de la Patrouille de France, qui sont des appareils d’entraînement, ne sont pas ravitaillables en vol comme nos avions de chasse. Nous avons donc fait des vols de 2 heures, 2h30, et progressé par sauts de puce durant trois jours et demi, via l’Ecosse, l’Islande, le Groenland, le Canada et les Etats-Unis. Ils feront la même chose dans le sens inverse du 5 au 9 juillet, pour être au rendez-vous du défilé du 14-Juillet à Paris.

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