15 à 20 millions de participants sont attendus dans la capitale iranienne. L’hommage national de trois jours à l’ancien guide suprême iranien Ali Khamenei doit débuter samedi. Son cercueil, enveloppé dans un drapeau aux couleurs de l’Iran, est arrivé dans l’enceinte de la Grande Mosalla, un vaste complexe religieux de la capitale, selon des images diffusées par l’AFP.
Les murs du complexe sont couverts de grands portraits de l’ayatollah Khamenei, qui a été guide suprême pendant trois décennies, de drapeaux noirs en signe de deuil et de drapeaux rouges, symbole du martyre et de la vengeance.
Aucun dirigeant européen invité aux funérailles
A l’entrée de la mosquée où sera exposée la dépouille de l’ayatollah, ouvriers et secouristes s’affairaient en pleine chaleur aux derniers préparatifs, selon une équipe de l’AFP qui a eu un rare accès. Des Iraniens devraient commencer à patienter dès vendredi soir en attendant l’ouverture des portes à 06H00 samedi.
Le complexe de la Mosalla, conçu pour accueillir les grandes prières du vendredi, commémorations officielles et rassemblements religieux, restera ouvert jour et nuit jusqu’à lundi. Un cortège transportant la dépouille d’Ali Khamenei défilera ensuite dans les rues de Téhéran, avant de gagner mardi la ville sainte de Qom.
Côté dignitaires, des dirigeants et responsables d’une trentaine de pays, principalement voisins, sont attendus, dont l’ancien président russe Dmitri Medvedev et le Premier ministre pakistanais Shebaz Sharif. La Chine sera représentée par un haut responsable du Parlement, He Wei. Aucun dirigeant européen n’a été convié.
Tué dans un bombardement
Ali Khamenei, le guide suprême à la plus grande longévité depuis l’avènement en 1979 de la République islamique, est mort à 86 ans sous les bombardements de ses deux ennemis jurés, les Etats-Unis et Israël, contre sa résidence le 28 février.
Ses obsèques nationales s’annoncent comme les plus grandes de l’histoire en Iran. En 1989, à la mort de son prédécesseur, le fondateur de la République islamique, l’ayatollah Rouhollah Khomeini, environ 10 millions de personnes avaient assisté à ses funérailles, selon les chiffres officiels. Des mouvements de foule avaient alors fait plus de dix morts.
Aux côtés du cercueil d’Ali Khamenei, seront exposés ceux de ses proches tués eux aussi au premier jour de la guerre, dont celui d’une de ses filles, d’un gendre, d’une belle-fille et d’une petite-fille.
La présence du nouveau guide suprême incertaine
Une image du dirigeant le poing levé, symbole de sa résistance revendiquée face à l’Occident, est omniprésente sur le site, a constaté un journaliste de l’AFP. « Ton nom restera éternel sur cette terre d’or », proclame une bannière, tandis que dans les rues de Téhéran, nombre d’affiches et de slogans rendent hommage au « martyr ».
La présence du fils d’Ali Khamenei, Mojtaba, qui lui a succédé début mars à la fonction de guide suprême, n’a pas été confirmée. Blessé lors des frappes qui ont tué son père, le dirigeant ne s’exprime que par des communiqués qui lui sont attribués et n’est pas apparu en public.
Ces funérailles se déroulent sous tension, dans un contexte de fragile cessez-le-feu entre Téhéran et Washington mais aussi six mois après d’importantes manifestations contre la vie chère et le pouvoir, dont la répression par le régime avait causé des morts.
Le cercueil de Khamenei sera aussi exhibé en Irak
Téhéran est depuis vendredi comme une forteresse, avec des forces de sécurité en nombre et un immense périmètre inaccessible en voiture. L’aéroport de Téhéran est partiellement fermé vendredi et le sera totalement lundi, décrété jour férié dans tout l’Iran. Les centres commerciaux ont baissé le rideau et les entreprises sont mises au repos forcé.
Ali Khamenei sera inhumé le 9 juillet dans la ville sainte de Machhad (nord-est de l’Iran), d’où il était originaire. Chef religieux, son cercueil fera escale mercredi en Irak voisin, où la communauté chiite est aussi majoritaire.
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