La prophétie funeste de Trump sur Vance s’est réalisée

Coups de feu croisés de droite et de gauche : J.D. Vance suscite l’indignation aux États-Unis.

Trump avait dit à Vance en public « si ça marche, je m’attribuerai tous les mérites si ça ne marche pas, je dirais que c’est de la faute de JD Vance ». Le personnage rigolo que tout le monde prend pour un fou avait vu juste sur cette affaire. À présent c’est Vance qui prend tous les coups, alors que Rubio est en embuscade.

Le vice-président américain J.D. Vance, qui a bâti sa carrière politique sur une opposition farouche aux guerres sans fin menées par les États-Unis à l’étranger, défend publiquement la guerre menée par l’administration Trump contre l’Iran et les négociations en cours pour y mettre fin. Cette prise de position suscite de vives critiques, tant à droite qu’à gauche : les démocrates dénoncent l’escalade du conflit, tandis que les républicains les plus intransigeants accusent l’administration de capituler et de faire des concessions trop faciles aux dirigeants iraniens.

Dans un discours prononcé mercredi devant des militaires en service actif à la base aéronavale de Volta, à Virginia Beach, le vice-président J.D. Vance a réaffirmé son soutien au président Donald Trump et a publiquement défendu la guerre contre l’Iran ainsi que les efforts diplomatiques officiels entrepris. Vance, qui a essuyé de vives critiques pour sa conduite des négociations, a souligné auprès des combattants que le recours à la force militaire visait à donner à Trump un moyen de pression pour parvenir à la paix « par la force », rapporte le New York Times.

Dans son discours, Vance s’en est pris aux critiques internes et a affirmé que les négociations diplomatiques en cours n’étaient possibles que grâce à l’activité offensive des avions et des forces de combat : « Aujourd’hui, alors que je suis assis ici, il y a des gens dans ce pays qui veulent que vous continuiez encore et encore, qui essaient d’attaquer le président des États-Unis pour avoir utilisé le levier que vous lui avez donné pour engager des négociations. »

Il a ajouté, expliquant le concept de cette initiative : « Et pourquoi nous tournons-nous vers les négociations ? Grâce à vous. Ce n’est pas par faiblesse, mais par force. » Vance, qui avait auparavant été correspondant militaire chez les Marines pendant la guerre d’Irak, s’est appuyé sur son expérience personnelle pour expliquer en quoi la guerre actuelle diffère des échecs du début des années 2000 : « Certains ont tiré la leçon qu’il ne fallait plus jamais recourir à l’armée, mais ce n’est pas la bonne leçon. »

Il a continué à critiquer les administrations précédentes : « Il y a aussi des gens qui ont tiré une autre leçon, tout aussi erronée, selon laquelle la solution aux problèmes que nous avions au début des années 2000 consistait à vous demander d’en faire toujours plus sans vous donner d’objectif clairement défini. »

Tout en faisant l’éloge des soldats, le vice-président a refusé de donner un calendrier précis pour le retrait des troupes ou la fin des combats, et a, fait inhabituel, reconnu le lourd fardeau qui a pesé sur les épaules des combattants au cours des 18 derniers mois : « Ces hommes ont accompli un travail remarquable ces 18 derniers mois. Le président des États-Unis vous a demandé plus que je ne pense qu’on ait jamais demandé à aucun autre groupe de militaires. Et pourtant, vous l’avez fait. »

La décision de J.D. Vance de prendre l’initiative de plaider en faveur d’une guerre contre l’Iran représente l’un des défis politiques les plus complexes de sa carrière et met en lumière le changement idéologique qu’il a connu depuis son entrée à la Maison Blanche.

Avant son élection à la vice-présidence, Vance s’était forgé une réputation politique de critique acerbe et intransigeant de l’appareil sécuritaire de Washington. Ancien Marine ayant servi en Irak, il dénonçait régulièrement les « guerres sans fin » et affirmait que les dirigeants américains entraînaient le pays dans des conflits sanglants à l’étranger, sans objectifs stratégiques clairs. Cependant, dès sa prise de fonctions sous la présidence de Trump, Vance fut contraint de se rallier à la ligne interventionniste et belliciste du président, qui comprenait l’ordre direct de lancer une attaque contre des cibles militaires et nucléaires en Iran.

L’administration Trump a mené une série d’attaques massives contre les infrastructures iraniennes au cours des dix-huit derniers mois, attaques qui ont rapidement dégénéré en guerre ouverte. Elle a déclaré avoir atteint des « objectifs clairs », notamment le démantèlement du programme nucléaire, la paralysie de l’armée iranienne et la destruction de l’industrie de défense de Téhéran. Or, à ce jour, les pourparlers de paix entamés en coulisses sous son égide n’ont pas abouti à un accord définitif.

Le conflit actuel crée un double front politique pour l’administration Trump sur le plan intérieur : le Parti démocrate accuse Trump et Vance d’entraîner les États-Unis dans une guerre régionale dangereuse et inutile, susceptible de dégénérer. L’aile la plus intransigeante du Parti républicain est furieuse des négociations en cours. Ces élus affirment que les termes de l’accord de paix semblent « trop cléments » envers le régime de Téhéran et ne comportent pas de garanties fermes empêchant l’Iran de se doter de l’arme nucléaire à l’avenir.

JForum.Fr & C14

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