Israël : Rafaël signe deux contrats pour 5 milliards de $

Macron peut interdire à Israël d’exposer ses systèmes de défense dans les salons français ; les guerres menées par Israël constituent leur meilleure démonstration. Les pays font la queue pour acheter du matériel israélien dans tous les domaines.

L’accord pharaonique de Rafael : combien gagneront les travailleurs et combien l’État ?

Rafael a vendu le système « Spider » à la Roumanie pour deux milliards d’euros — un système de défense aérienne destiné aux classes populaires. Ce contrat illustre la tendance à la hausse des acquisitions militaires en Europe, dans un contexte de menace russe et de demande de l’OTAN d’augmenter ses budgets de défense.

Pourquoi ce système a-t-il été choisi et quelle somme sera versée aux caisses de l’État ?

L’important contrat signé par Rafael pour la vente du système de défense aérienne « Spider » à la Roumanie , pour un montant de 2,038 milliards d’euros (10,33 milliards de lei roumains), illustre une tendance qui devrait s’amplifier considérablement dans les années à venir. L’exigence de l’OTAN que les pays alliés portent leurs investissements dans la défense à 5 % de leur PIB d’ici 2035 (3,5 % de dépenses militaires directes et 1,5 % de dépenses connexes) devrait stimuler les acquisitions d’armements en Europe de l’Est et, dans ce contexte, également les achats auprès d’Israël.

La vente du système Spider à la Roumanie est la deuxième plus importante de l’histoire de l’industrie de défense israélienne. En première position figure le contrat Arrow 3 conclu par IAI avec l’Allemagne en 2023, pour un montant de 3,5 milliards de dollars. En décembre dernier, ce contrat a été augmenté de 3,1 milliards de dollars, comme l’a révélé Globes. En troisième position, on trouve un autre contrat d’IAI : la vente de systèmes Barak 8 à l’Inde en 2017 pour environ 1,6 milliard de dollars, à laquelle s’est ajoutée, un mois plus tard, la vente de la version navale de ces missiles pour 630 millions de dollars supplémentaires.

Outre les recettes fiscales, l’État devrait réaliser un bénéfice supplémentaire grâce à cette importante transaction, sous forme de dividendes. Selon les estimations, environ 200 millions de shekels viendront alimenter les caisses de l’État. Les employés de Rafael recevront également vraisemblablement une prime correspondant à 10 % du bénéfice, soit environ 40 millions de shekels.

Les investissements dans la défense ont augmenté malgré la menace russe

Le fil conducteur qui unit l’Allemagne et les pays d’Europe de l’Est est l’influence de la menace russe, qui entraîne une croissance sans précédent des investissements de défense des pays membres de l’OTAN. La Pologne est en tête de cette tendance avec 4,48 % de son PIB en 2025, suivie de la Lituanie (4 %) et de la Lettonie (3,73 %). Cependant, la plupart des pays de la région sont encore loin derrière et atteignent à peine l’objectif actuel de l’OTAN (2 %). La Roumanie, par exemple, n’a investi que 2,28 % de son PIB l’an dernier, et la Slovénie (2,02 %) et la République tchèque (2 %) ferment la marche.

La Roumanie fait figure d’exception en Europe de l’Est : contrairement à ses voisins, elle ne craint pas la Russie et, sans pressions extérieures, elle n’aurait probablement pas investi de telles sommes dans la sécurité. Les Roumains n’ont pas hésité non plus à adhérer au programme SAFE de l’Union européenne, qui permet de financer des contrats de sécurité jusqu’à 150 milliards d’euros, à condition que 65 % de la valeur du contrat soit achetée auprès de pays de l’UE ou d’Ukraine. Pourtant, malgré tout, c’est l’entreprise israélienne Rafael qui a remporté ce contrat important.

Sur le plan bilatéral avec la Russie, un tel accord place Bucarest en position de force auprès du président Vladimir Poutine. Ils présentent un accord convaincant à l’opinion publique roumaine, répondant aux objectifs de l’OTAN et augmentant le budget de la défense : celui-ci a atteint cette année environ 9,8 milliards de dollars (soit environ 2,42 % du PIB). Par ailleurs, le Spyder est un système d’armes défensif et ne constitue donc pas une mesure agressive envers Moscou.

La Grèce est sur le point de commander trois systèmes israéliens de défense aérienne pour 3 milliards d’euros.

Ayant rejoint l’initiative de «bouclier du ciel européen» [European Sky Shield Initiative], lancée par l’Allemagne dans le cadre de l’Otan, en 2022 afin de mutualiser les achats de capacités censées bâtir un système de défense aérienne multicouche, la Grèce a finalement décidé de jouer sa propre partition.

Ainsi, en novembre 2024, le ministre grec de la Défense, Nikos Dendias, fit savoir que son pays allait se tourner vers Israël pour mettre en œuvre le programme «Bouclier d’Achille», afin d’être en mesure de «surveiller, contrôler et intercepter toute menace aérienne», du drone au missile balistique, en passant par les aéronefs avec équipage. Une enveloppe de 2 milliards d’euros était alors prévue.

Pour cela, aucune des solutions proposées au titre de l’ESSI n’avait les faveurs de l’état-major grec, celui-ci privilégiant les systèmes israéliens «Fronde de David» [ou David’s Sling,], d’une portée de 300 km et coproduit par Rafael et l’américain Raytheon, Barak MX, pour intercepter des cibles évoluant jusqu’à 150 km de distance, et Spyder MR, capable de détruire un engin volant à 52 000 pieds et 50 km de distance.

Seulement, les discussions avec le gouvernement israélien s’annonçaient difficiles en raison de l’insistance d’Athènes pour obtenir un maximum de transferts industriels et technologiques. Et elles l’ont effectivement été… étant donné qu’il aura fallu plus de dix-huit mois pour trouver un terrain d’entente.

En effet, rapporte le quotidien I Kathimeriní, ce 29 juin, le Conseil gouvernemental des Affaires étrangères et de la Défense [KYSEA], devrait approuver l’accord avec Israël d’ici quelques jours, ce qui ouvrira la voie à la signature d’un contrat de gré à gré dans la foulée.

Si le KYSEA donne son feu vert, la «Direction générale grecque des investissements de défense et des armements [GDDIA] et l’agence israélienne de coopération en matière de défense [SIBAT] devraient signer l’accord portant sur l’acquisition des trois systèmes de défense aérienne, ainsi que des infrastructures de commandement, de contrôle et de soutien», écrit le journal grec. Au passage, le montant total de ces commandes devrait s’élever à 3 milliards d’euros.

Réticents pour partager leurs technologies et leurs savoir-faire, les industriels israéliens concernés ont finalement lâché du lest, en trouvant un compromis avec plusieurs entreprises grecques, dont Hellenic Aerospace Industry et Intracom Defense.

«EAB devrait coopérer avec IAI et Rafael pour établir une petite ligne de production à Tanagra, au nord d’Athènes, où des sous-systèmes seront installés sur les systèmes de défense aérienne», avance I Kathimeriní. Un dispositif analogue sera mis en place avec Intracom Defense.

L’industrie grecque sera également impliquée dans le développement du centre de commandement et de contrôle sur lequel reposera ce «Bouclier d’Achille». Sa participation sera de l’ordre de 25 %, avec la perspective de bénéficier des contrats internationaux que seront susceptibles d’obtenir IAI et Rafael.

Pour rappel, en avril, la Grèce a confirmé l’achat de trente-six lance-roquettes multiples PULS auprès du groupe israélien Elbit Systems, pour 650 millions. Et un autre contrat intéressant l’État hébreu est en gestation, l’état-major grec ayant l’intention de se doter d’une capacité de frappe à longue portée avec le missile quasi-balistique sol-sol LORA, d’une portée de 430 km. Les négociations seraient d’ailleurs à un stade avancé.

«D’après les informations disponibles, les discussions entre la Grèce et Israël se poursuivent au niveau technique et industriel, portant non seulement sur les capacités opérationnelles du système, mais aussi sur le cadre général de coopération», a rapporté le site spécialisé grec OnAlert. Et de rappeler qu’une «importance particulière devra être accordée à la participation de l’industrie de défense grecque».

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