Le député Moché Gafni a présenté en première lecture la loi fondamentale sur l’étude de la Tora et a déclaré : « Elle aurait dû être légiférée dès la création de l’État » • Un haut responsable de Judaïsme unifié de la Tora concernant les partis arabes : « Nous n’avons pas besoin d’eux, il nous faut 61 voix, et peu importe qu’ils s’y opposent ou qu’ils s’abstiennent. »
JDN
Forte tension politique ce soir à la Knesset, alors que la loi fondamentale : l’étude de la Torah est soumise au vote en première lecture lors de la séance plénière. La loi a été présentée à la tribune par le président de Degel HaTora, le député MochéGafni, qui a affirmé qu’il s’agissait d’une rectification historique et indispensable. Parallèlement, une série de discussions intenses en coulisses a conduit à des modifications de texte de dernière minute.
Dans son discours officiel devant les membres de l’assemblée, le député Gafni a expliqué que la promotion de cette loi fondamentale était devenue une nécessité urgente à l’heure actuelle : « Ces dernières années, le respect dû à la Tora a été bafoué. C’est pourquoi, sur ordre des éminents Sages de la Tora (Shlita), j’ai décidé de présenter cette loi fondamentale afin de restaurer l’honneur de la Tora. C’est elle qui a préservé le peuple juif pendant des milliers d’années, et c’est elle qui nous distingue de toutes les nations.
Cette loi aurait dû être adoptée dès la création de l’État. Ben Gourion, puis Begin après lui, avaient compris ce que certains ne comprennent pas aujourd’hui. C’est précisément en raison du mépris affiché ces derniers temps que faire progresser cette loi est un besoin existentiel, afin de remettre l’honneur de la Tora à la place qui lui revient dans l’État des Juifs. »
Gafni a ajouté qu’il attendait de l’ensemble des membres de la chambre qu’ils fassent abstraction de leur affiliation partisane pour soutenir le texte : « Je ne pense pas qu’il y ait un seul député, juif ou non, qui, s’il met de côté les considérations politiques, s’opposera à cela. »
Pas d’accord avec les partis arabes
En marge de la présentation du projet de loi, des rumeurs ont circulé au sein du parlement concernant un « deal » qu’auraient orchestré les partis orthodoxes avec les députés arabes pour garantir la majorité requise. Un haut responsable du parti Judaïsme unifié de la Tora a catégoriquement rejeté ces affirmations et a clarifié : « Il n’y a aucun accord avec les Arabes, nous n’avons pas besoin d’eux pour le vote de ce soir sur la loi fondamentale sur l’étude de la Tora. Nous avons besoin de 61 voix, et pour nous, qu’ils s’y opposent ou qu’ils s’abstiennent ne change rien. Ce n’est tout simplement pas pertinent. »
Tensions autour des différentes versions de la loi
Un autre rebondissement s’est produit concernant le contenu même de la loi. Initialement, deux versions devaient être soumises au vote en parallèle : la version originale du groupe parlementaire ‘Degel HaTora’, qui n’inclut pas de comparaison entre les étudiants de Yechiva et les soldats de Tsahal, et une version alternative du président du Shas, Aryeh Deri, dans laquelle une équivalence était explicitement écrite entre le statut des étudiants de la Tora et celui des combattants. Finalement, à la suite de pressions, le projet de loi de Deri a été totalement retiré de l’ordre du jour, laissant la seule loi de Degel HaTora soumise au vote.
Parallèlement, une preuve supplémentaire de la complexité de la situation au sein de la coalition est apparue lorsque les partis orthodoxes ont refusé de se mobiliser pour les batailles du Likoud liées à la réforme judiciaire.
Le député Avihai Boaron avait demandé à soumettre au vote une proposition de loi cruciale selon laquelle la Haute Cour de justice n’aurait pas l’autorité d’annuler des lois fondamentales. Cependant, les partis orthodoxes ont refusé de lui apporter leur soutien. Suite à cette opposition, la proposition de Boaron s’est effondrée et a été retirée de l’ordre du jour de la Knesset.
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